C’est officiellement terminé pour Ynsect. Le 2 décembre 2025, le tribunal de commerce d’Évry a prononcé la liquidation de cette start-up française emblématique, pionnière dans la production de protéines et d’engrais à base d’insectes. Malgré des levées de fonds spectaculaires depuis sa création en 2011, plusieurs centaines de millions de dollars, l’entreprise n’a pas réussi à sécuriser les financements nécessaires pour poursuivre son activité. Le dossier était pourtant suivi par l’une des administratrices judiciaires les plus aguerries du pays, Hélène Bourbouloux. Un symbole, à lui seul, de l’ampleur des enjeux et de la gravité de la situation.
La chute est d’autant plus marquante qu’Ynsect incarnait, il y a encore quelques années, l’un des visages les plus prometteurs de l’agriculture durable. Sa gigantesque usine de 45 000 m² dans la Somme, inaugurée en 2021, devait faire de la France un leader mondial des protéines alternatives. Elle ferme aujourd’hui définitivement ses portes, scellant l’échec d’un projet qui portait l’espoir d’un modèle plus écologique et innovant.
Cette disparition met en lumière les limites très concrètes des ambitions vertes lorsqu’elles se heurtent aux réalités économiques. Produire des protéines d’insectes ne suffit pas : encore faut-il un marché structuré, des débouchés solides, des prix compétitifs et une rentabilité durable. Ynsect n’aura jamais réussi à réunir ces équilibres.
La fin de l’aventure laisse derrière elle des salariés, des investisseurs désillusionnés et une question plus large : les alternatives écologiques peuvent-elles s’imposer sans un modèle économique robuste ? L’histoire d’Ynsect rappelle que l’écologie industrielle, aussi prometteuse soit-elle, reste avant tout une affaire de viabilité financière.
