Les fonds cotés (ETF) connaissent une croissance rapide en Europe, avec des encours globaux atteignant environ 2 300 milliards $ cette année, une part significative des 15 000 milliards $ mondiaux. Derrière cette expansion se trouvent plusieurs moteurs : une adoption accrue par les investisseurs particuliers, des stratégies thématiques (IA, ESG, crypto), et une recherche de liquidité dans un marché volatil.
Pourtant, ce succès soulève plusieurs interrogations : l’essor des ETF entraîne-t-il une uniformisation des portefeuilles, une réduction de la diversité des titres éligibles, ou même des risques de “même direction pour tous” lors des corrections ? Certains les qualifient de “nouvelle dimension systémique” du marché. De plus, la question de l’impact réel sur les marchés actions est posée : en investissant massivement via ETF, les investisseurs amplifient-ils la valorisation de grandes valeurs et négligent-ils les petites et moyennes entreprises (PME) ?
Le tabou est celui-ci : un produit conçu pour démocratiser l’investissement peut-il amplifier les déséquilibres de marché et affaiblir la découverte de prix ? Dans un moment où les rendements directs se font rares, les marchés européens semblent confortés par l’afflux d’ETF, mais à quel moment ce flux devient-il lui-même un facteur de fragilité ?









