La bataille économique entre la France et les géants chinois du e-commerce entre dans une nouvelle phase avec la proposition d’une taxe forfaitaire de 2 € par colis sur les petits envois venant de pays hors Union européenne. Présentée début novembre 2025, la mesure vise directement des plateformes comme Shein ou Temu, qui inondent le marché français de produits à très bas prix expédiés depuis l’Asie.
L’objectif affiché par le gouvernement repose sur trois piliers : rétablir une forme d’équité fiscale avec les commerçants et enseignes installés en France, limiter le “fast fashion” ultra bon marché au coût social et environnemental très élevé, et sécuriser des recettes supplémentaires dans un contexte de tensions budgétaires. En pratique, chaque article importé de l’extérieur de l’UE serait frappé d’un prélèvement de 2 €, quel que soit son prix, rompant avec la franchise de TVA longtemps accordée aux petits colis.
Les acteurs du commerce physique, déjà touchés par la baisse de fréquentation des centres-villes, saluent une avancée qu’ils jugent tardive. Les produits à quelques euros expédiés directement depuis des entrepôts chinois échappaient jusqu’ici à une grande partie des charges supportées par les détaillants français : loyers, salaires, cotisations, fiscalité locale. Les fédérations du secteur voient dans cette taxe un premier pas vers une concurrence moins déséquilibrée.
La proposition ne fait cependant pas l’unanimité. Les défenseurs du pouvoir d’achat dénoncent une mesure qui frappera d’abord les consommateurs les plus modestes, très présents parmi les clients de Shein et des plateformes similaires. Des experts du commerce international s’interrogent aussi sur la compatibilité du dispositif avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce et redoutent d’éventuelles représailles commerciales.
