Catégorie : Culture

  • The Long Walk : une marche sans fin, mais sans une minute d’ennui

    The Long Walk : une marche sans fin, mais sans une minute d’ennui

    Adapter The Long Walk de Stephen King, c’était un défi presque impossible : comment transformer une marche interminable en deux heures de cinéma haletant ? Et pourtant, Francis Lawrence réussit le pari. Le film ne lâche jamais le spectateur : pas une minute d’ennui, pas un souffle inutile.

    Le duo central, Cooper Hoffman (Licorice Pizza) et David Jonsson (Rye Lane),  porte tout le récit. Deux étoiles montantes du cinéma américain, deux présences opposées mais complémentaires : Hoffman, fragile et obstiné, fait de Ray Garraty un adolescent brisé mais lumineux ; Jonsson, lui, apporte la lucidité et la tendresse qui empêchent le film de sombrer dans la pure cruauté. Leur lien, né au milieu du désespoir, donne une âme à cette dystopie. On croit à leur fraternité, à leur colère, à leurs silences, et c’est ce qui rend le film si touchant.

    Francis Lawrence (à qui l’on doit Hunger Games : The Ballad of Songbirds and Snakes) met en scène une Amérique futuriste, obsédée par le spectacle et la mort. Chaque plan respire la tension : routes infinies, lumière blanche, caméras omniprésentes. Mais au-delà de la critique sociale, The Long Walk parle surtout de résistance : continuer à avancer quand tout s’écroule.

    C’est une belle adaptation, respectueuse du roman sans le copier. Lawrence resserre l’action, modernise les dialogues, et parvient à rendre la marche captivante. L’émotion monte pas à pas, jusqu’à une dernière scène bouleversante, suspendue entre liberté et fatalité.

    Rarement un film de Stephen King aura été aussi sobre, aussi humain. The Long Walk ne montre pas l’horreur, il la fait ressentir, et c’est ce qui le rend inoubliable.

    Sortie en salle le 12 septembre 

    Par Francis Lawrence (109 minutes)

    Crédit Photo : Lionsgate

  • Prunier, adresse mythique mise au goût du jou

    Prunier, adresse mythique mise au goût du jou

    Maison pour amateurs de caviars depuis 1924, Prunier se modernise aujourd’hui sous l’impulsion de Benjamin Patou. 

    Le restaurant a gardé sa façade Art Deco ainsi que son magnifique intérieur classés tous les deux aux monuments historiques. Tout en conservant son âme d’ époque ainsi que ses plats emblématiques Prunier se réinvente et se met au goût du jour avec un bar à cocktails tendance et dégustation sur le pouce ainsi qu’une très belle carte tournée vers les produits de la mer, orchestrée par Romain Fornell, chef étoilé à Barcelone. 

    Vous pourrez choisir de vous installer au rez de chaussée ou à l’étage dans un décor plus intimiste réalisé par l’ architecte d’intérieur Lazaro Violan. Un large choix de caviars et de taramas sont proposés ainsi que différents types d’œufs dont l’iconique œuf Christian Dior. 

  • Jacob Elordi, plus Frankenstein que De Niro ?

    Jacob Elordi, plus Frankenstein que De Niro ?

    Nous avons vu le film en avant-première au Grand Rex, en compagnie du cast et du réalisateur avant la sortie officielle de Frankenstein sur Netflix. 

    Quand Robert De Niro endossait le rôle de la créature dans Mary Shelley’s Frankenstein (1994), on saluait son audace physique mais on restait à distance : son monstre parlait, pensait, criait, mais restait De Niro, l’acteur charismatique, massif, presque trop humain pour incarner l’innocence tragique du mythe.

    Trente ans plus tard, Jacob Elordi, sous la direction de Guillermo del Toro, renverse le prisme. Son Frankenstein n’est plus un corps recousu de rage, mais une âme égarée dans la chair. Au Grand Rex, la salle retenait son souffle : derrière les prothèses, les cicatrices, on distingue un regard, celui d’un être qui apprend à exister. Là où De Niro imposait la force, Elordi choisit la fragilité. Il fait de la monstruosité une prière : le besoin d’être vu, reconnu, aimé.

    Del Toro filme son corps comme un poème de couture et de douleur. Chaque plan respire la mélancolie romantique chère à Mary Shelley, loin de la grandiloquence gothique de Branagh. Ici, le monstre n’est plus effrayant, il est émouvant ; il ne tue pas, il cherche à comprendre.

    Quand De Niro jouait Frankenstein, on parlait de performance.

    Quand Elordi le joue, on parle d’incarnation.

    C’est toute la différence entre faire le monstre et être le monstre.

    Sortie sur Netflix le 7 novembre.

    Par Guillermo Del Torro (150 minutes)

  • K-Pop Demon Hunters : quand l’animation électrise la planète

    K-Pop Demon Hunters : quand l’animation électrise la planète

    Le film KPop Demon Hunters, mélange audacieux entre mythologie coréenne et univers de la pop, explose les compteurs sur Netflix et au box-office. Depuis sa sortie, il est devenu le film animé original le plus visionné sur la plateforme, avec des dizaines de millions de vues enregistrées. 

    Il suscite autant d’admiration que de débats : certains saluent sa capacité à représenter la culture coréenne, d’autres critiquent le vernis “pop” qui dissimule des réalités du monde du divertissement. Dans de nombreux pays, il est devenu un phénomène de fan art, de clips viraux et même de cours de danse inspirés du film. 

    KPop Demon Hunters n’est plus seulement un film, c’est un tremplin global pour la culture coréenne réinventée.

  • Victoria’s Secret renaît : un catwalk où toutes les femmes ont leur place

    Victoria’s Secret renaît : un catwalk où toutes les femmes ont leur place

    Deux jours après son grand retour à New York, le défilé Victoria’s Secret 2025 fait parler de lui,  non pas pour ses ailes spectaculaires, mais pour sa révolution silencieuse. L’époque des mannequins uniformes semble révolue. Cette année, le podium a accueilli une diversité inédite : des silhouettes “plus size”, des mannequins transgenre comme Alex Consani, et même la basketteuse Angel Reese, première athlète à rejoindre les “Angels”.

    Jasmine Tookes, enceinte de neuf mois, a ouvert le show sous une ovation symbolique : celle d’une féminité assumée sous toutes ses formes. À ses côtés, des icônes comme Adriana Lima et Bella Hadid ont côtoyé une nouvelle génération de visages, influenceurs et créatrices, preuve que la marque cherche à renouer avec un public lassé de la perfection figée.

    Fini le rêve stéréotypé : Victoria’s Secret se réinvente en vitrine inclusive, célébrant la beauté plurielle, les parcours singuliers et un glamour qui, cette fois, appartient à toutes.

  • Taylor Swift pulvérise le record d’Adele : The Life of a Showgirl redéfinit les règles du jeu

    Taylor Swift pulvérise le record d’Adele : The Life of a Showgirl redéfinit les règles du jeu

    En à peine une semaine, Taylor Swift a placé son nouvel album The Life of a Showgirl au sommet de l’histoire des ventes. Avec 4,002 millions d’équivalent albums (ventes + streaming), dont 3,479,500 ventes pures (physiques et numériques) aux États-Unis, elle dépasse le record de 3,378 millions détenu depuis 2015 par Adele avec son album 25. Parmi ces ventes pures, les formats physiques, en particulier le vinyle, ont joué un rôle clé : Swift a vendu plus de 1 million de vinyles au cours de cette semaine inaugurale, établissant un record en la matière. 

    Mais le succès ne repose pas que sur les chiffres. Avec ce lancement, Taylor Swift ne se contente plus d’un exploit commercial : elle redéfinit certains paramètres de l’industrie musicale. Elle montre que, même à l’ère du streaming, les ventes physiques de masse restent possibles, à condition d’une fanbase engagée et d’une stratégie marketing audacieuse. Elle repousse les frontières des charts : Showgirl occupe les 12 premières places du Billboard Hot 100, une première historique.

    Enfin, elle s’affirme comme une figure hybride entre artiste, stratège marketing et marque globale, ses sorties sont des événements, ses fans des acteurs de son succès.

    En bref, ce record dépasse le simple exploit chiffré : Taylor Swift illustre une nouvelle ère où créativité, stratégie de marché et engagement communautaire convergent pour remodeler la façon dont un album peut percer, même dans un monde dominé par le numérique.

     

  • One Battle After Another : DiCaprio et Penn livrent un duel électrique

    One Battle After Another : DiCaprio et Penn livrent un duel électrique

    Dans One Battle After Another, Leonardo DiCaprio et Sean Penn s’affrontent dans un thriller politique explosif signé Paul Thomas Anderson.

    DiCaprio incarne un leader rebelle rongé par la culpabilité, face à un Penn glaçant en stratège autoritaire. Mise en scène nerveuse, dialogues tranchants, bande-son obsédante : tout concourt à une tension quasi palpable.

    Le film pêche parfois par excès d’ambition, mais reste une claque cinématographique,  portée par deux acteurs au sommet de leur art.

    Sortie en salle le 24 septembre.

    Par Paul Thomas Anderson (162 minutes)

    Credit Photo : Warner Bros France