Dans l’ombre des grandes stars de la cote, un autre business continue de prospérer sur les marchés financiers, celui des fournisseurs d’indices. Portés par l’essor ininterrompu des ETF, ces géants de la donnée et de la méthodologie boursière surfent sur une vague qui ne faiblit pas. Les Échos rappellent à quel point la multiplication des fonds indiciels thématiques, sectoriels ou géographiques renforce leur pouvoir et leur rentabilité.
Chaque nouvel ETF qui voit le jour repose sur un indice, souvent conçu sur mesure. Derrière un simple code se cache un travail sophistiqué de sélection de titres, de pondération et de rééquilibrage. Les émetteurs de fonds paient des licences pour utiliser ces indices, générant des revenus récurrents pour des acteurs devenus incontournables. Dans un environnement où les frais de gestion sont en forte pression, la bataille pour proposer l’indice le plus pertinent et le plus vendeur fait rage.
L’actualité récente montre une montée en puissance des indices liés à des thématiques comme la transition énergétique, l’intelligence artificielle ou encore les valeurs de dividendes. Les fournisseurs rivalisent de créativité pour capter l’appétit des investisseurs particuliers et institutionnels, en quête de produits simples, liquides et peu coûteux. Cette innovation permanente alimente à son tour la croissance des ETF, créant un cercle vertueux pour le secteur.
Ce pouvoir croissant soulève toutefois des enjeux de régulation. La façon dont un indice est construit influence directement les flux d’investissement et donc la valorisation de certaines entreprises. Les autorités de marché s’interrogent sur la transparence des méthodologies, le risque de concentration et l’éventuelle dépendance excessive de la gestion d’actifs à quelques grands fournisseurs.
Dans un monde où une grande partie de l’épargne mondiale est désormais gérée de façon indicielle, ces architectes de la cote se retrouvent au cœur du système financier. Leur influence, longtemps méconnue du grand public, devient un sujet stratégique pour les régulateurs, les gérants et les entreprises cotées elles-mêmes, qui voient leur destin boursier se jouer parfois dans les coulisses d’un simple changement d’indice.