La réserve d’or italienne sous pression

Les réserves d’or de la Banque d’Italie, les quatrièmes du monde, ne sont plus un simple coussin de sécurité monétaire, elles deviennent un enjeu politique brûlant. À Rome, le débat sur l’usage de ce stock de près de 2 500 tonnes ressurgit alors que la dette publique reste parmi les plus élevées de la zone euro et que la croissance peine à décoller. Dans un contexte où les taux de la BCE restent élevés et où la volatilité financière perdure, cet or apparaît comme un trésor convoité, à la fois par un État en quête de marges de manœuvre et par des partis tentés par une forme de souverainisme financier.

Pour la Banque d’Italie, la ligne reste ferme. L’or appartient à l’institution et non au Trésor, il ne doit pas se transformer en caisse de secours budgétaire. Cette indépendance est un pilier de la crédibilité italienne auprès des marchés, au moment où les spreads sur la dette transalpine se retendent à chaque signal de dérive politique à Rome ou de durcissement monétaire à Francfort.

Au niveau européen, la question dépasse le seul cas italien. Les réserves d’or des banques centrales ont retrouvé un rôle stratégique, à l’heure où le dollar reste dominant mais contesté, et où les tensions géopolitiques poussent de nombreux pays à renforcer leurs actifs tangibles.

Alors que le métal jaune flirte avec des sommets historiques, toute hypothèse de vente massive d’or italien serait scrutée de près par les investisseurs, avec un risque de déstabilisation des marchés obligataires et d’un nouveau bras de fer entre Bruxelles, Francfort et Rome. Décider de toucher à ce stock, ce serait envoyer un signal puissant sur la tr