Le temps de la spéculation est clos. Ce que certains prenaient pour une utopie libertarienne devient un outil de politique d’État. Selon une étude récente, 32 pays ont engagé un processus d’adoption active du Bitcoin : régulation, stockage, ou intégration dans leurs systèmes énergétiques.
Tout a commencé à San Salvador. En 2021, Nayib Bukele a fait du Bitcoin une monnaie légale, geste moqué à l’époque, aujourd’hui cité dans les think tanks monétaires comme une rupture historique. Quatre ans plus tard, le Salvador mine son électricité volcanique pour alimenter le réseau, attire des capitaux étrangers et fait école.
L’onde de choc s’est propagée. En Argentine, Javier Milei veut ancrer le peso dans une logique crypto-compatible. Les Émirats arabes unis testent déjà le Bitcoin dans leurs échanges énergétiques via les zones franches de Dubaï et d’Abu Dhabi. Le Nigeria l’utilise pour compenser la défiance envers sa monnaie. En Philippines, au Brésil et en Thaïlande, le BTC s’invite dans les paiements publics et les régulations bancaires.
Ce basculement n’a plus rien de marginal. Il marque le début d’une géopolitique des chaînes de blocs, où la souveraineté ne se mesure plus en réserves d’or mais en puissance de calcul. Le Bitcoin devient pour certains pays ce que le pétrole fut pour d’autres : une arme d’indépendance, un marqueur de modernité, une manière de dire “non” au FMI et au dollar.
Ce n’est plus la ruée vers l’or numérique ; c’est la revanche des nations qui refusent d’attendre la permission de la finance mondiale.
