Auteur/autrice : Alya

  • Belgique à l’arrêt

    Belgique à l’arrêt

    La Belgique vit un début de semaine sous haute tension sociale. Les principaux syndicats du pays ont lancé une grève nationale de trois jours, jusqu’à mercredi, pour protester contre les mesures d’austérité du gouvernement et la réforme des retraites qui prévoit de faire passer l’âge légal de départ à 67 ans. Les transports publics sont lourdement perturbés, de nombreux services publics tournent au ralenti et certaines entreprises privées fonctionnent au minimum.

    Au cœur de la colère syndicale : un plan budgétaire jugé injuste, qui demande selon eux un effort disproportionné aux travailleurs, aux chômeurs et aux retraités. Hausse progressive de l’âge de la retraite, durcissement des conditions d’accès aux allocations, flexibilisation du temps de travail… Autant de mesures perçues comme un démantèlement social plutôt qu’une modernisation.

    Le gouvernement défend, lui, la nécessité de « sauver le système » face au vieillissement de la population et aux contraintes européennes sur les déficits. Les économistes rappellent que la Belgique fait partie des pays les plus endettés de la zone euro, et que la facture des retraites ne cesse d’augmenter. Mais sur le terrain, la pédagogie budgétaire se heurte à la réalité du pouvoir d’achat : prix de l’énergie, logement, alimentation, tout grimpe plus vite que les salaires.

    Au-delà des chiffres, cette grève est un test politique. Si la mobilisation reste forte jusqu’à mercredi, les syndicats sortiront renforcés et pourront réclamer des concessions, voire un rééquilibrage complet du plan de réformes. Si elle s’essouffle, l’exécutif y verra au contraire un feu vert pour aller au bout de son agenda. Dans un pays habitué au compromis, l’affrontement actuel donne le ton d’un hiver social qui pourrait dépasser les frontières belges.

  • Service volontaire, nouvelle donne

    Service volontaire, nouvelle donne

    La France s’apprête à tourner une page de plus dans son histoire militaire. Paris veut réintroduire un service militaire volontaire, destiné aux jeunes de 18 ans, dans un contexte de tensions croissantes aux frontières de l’Europe et de guerre aux portes de l’Union. L’idée : proposer un engagement de dix mois, rémunéré, au sein des forces armées, avec l’objectif de renforcer les réserves et de retisser le lien entre armée et société.

    Ce projet marque un tournant par rapport à la conscription obligatoire, suspendue en 1997. Il ne s’agit plus de forcer une génération entière à porter l’uniforme, mais d’attirer des volontaires motivés par une expérience intense, à la fois citoyenne, militaire et professionnelle. À la clé : une indemnisation mensuelle, des compétences reconnues dans le monde du travail, et potentiellement des équivalences académiques inspirées des modèles existant déjà dans certains pays européens.

    Le signal est clair : la France se prépare à un environnement sécuritaire plus dur, où l’hypothèse d’un conflit majeur ne relève plus de la fiction. Les responsables militaires alertent depuis des mois sur le manque de préparation du pays, tant matérielle que mentale. Ce service volontaire vise à recréer une culture de défense partagée, sans aller jusqu’au retour du service obligatoire, largement rejeté par l’opinion.

    Les critiques dénoncent toutefois un « gap year sous treillis » réservé à ceux qui peuvent se permettre de mettre leurs études ou leur carrière entre parenthèses. D’autres s’interrogent sur la capacité de l’armée à encadrer des milliers de jeunes supplémentaires dans de bonnes conditions. Reste que, dans une Europe qui réarme, cette nouvelle formule pourrait devenir un laboratoire observé de près par les voisins de la France.

  • De quel côté va le Bitcoin ?

    De quel côté va le Bitcoin ?

    Après des mois d’euphorie, les cryptomonnaies traversent un véritable test de résistance grandeur nature. La récente chute brutale du marché a effacé des centaines de milliards de dollars de capitalisation, rappelant aux investisseurs que le bitcoin et ses pairs restent des actifs à haut octane plus qu’un nouveau « cash digital ».

    La correction ne vient pas d’un choc unique, mais d’un cocktail classique : prises de bénéfices après un rallye spectaculaire, liquidité qui se tarit et nervosité croissante sur les marchés traditionnels. Les ETF crypto, longtemps vus comme la passerelle rassurante entre Wall Street et la blockchain, enregistrent des sorties massives. Les produits dérivés reflètent une montée de l’anxiété : la volatilité implicite grimpe, signe que les traders paient cher pour se couvrir.

    Pour l’instant, le stress reste surtout concentré dans l’écosystème digital. Les grandes banques d’investissement, mieux capitalisées et plus prudentes sur leur exposition directe aux cryptos, ne montrent pas les mêmes signes de fragilité qu’au moment des grandes crises du passé. Mais la frontière entre « monde crypto » et finance traditionnelle s’est nettement estompée : indices boursiers, obligations et même matières premières affichent désormais des corrélations plus marquées avec les grands jetons numériques.

    Ce test grandeur nature pose deux questions clés pour la suite du cycle : les cryptos peuvent-elles encore jouer le rôle de diversification en période de stress, ou sont-elles désormais pleinement intégrées au risque global ? Et, surtout, combien de temps les investisseurs accepteront-ils ces montagnes russes avant de rebalancer définitivement vers des actifs jugés plus « sérieux » ? Une chose est claire : la maturité du marché se mesure moins à la hauteur des bulles qu’à la façon dont il encaisse leurs éclatements successifs.

  • L’UE redessine la paix ukrainienne

    L’UE redessine la paix ukrainienne

    Sur le dossier ukrainien, la bataille ne se joue plus seulement sur le terrain, mais aussi dans le vocabulaire de la diplomatie. Une « contreproposition » européenne au plan de paix américain se précise, portée notamment par le format dit « Europe Today », qui rassemble plusieurs capitales désireuses de peser davantage sur l’architecture de sécurité du continent. Objectif : proposer une feuille de route qui combine soutien à Kiev, garanties pour la sécurité européenne et mécanismes de désescalade avec Moscou.

    L’initiative répond à un double malaise. D’une part, certains États membres craignent d’être cantonnés au rôle de simples exécutants des décisions prises à Washington. D’autre part, la prolongation du conflit et l’usure des opinions publiques poussent les Européens à définir eux-mêmes ce qu’ils jugent acceptable comme issue politique. Il ne s’agit pas d’abandonner l’Ukraine, mais de clarifier la séquence : aide militaire, garanties de sécurité, discussions éventuelles sur les frontières, justice pour les crimes de guerre.

    Ce projet de contreplan met aussi en lumière les divisions internes de l’UE. Entre pays de l’Est très méfiants envers toute concession à la Russie, et pays du Sud plus préoccupés par les répercussions économiques du conflit, trouver un langage commun relève de l’équilibrisme. La Commission et le Service européen d’action extérieure tentent de transformer ce patchwork en stratégie cohérente, tout en coordonnant étroitement leurs positions avec l’Otan.

    Si elle aboutit, cette démarche pourrait marquer une étape clé dans la maturité géopolitique de l’Union : passer du statut d’espace économique puissant à celui d’acteur stratégique capable de proposer, et non plus seulement d’entériner, les contours de la paix en Europe.

  • UK rail : un gel historique des tarifs pour soulager les usagers

    UK rail : un gel historique des tarifs pour soulager les usagers

    Le gouvernement britannique annonce un gel des tarifs ferroviaires en Angleterre, une première depuis 30 ans. La mesure, portée par la Chancelière de l’Échiquier Rachel Reeves et détaillée par le Trésor britannique, concerne les “regulated fares” : abonnements, billets en heure de pointe et hors pointe entre grandes villes.

    Ce gel des prix vise clairement le coût de la vie. En évitant une hausse indexée sur l’inflation, les autorités estiment que certains navetteurs pourraient économiser plus de 300 livres par an sur les trajets les plus chers. Politiquement, la mesure arrive dans un contexte de tensions budgétaires et de promesses électorales sur le pouvoir d’achat. Le gouvernement prépare parallèlement un budget marqué par des hausses d’impôts ciblées, mais cherche avec ce gel symbolique à montrer qu’il “remet de l’argent dans la poche des gens”.

    Ce choix intervient après des années de fortes augmentations des tarifs, souvent supérieures à l’inflation, qui ont alimenté la colère des usagers et des syndicats. Les associations de voyageurs saluent une décision “attendue depuis longtemps”, tout en rappelant que la question de la qualité du service, des retards et des annulations reste entière.

    Sur le plan macroéconomique, le gel des tarifs s’inscrit dans une stratégie plus large de maîtrise de l’inflation et de soutien à la consommation dans les centres urbains. Des trajets plus abordables peuvent encourager les déplacements domicile-travail, les sorties et les dépenses dans les commerces locaux. Reste une inconnue majeure : le financement. Sans hausse de revenus tarifaires, l’État devra arbitrer entre subventions supplémentaires au réseau, économies ailleurs dans le budget ou investissements reportés.

    Ce gel se présente donc comme un geste fort en faveur des passagers, mais aussi comme un test de crédibilité pour un gouvernement qui promet à la fois rigueur budgétaire et soutien au pouvoir d’achat.

    En France, c’est l’inverse : les tarifs augmentent sans cesse, le train devient un luxe.

  • L’Assemblée rejette massivement le budget

    L’Assemblée rejette massivement le budget

    Le projet de loi de finances 2026 a subi une humiliation historique à l’Assemblée nationale. Dans la nuit de vendredi à samedi, la première partie du budget, portant sur les recettes, a été rejetée par 404 voix contre… 1 seule pour, le reste des députés préférant l’abstention.  Du jamais-vu sous la Ve République, qui illustre à la fois la fragmentation politique extrême et le rejet transversal de la trajectoire budgétaire proposée par l’exécutif.

    Le texte est désormais transmis au Sénat, qui doit s’en saisir en urgence. Mais ce vote écrasant fragilise le calendrier et fait peser un doute réel sur l’adoption d’un budget complet avant la fin de l’année.  En toile de fond, les critiques portent autant sur le niveau du déficit que sur la répartition de l’effort : opposition de gauche et de droite dénoncent tour à tour une politique d’austérité déguisée ou une absence de cap crédible pour redresser les comptes.

    Ce rejet intervient alors que les institutions européennes et les agences de notation mettent déjà la pression sur la France, qui affiche un déficit supérieur à 5 % du PIB et une dette élevée.    L’épisode complique la stratégie gouvernementale consistant à promettre un redressement progressif sans casser la croissance.

    Politiquement, la scène envoie un signal lourd : une Assemblée fragmentée peut, ponctuellement, se coaliser contre l’exécutif. À court terme, le gouvernement doit éviter le scénario d’un blocage institutionnel prolongé, tout en rassurant marchés et partenaires européens sur sa capacité à “tenir la barre”.

    À moyen terme, cet échec budgétaire ravive la question d’une recomposition politique ou d’un recours accru au Sénat pour réécrire, amender, voire sauver un budget 2026 déjà perçu comme mort-né à l’Assemblée.

  • Las Vegas Grand Prix 2025, là où la F1 croise Hollywood

    Las Vegas Grand Prix 2025, là où la F1 croise Hollywood

    Le Formula 1 Heineken Las Vegas Grand Prix 2025 transforme à nouveau le Strip en décor de blockbuster. L’événement se tient du 20 au 22 novembre 2025, avec essais jeudi et vendredi, puis course le samedi 22 novembre à 20h sur un tracé urbain de 50 tours et plus de 300 km en plein cœur de Las Vegas. Sur la piste, Lando Norris signe la pole pour McLaren-Mercedes, mais la victoire revient finalement à Max Verstappen (Red Bull), devant George Russell et Kimi Antonelli pour Mercedes, au terme d’une course marquée par la disqualification des deux McLaren pour usure excessive du fond plat.

    Autour du circuit, Las Vegas assume son rôle de parc d’attractions géant pour adultes. Le week-end s’articule comme un festival : fan zones, expériences immersives, simulateurs, pit walks et shows culinaires signés par des chefs star, le tout porté par des packages premium déjà annoncés comme sold out des mois à l’avance.

    Côté musique, l’affiche mélange pop, EDM et hip-hop. Machine Gun Kelly, Zedd, T-Pain et Kane Brown sont mis en avant sur les scènes du T-Mobile Zone at Sphere et des tribunes principales, avec des sets jusqu’au bout de la nuit. Louis Tomlinson ajoute une touche fan culture à la programmation, avec un live très attendu par la fanbase One Direction présente en masse dans les tribunes et les fan zones.

    Dans les paddocks et les loges, le Grand Prix devient un tapis rouge parallèle. La F1 profite de Las Vegas pour attirer l’écosystème cinéma et séries : des acteurs comme Logan Lerman ou d’autres visages de Hollywood et du streaming s’affichent en tribunes VIP, sur la grille de départ ou dans les soirées privées organisées autour du Neon City Festival. Cette présence star amplifie la visibilité de l’événement sur les réseaux sociaux, entre selfies depuis le paddock, contenus TikTok en direct des rooftops et stories depuis les afterparties.

    Le Las Vegas Grand Prix 2025 consolide ainsi son image de produit hybride : un rendez-vous où la hiérarchie sportive (Verstappen vainqueur, Mercedes solide, McLaren sanctionnée) compte autant que la dimension spectacle, calibrée pour l’ère du contenu permanent.

  • Colis à 2 € : l’arme anti-dumping française

    Colis à 2 € : l’arme anti-dumping française

    La bataille économique entre la France et les géants chinois du e-commerce entre dans une nouvelle phase avec la proposition d’une taxe forfaitaire de 2 € par colis sur les petits envois venant de pays hors Union européenne. Présentée début novembre 2025, la mesure vise directement des plateformes comme Shein ou Temu, qui inondent le marché français de produits à très bas prix expédiés depuis l’Asie.

    L’objectif affiché par le gouvernement repose sur trois piliers : rétablir une forme d’équité fiscale avec les commerçants et enseignes installés en France, limiter le “fast fashion” ultra bon marché au coût social et environnemental très élevé, et sécuriser des recettes supplémentaires dans un contexte de tensions budgétaires. En pratique, chaque article importé de l’extérieur de l’UE serait frappé d’un prélèvement de 2 €, quel que soit son prix, rompant avec la franchise de TVA longtemps accordée aux petits colis.

    Les acteurs du commerce physique, déjà touchés par la baisse de fréquentation des centres-villes, saluent une avancée qu’ils jugent tardive. Les produits à quelques euros expédiés directement depuis des entrepôts chinois échappaient jusqu’ici à une grande partie des charges supportées par les détaillants français : loyers, salaires, cotisations, fiscalité locale. Les fédérations du secteur voient dans cette taxe un premier pas vers une concurrence moins déséquilibrée.

    La proposition ne fait cependant pas l’unanimité. Les défenseurs du pouvoir d’achat dénoncent une mesure qui frappera d’abord les consommateurs les plus modestes, très présents parmi les clients de Shein et des plateformes similaires. Des experts du commerce international s’interrogent aussi sur la compatibilité du dispositif avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce et redoutent d’éventuelles représailles commerciales.

  • A Johannesburg, un G20 orienté au sud

    A Johannesburg, un G20 orienté au sud

    Le G20 qui s’est tenu hier à Johannesburg, en Afrique du Sud, marque un tournant politique majeur. Pour la première fois, le sommet des vingt plus grandes économies se déroule sur le continent africain, les 22 et 23 novembre 2025, sous le thème officiel « Solidarity, Equality, Sustainability ».

    L’Afrique du Sud, qui assure la présidence du G20 depuis le 1ᵉʳ décembre 2024, a voulu faire de ce rendez-vous une vitrine des priorités du Sud global : lutte contre la dette, justice climatique, réforme de la gouvernance mondiale. Les dirigeants présents ont adopté une déclaration en 122 points mettant l’accent sur la sécurité alimentaire, le soulagement de la dette pour les pays les plus pauvres, le financement de la transition énergétique et une meilleure représentation des pays en développement dans les institutions comme le FMI et la Banque mondiale.

    Le sommet est cependant marqué par une absence spectaculaire : les États-Unis boycottent totalement l’événement sous la présidence de Donald Trump. Aucun représentant de haut niveau américain ne participe aux sessions, ce qui perturbe même la traditionnelle cérémonie de passation de la présidence du G20 à Washington pour 2026. L’Argentine de Javier Milei se tient à l’écart de la déclaration finale, sans toutefois la bloquer, tandis que d’autres grandes puissances, dont la Chine, ne sont pas représentées par leur chef d’État, mais par des ministres ou des vice-présidents.

    Malgré ces tensions, le président sud-africain Cyril Ramaphosa présente le sommet comme une victoire du multilatéralisme et de la voix africaine dans la gouvernance mondiale. Le texte final insiste sur un renforcement du soutien financier aux pays vulnérables face au climat, sur des mécanismes de restructuration de la dette et sur le développement de chaînes de valeur industrielles en Afrique, notamment dans les minerais critiques.

    Ce G20 de Johannesburg laisse une image contrastée : démonstration de force diplomatique du Sud global, mais aussi signal inquiétant sur la fragmentation du système international, avec un forum théoriquement central… privé de l’une de ses principales puissances.

  • Wicked For Good : Quand le cinéma retrouve sa magie

    Wicked For Good : Quand le cinéma retrouve sa magie

    Avec Wicked Part Two For Good, Hollywood signe exactement ce que l’on devrait attendre d’un grand film musical contemporain. Une conclusion flamboyante, émouvante et généreuse, portée par un duo d’interprètes qui frôle la perfection. Cynthia Erivo et Ariana Grande n’entrent pas dans la peau d’Elphaba et Glinda, elles semblent littéralement les habiter. Chaque regard, chaque inflexion de voix donne l’impression que ces rôles ont toujours été écrits pour elles.

    Le casting global frôle le sans faute, mais le film appartient clairement à ces deux femmes et à la relation qu’elles tissent à l’écran. Leur amitié, leurs tensions, leurs renoncements et la tendresse qui continue de circuler entre elles même au cœur de la tragédie donnent à cette seconde partie une intensité émotionnelle rare. La mise en scène s’attarde sur les gestes, les détails, les silences entre deux notes, comme si le film tout entier était construit pour honorer cette histoire de lien féminin complexe plutôt qu’un simple spectacle à grand budget.

    La bande son respecte scrupuleusement l’ADN du musical original, sans jamais se contenter d’un copier coller. Les orchestrations gagnent en ampleur, quelques choix d’arrangements offrent une profondeur nouvelle aux thèmes que les fans connaissent par cœur, et les deux chansons originales s’intègrent avec une évidence presque déconcertante. Aucune fausse note, au sens propre comme au figuré. Le final s’impose comme une conclusion à la fois épique et intime, qui referme le cycle avec une douceur inattendue.

    Narrativement, l’histoire est connue. Pourtant, la manière dont elle est filmée et rythmée lui donne une dimension presque nouvelle. Les couleurs éclatantes, les décors baroques, le soin maniaque apporté aux costumes et aux effets visuels rappellent ce que le grand spectacle peut avoir de plus noble quand il est pensé avec intelligence et cœur. On avait oublié à quel point des couleurs franches, un scénario solide, un casting de génie et une mise en scène inspirée pouvaient faire naître cette sensation rare de cinéma total.

    Wicked For Good fait partie de ces œuvres qui justifient pleinement l’expérience en salle. Les nuances vocales, la richesse visuelle, l’ampleur orchestrale prennent toute leur dimension sur grand écran. Le film semble taillé pour la saison des récompenses, et l’on ne peut qu’espérer voir les performances de Cynthia Erivo et Ariana Grande reconnues aux Oscars, tant elles incarnent leurs personnages avec une vérité et une grâce remarquables.

    Si Hollywood souhaite vraiment retrouver la magie qu’il a parfois perdue, c’est dans cette direction qu’il doit regarder. Des films où technique, émotion et amour du matériau se conjuguent pour rappeler pourquoi, au fond, on va encore au cinéma.

    En salle en France depuis le 19 novembre 2025

    Réalisé par Jon M. Chu

    Durée : 137 minutes

    Note de la rédaction : 5/5

    crédit photo : universal pictures