Auteur/autrice : Alya

  • Pékin avance ses pions au Canada

    Pékin avance ses pions au Canada

    Le Canada voit l’influence du Pékin s’ancrer plus profondément, sans bruit, via des liens économiques, diplomatiques et communautaires.  L’expansion se fait progressivement, loin des projecteurs, mais avec détermination : des investissements stratégiques, des coopérations bilatérales et des échanges culturels permettent à la Chine de renforcer sa présence tout en contournant les résistances d’ordre politique.

    Cet ancrage discret met le Canada face à des dilemmes : comment préserver sa souveraineté tout en tirant parti des opportunités économiques offertes par Pékin ? Le défi est d’autant plus grand dans les secteurs sensibles, infrastructures, technologies, ressources naturelles, où les enjeux stratégiques sont élevés.

    À travers ces initiatives, la Chine consolide une position d’alliée, d’investisseur et d’acteur incontournable, au-delà des simples échanges commerciaux. Pour le Canada, cela pourrait signifier un rééquilibrage des alliances traditionnelles, avec des choix délicats à venir, parfois conflictuels.

    Dans un contexte mondial de rivalités croissantes entre grandes puissances, cette influence silencieuse montre à quel point les jeux de pouvoir passent aussi par l’économie, les investissements et le soft-power.

  • Détour en Italie chez Casa Bini

    Détour en Italie chez Casa Bini

    Table discrète rue Grégoire de Tours dans le 6ème arrondissement de Paris, Casa Bini est une valeur sûre pour déguster une cuisine d’inspiration toscane.

    Cette table est reconnue pour ses préparations de carpaccios Terre Mer qui changent en fonction des saisons. Dès l’entrée, le dépaysement est assuré. Bienvenue dans une trattoria italienne composée de deux salles rustiques, de petites tables intimistes avec de jolies assiettes à l’esprit Dolce Vita. Les serveurs sont accueillants et souriants avec le souhait de vous faire sentir comme à la maison. La clientèle est cosmopolite avec quelques italiens et des habitués du quartier, mais aussi quelques touristes.

    On parcourt le menu en savourant de délicieuses olives vertes offertes en guise d’amuse bouche. La carte est variée, proposant des spécialités traditionnelles toscanes. La parmigiana di melanzane (16 euros) est bien exécutée, le tartare de thon rouge aux zestes de citron vert (21 euros) est quant à lui frais et rassasiant. Les casarecce au pesto de basilic (25 euros) sont classiques et sans fausse note. En pleine saison de la Truffe Blanche, Casa Bini propose un carpaccio de daurade ciboulette et son confit d’ aubergines (50 euros). Les desserts ont tous une touche italienne comme l’Affogato al caffe glace vanille maison noyée dans un café.

    Casa Bini est un restaurant sans prétention, avec des plats classiques de la cuisine italienne bien cuisinés mais sans originalité et avec un léger manque de saveur. Les plats sont relativement chers pour une trattoria de quartier.

    Note de la rédaction 6,5/10
    Crédit photo : ABH
  • Bugonia, quand croire devient une arme

    Bugonia, quand croire devient une arme

    Yorgos Lanthimos s’est imposé comme l’un des cinéastes les plus singuliers de ces dernières années, façonnant un univers où l’absurde, la violence et le rire nerveux coexistent dans un même souffle. Après le triomphe de Pauvres créatures et l’ovni narratif que fut Kind of Kindness, tous deux portés par Emma Stone et déjà marqués par la présence troublante de Jesse Plemons, la collaboration entre le réalisateur grec et ses interprètes trouve dans Bugonia une nouvelle forme, plus radicale, plus frontalement politique, sans jamais renoncer à l’étrangeté qui fait sa marque.

    Bugonia, remake du film coréen Save the Green Planet!, suit Michelle Fuller, interprétée par Emma Stone, PDG d’un puissant laboratoire pharmaceutique, enlevée par Teddy, joué par Jesse Plemons, complotiste convaincu qu’elle est une extraterrestre responsable d’un plan d’extermination de l’humanité. De ce point de départ presque grotesque naît une œuvre profondément inconfortable, où la frontière entre bourreaux et victimes se dissout. Dans ce théâtre de la paranoïa, aucun personnage n’offre de position morale confortable, chacun révélant à quel point la nature humaine demeure contradictoire et insaisissable.

    La mise en scène de Yorgos Lanthimos, soutenue par le travail de Robbie Ryan à la photographie, embrasse ce chaos avec une précision sidérante. Le film oscille entre comédie noire, thriller psychologique et fable sociale, multipliant les ruptures de ton sans jamais perdre sa cohérence interne. Les dernières trente minutes, véritable déflagration de cruauté et de grâce morbide, atteignent un niveau de dérèglement exaltant, tout en donnant le sentiment d’un aboutissement logique, presque inévitable, à ce qui précédait.

    Emma Stone compose une Michelle Fuller à la fois dure, entraînée, parfaitement aguerrie au pouvoir, mais constamment traversée par la peur, la fragilité et la confusion, refusant toute simplification du personnage. Jesse Plemons excelle dans le rôle de cet homme dont les croyances délirantes frôlent le ridicule tout en demeurant glaçantes par les actes qu’elles autorisent. Aidan Delbis, interprétant Don, cousin et complice de Teddy, ajoute une couche supplémentaire de tragédie, incarnant ces existences marginalisées qui glissent dans la violence sans jamais être privées de leur libre arbitre.

    Bugonia se révèle ainsi comme une réflexion sombre sur le complotisme, la radicalisation en ligne, l’incapacité à distinguer réalité et fantasme, et la manière dont les plus vulnérables se forgent des récits qui justifient l’impensable.

    La collaboration entre Yorgos Lanthimos, Emma Stone et Jesse Plemons semble appelée à se prolonger, au plus grand plaisir des cinéphiles, tant elle engendre un cinéma rare, capable de sonder les zones les plus troublantes de l’âme humaine tout en offrant des propositions formelles d’une audace et d’une vitalité jubilatoires.

    Sortie en salle en France le 26 novembre 2025

    Durée : 118 minutes

    Réalisé par : Yorgos Lanthimos

    note de la rédaction 4,5+/5

    Crédit Photo : Focus Features

  • Rio Tinto au cœur de la bataille des métaux

    Rio Tinto au cœur de la bataille des métaux

    Le géant minier Rio Tinto se retrouve en première ligne d’un monde où l’accès aux matières premières stratégiques devient une compétition sans merci. Alors que la transition énergétique s’accélère, la demande en cuivre, aluminium, lithium ou minerai de fer explose. Les États et les grands groupes se livrent à une course discrète mais acharnée pour sécuriser des contrats, des mines et des infrastructures, en Afrique, en Amérique latine comme en Australie.

    Les derniers résultats et annonces stratégiques de Rio Tinto montrent un groupe prêt à assumer cette brutalité du marché. Entre inflation des coûts, exigences environnementales plus strictes et pression des communautés locales, chaque nouveau projet devient un test de résilience. Les incidents récents dans le secteur, des tensions sociales aux controverses sur l’impact écologique de certaines exploitations, rappellent que la licence d’opérer n’est jamais acquise.

    Parallèlement, la Chine, premier consommateur mondial de métaux, consolide ses positions en négociant en amont sur les projets miniers, ce qui renforce la nécessité pour les acteurs occidentaux de réagir. Rio Tinto doit composer avec cette réalité géopolitique en diversifiant ses partenariats et en sécurisant de nouveaux gisements, tout en répondant aux investisseurs qui exigent des trajectoires climatiques crédibles et des pratiques plus transparentes.

    Dans ce contexte, la valorisation boursière du groupe devient le reflet d’un double pari. D’un côté, celui d’une demande de long terme soutenue par les plans climat des grandes économies. De l’autre, la capacité à livrer ces volumes sans multiplier les dérapages opérationnels ni les crises d’image. La mine redevient un terrain de puissance, et Rio Tinto, comme ses concurrents, avance dans un environnement où chaque erreur se paie cher, mais où chaque gisement bien exploité peut devenir un atout stratégique majeur pour des décennies.

  • La Turquie se place dans l’Ukraine d’après guerre

    La Turquie se place dans l’Ukraine d’après guerre

    Ministre des Affaires Etrangères Hakan Fidan avec Rustem Umerov, Secretaire Général de la Sécurité Nationale d’Ukraine

    Ankara avance ses pions pour peser dans le futur visage d’une Ukraine post conflit. Entre partenariat avec l’Union européenne et maintien de canaux ouverts avec Moscou, la diplomatie turque cultive une posture d’équilibriste assumée. Candidate officielle à l’UE depuis des années mais en froid avec Bruxelles sur de nombreux dossiers, la Turquie utilise le dossier ukrainien pour réaffirmer sa centralité stratégique entre mer Noire, Méditerranée et Caucase.

    Depuis le début de la guerre, Ankara a multiplié les gestes ambivalents. D’un côté, elle a livré à Kiev des drones devenus emblématiques, joué les médiateurs pour les accords céréaliers et fermé les détroits aux navires de guerre. De l’autre, elle a maintenu un lien économique étroit avec la Russie, qui reste un partenaire énergétique et commercial majeur. Cette double posture lui permet aujourd’hui de se positionner comme interlocuteur incontournable pour la reconstruction de l’Ukraine comme pour la future architecture de sécurité en Europe orientale.

    Pour l’Union européenne, la Turquie est à la fois un partenaire nécessaire et un voisin difficile. Sa capacité à contrôler les flux migratoires, à sécuriser une partie du flanc sud-est de l’OTAN et à dialoguer avec Moscou lui donne un poids considérable dans les négociations en coulisses. Dans la perspective d’une Ukraine rapprochée de l’UE, voire candidate à l’adhésion, Ankara peut offrir des corridors logistiques, des coopérations industrielles et une expertise militaire qui compteront au moment de rebâtir les infrastructures, l’énergie et la défense du pays.

    Cette stratégie comporte toutefois des risques. La Turquie doit veiller à ne pas apparaître comme trop complaisante envers Moscou, au risque de braquer les capitales européennes, tout en préservant ses intérêts économiques avec la Russie. Elle cherche à transformer cette position délicate en avantage, en se présentant comme puissance pivot dans la région des mers Baltique, Noire et Caspienne.

    Dans l’Ukraine d’après guerre, Ankara espère ainsi devenir un acteur clé, capable d’influencer à la fois le calendrier de la reconstruction et les nouveaux équilibres de sécurité continentale.

  • Black Friday américain dopé par l’IA

    Black Friday américain dopé par l’IA

    Le Black Friday 2025 vient de battre un nouveau record aux États Unis avec 11,8 milliards de dollars dépensés en ligne en une seule journée, selon Adobe Analytics. Les ventes progressent de plus de 9% par rapport à 2024, confirmant la montée en puissance durable du commerce en ligne malgré un contexte économique encore tendu.

    La grande nouveauté de cette édition est le rôle central de l’intelligence artificielle. Les outils de recommandation et d’assistance à l’achat, intégrés aux plateformes des géants de la distribution, ont généré une explosion du trafic guidé par l’IA, en hausse de plus de 800% sur certains sites. Ces agents conversationnels et moteurs de recherche intelligents aident les consommateurs à trouver les meilleures offres, à comparer les produits et à filtrer des catalogues devenus gigantesques. Ils automatisent aussi les listes de cadeaux et les alertes de prix, ce qui accélère et fluidifie les décisions d’achat.

    Les chiffres confirment aussi le basculement vers le mobile. Une majorité des transactions a été réalisée sur smartphone, encouragée par des parcours de paiement simplifiés et par la montée des solutions de type Buy Now Pay Later, qui permettent d’étaler les dépenses dans un contexte de budget serré. Les catégories phares restent l’électronique, les jouets et les équipements de maison, avec des rabais qui atteignent près de 30% sur certains segments.

    Pour les marchés, ce Black Friday record envoie un signal ambigu. D’un côté, il illustre la résilience du consommateur américain, prêt à profiter des promotions malgré l’inflation et des taux encore élevés. De l’autre, il consacre la dépendance croissante du commerce à des algorithmes capables de capter l’attention et de piloter le panier moyen. Les distributeurs qui maîtrisent le mieux l’IA et la donnée semblent avoir creusé l’écart, transformant la saison des fêtes en test grandeur nature du commerce de demain.

  • Un menu étoilé à 55€ à l’Atelier Robuchon Etoile

    Un menu étoilé à 55€ à l’Atelier Robuchon Etoile

    Ouvert rive gauche depuis 2003 avec un concept original et novateur inspiré des bars à tapas espagnols, Joël Robuchon régale le tout Paris depuis 2010 rive droite, au sous sol du Drugstore. Ce restaurant à la décoration contemporaine noire et rouge est raffiné et cosy. Il est possible de s’installer à table ou face aux cuisines ouvertes au comptoir pour un moment chaleureux en interaction avec la brigade.

    Depuis l’ouverture c’est une grande réussite avec des mets savoureux, des assiettes en mini portions pour pouvoir goûter à plusieurs préparations et différents menus. Le Chef Éric Bouchenoire, Meilleur Ouvrier de France, étant le plus proche collaborateur de Robuchon depuis ses débuts, porte aujourd’hui son héritage culinaire, depuis le décès de Joel Robuchon en 2018. Il a su garder l’empreinte du célèbre Chef, à savoir une cuisine authentique, respectant le produit.

    À l’Atelier Etoile, pas de démonstration culinaire pour épater, pas de mélanges invraisemblables juste le goût du produit avec une cuisine Vraie et authentique, avec un savoir-faire unique concernant les sauces et les assaisonnements. Avec une Étoile au guide Michelin, il est possible de déjeuner pour 55 euros, un des menus étoilés les moins chers de Paris. Il faut souligner que ce menu n’est pas imposé, ce qui est rare. En effet, on peut composer son repas selon ses envies avec un choix de 4 entrées froides, 4 entrées chaudes, 8 plats et 4 desserts.

    On retrouve des incontournables comme la Daurade Royale en carpaccio au caviar de Sologne, les spaghettis au homard (supplément 15euros), le potiron en velouté ravioles de chèvre et graines de courges, une belle pêche du jour ou un filet de bœuf en tournedos (supplément 15euros). Tous les plats sont accompagnés de la célèbre et unique purée Robuchon servie à discrétion. Ce menu est incontestablement incroyable question qualité prix. Le serveur aux petits soins tout au long du repas ne manque pas d’apporter un amuse bouche au foie gras et une corbeille de différents sortes de pains sortant du four.

    Le menu change et évolue au gré des saisons. Les desserts sont variés et gourmands avec des classiques revisités comme le Paris Brest aux noisettes du Piémont, un des desserts préféré de Joël Robuchon, ou le clafoutis à la mangue et fruits de la passion, sorbet fruits exotiques. Pour conclure ce déjeuner de délicieuses madeleines au yuzu sont servies chaudes accompagnées de quelques chocolats ou pâtes de fruits.

    Pour les gourmets avertis ou pour une occasion particulière, le Menu Signature à 220 euros permet de découvrir les plats emblématiques de Robuchon. Le Chef Éric Bouchenoire s’inscrit dans l’air du temps en proposant également un menu végétarien à 110 euros tout aussi délicieux.

    Le service est courtois, détendu et professionnel. Il s’agit d’ une table incontournable à Paris, où il est difficile de se lasser des plats et du lieu.

    Note de la rédaction : 8/10
    Adresse : 133 avenue des Champs Élysées, 75008, Paris
  • La réserve d’or italienne sous pression

    La réserve d’or italienne sous pression

    Les réserves d’or de la Banque d’Italie, les quatrièmes du monde, ne sont plus un simple coussin de sécurité monétaire, elles deviennent un enjeu politique brûlant. À Rome, le débat sur l’usage de ce stock de près de 2 500 tonnes ressurgit alors que la dette publique reste parmi les plus élevées de la zone euro et que la croissance peine à décoller. Dans un contexte où les taux de la BCE restent élevés et où la volatilité financière perdure, cet or apparaît comme un trésor convoité, à la fois par un État en quête de marges de manœuvre et par des partis tentés par une forme de souverainisme financier.

    Pour la Banque d’Italie, la ligne reste ferme. L’or appartient à l’institution et non au Trésor, il ne doit pas se transformer en caisse de secours budgétaire. Cette indépendance est un pilier de la crédibilité italienne auprès des marchés, au moment où les spreads sur la dette transalpine se retendent à chaque signal de dérive politique à Rome ou de durcissement monétaire à Francfort.

    Au niveau européen, la question dépasse le seul cas italien. Les réserves d’or des banques centrales ont retrouvé un rôle stratégique, à l’heure où le dollar reste dominant mais contesté, et où les tensions géopolitiques poussent de nombreux pays à renforcer leurs actifs tangibles.

    Alors que le métal jaune flirte avec des sommets historiques, toute hypothèse de vente massive d’or italien serait scrutée de près par les investisseurs, avec un risque de déstabilisation des marchés obligataires et d’un nouveau bras de fer entre Bruxelles, Francfort et Rome. Décider de toucher à ce stock, ce serait envoyer un signal puissant sur la tr

  • Insaisissables 3 remet la magie au centre du jeu

    Insaisissables 3 remet la magie au centre du jeu

    Après Insaisissables (2013) et Insaisissables 2 (2016), la franchise revient avec Insaisissables 3 (Now You See Me: Now You Don’t), nouvel épisode qui prolonge sans complexe la formule d’origine : casse spectaculaire, illusions démesurées et plaisir assumé de tromper le spectateur.

    Les deux premiers films avaient posé les bases d’un univers où les Quatre Cavaliers utilisaient leur art pour dénoncer la corruption à coups de shows géants. Ce troisième opus s’inscrit dans la continuité : la nouvelle mission consiste à dérober le « Diamant-Cœur », joyau au centre d’un vaste réseau criminel.

    La grande force du film réside dans son casting impressionnant, véritable pont entre deux générations. Côté “anciens”, Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Dave Franco, Isla Fisher, Lizzy Caplan et Morgan Freeman reprennent leurs personnages emblématiques. Face à eux, une nouvelle garde d’illusionnistes emmenée par Justice Smith, Dominic Sessa et Ariana Greenblatt vient bousculer les codes. L’ensemble est complété par Rosamund Pike, glaçante en femme d’affaires compromise, et un caméo de Mark Ruffalo.

    Ce choc des générations se transforme progressivement en équipe inédite, dont l’énergie commune ouvre la voie à une dynamique de groupe particulièrement réjouissante. Le casting, véritable 10/10, parvient à rendre cohérent le moindre embouteillage narratif : c’est exactement le type de désordre dans lequel il est agréable de se laisser entraîner.

    Les scènes de magie demeurent le cœur du spectacle. Les tours, cartes, hologrammes, braquages impossibles, sont mis en scène avec une virtuosité ludique : parfois invraisemblables, mais toujours divertissants. Le film fonctionne comme une “requel” qui n’essaie pas de moderniser à tout prix ses prédécesseurs : il se présente plutôt comme un nouvel épisode parfaitement aligné avec l’esprit de la saga, ce qui en fait un divertissement très accessible.

    Le scénario, avec un twist final peu surprenant, n’atteint pas les sommets du genre. Le script n’a rien d’un grand thriller, mais il reste efficace, rythmé et ponctué de répliques qui déclenchent régulièrement les rires en salle. Les tours sont inventifs, la dynamique intergénérationnelle fonctionne mieux qu’attendu, et l’ensemble maintient l’attention du spectateur du début à la fin.

    Film léger, parfois farfelu, Insaisissables 3 assume pleinement son statut de divertissement spectaculaire : un plaisir coupable… et assumé.

    En salle en France depuis le 12 novembre 2025.

    Réalisé par : Ruben Fleischer

    Durée : 112 minutes

    Note de la rédaction : 4,5+/5 pour un divertissement magique et généreux.

  • La France face au vertige du berceau vide

    La France face au vertige du berceau vide

    Les dernières données de natalité confirment un basculement démographique profond. En 2024, environ 663 000 bébés sont nés en France, soit plus de 20 % de moins qu’en 2010, et l’indicateur de fécondité est tombé autour de 1,62 enfant par femme, bien en deçà du seuil de renouvellement des générations.

    Cette chute s’enracine dans le quotidien d’une jeunesse prise en étau entre crises et incertitudes. La génération Z avance dans la vie adulte avec un rapport différent au couple, à la parentalité et au temps. Hyperconnectée, exposée en continu à l’anxiété climatique, aux crises géopolitiques et à la précarité économique, elle repousse les projets jugés irréversibles, au premier rang desquels la naissance d’un enfant.

    Le logement devient un verrou central. Dans les grandes villes, les loyers et les prix à l’achat grimpent plus vite que les salaires, rendant l’accès à un espace suffisamment grand pour une famille de plus en plus difficile. Les trajectoires professionnelles se fragmentent, les contrats courts se multiplient, l’ascenseur social semble en panne. La décision d’agrandir la famille se heurte à une impression de sol trop mouvant.

    Le numérique modifie aussi les imaginaires. Les réseaux sociaux exposent à d’autres modes de vie, d’autres rythmes, d’autres priorités. La parentalité y apparaît à la fois idéalisée et épuisante, exigeant temps, argent et disponibilité mentale. Dans ce contexte, beaucoup préfèrent consolider leur autonomie personnelle, voyager, se former, changer de voie, plutôt que de se projeter rapidement dans la vie de parents.

    Ce mouvement n’en est qu’à ses débuts, préviennent les démographes. Si la tendance se poursuit, la France devra composer avec une société plus vieillissante, des tensions accrues sur les systèmes de retraite et de santé, mais aussi une redéfinition possible des politiques familiales et du rapport au travail. Le débat à venir dépassera la simple arithmétique des naissances pour toucher à la manière dont la société veut soutenir le désir d’enfant dans un monde perçu comme instable.