Marchés européens au sommet : euphorie ou signal d’alarme ?

Les marchés actions européens ont atteint des plus-hauts historiques pour la troisième séance consécutive, alors que les tensions commerciales sino-américaines semblent s’atténuer et que les investisseurs parient sur un futur assouplissement monétaire. Le STOXX Europe 600 a terminé en légère hausse de 0,2 % le 27 octobre.  Cette dynamique est alimentée notamment par les secteurs bancaires et technologiques (+1,2 %), tandis que les valeurs santé reculent légèrement. Dans le même temps, la France enregistre un nouveau record de valorisation sur ses titres boursiers : luxe, aéronautique, et services tirent les indices. 

Mais derrière la montée des cours se posent plusieurs questions cruciales : cette progression reflète-t-elle une amélioration réelle des fondamentaux ou simplement une “chasse aux rendements” dans un environnement ultra-liquide ? Le contexte de taux élevés, de croissance molle en zone euro et d’incertitudes géopolitiques suggère prudence : un faux pas (inflation, conflit, taux) pourrait facilement inverser la tendance.

En outre, la hausse européenne pourrait cacher une polarisation accrue des marchés : peu de valeurs profitent vraiment de cet élan, laissant une grande part d’actions moyennes en marge. Le tabou reste celui-ci : peut-on encore parler de “marché haussier” quand il repose sur des anticipations plus que des résultats ? Les investisseurs se demandent s’ils ne sont pas déjà en avance… sur la réalité.