Coup de théâtre dans le dossier explosif de la taxe foncière. Selon le ministère du Logement, le gouvernement envisage désormais de suspendre l’augmentation prévue pour 2026, une hausse qui devait toucher plus de 7,4 millions de logements. Cette marche arrière intervient alors que la grogne montait du côté des propriétaires comme des élus locaux, inquiets de l’effet cumulatif de la pression fiscale et de la flambée des coûts de l’énergie.
Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a laissé entendre que l’exécutif ne pouvait pas ignorer la fatigue fiscale des ménages, déjà éprouvés par l’inflation et l’augmentation des charges de copropriété. La perspective d’une nouvelle hausse de taxe foncière faisait craindre un décrochage encore plus marqué du marché locatif, avec des bailleurs tentés de se retirer ou d’augmenter fortement les loyers pour compenser.
La suspension de cette hausse ne signifie pas pour autant un abandon définitif. Elle s’inscrit dans un contexte budgétaire extrêmement tendu, où chaque décision fiscale est scrutée à l’aune des déficits publics et des engagements européens. Le gouvernement cherche un équilibre délicat entre la nécessité de financer les collectivités locales et la protection du pouvoir d’achat des ménages.
Cette annonce redessine aussi les rapports avec les maires, qui comptent sur la taxe foncière pour boucler leurs budgets. Beaucoup dénoncent un jeu de yoyo fiscal qui complique la planification des investissements, notamment en matière de rénovation énergétique et de logement social.
Cette inflexion illustre la fragilité de la majorité face à une opinion excédée par la hausse des impôts locaux. À l’approche de nouvelles échéances électorales, l’exécutif tente d’envoyer un signal d’apaisement. Reste à savoir si ce geste symbolique suffira à calmer la colère des contribuables, alors que d’autres hausses, plus discrètes, continuent de s’empiler sur leurs avis d’imposition.
