Le projet de loi de finances 2026 a subi une humiliation historique à l’Assemblée nationale. Dans la nuit de vendredi à samedi, la première partie du budget, portant sur les recettes, a été rejetée par 404 voix contre… 1 seule pour, le reste des députés préférant l’abstention. Du jamais-vu sous la Ve République, qui illustre à la fois la fragmentation politique extrême et le rejet transversal de la trajectoire budgétaire proposée par l’exécutif.
Le texte est désormais transmis au Sénat, qui doit s’en saisir en urgence. Mais ce vote écrasant fragilise le calendrier et fait peser un doute réel sur l’adoption d’un budget complet avant la fin de l’année. En toile de fond, les critiques portent autant sur le niveau du déficit que sur la répartition de l’effort : opposition de gauche et de droite dénoncent tour à tour une politique d’austérité déguisée ou une absence de cap crédible pour redresser les comptes.
Ce rejet intervient alors que les institutions européennes et les agences de notation mettent déjà la pression sur la France, qui affiche un déficit supérieur à 5 % du PIB et une dette élevée. L’épisode complique la stratégie gouvernementale consistant à promettre un redressement progressif sans casser la croissance.
Politiquement, la scène envoie un signal lourd : une Assemblée fragmentée peut, ponctuellement, se coaliser contre l’exécutif. À court terme, le gouvernement doit éviter le scénario d’un blocage institutionnel prolongé, tout en rassurant marchés et partenaires européens sur sa capacité à “tenir la barre”.
À moyen terme, cet échec budgétaire ravive la question d’une recomposition politique ou d’un recours accru au Sénat pour réécrire, amender, voire sauver un budget 2026 déjà perçu comme mort-né à l’Assemblée.
