Nous avons vu le film en avant-première au Grand Rex, en compagnie du cast et du réalisateur avant la sortie officielle de Frankenstein sur Netflix.
Quand Robert De Niro endossait le rôle de la créature dans Mary Shelley’s Frankenstein (1994), on saluait son audace physique mais on restait à distance : son monstre parlait, pensait, criait, mais restait De Niro, l’acteur charismatique, massif, presque trop humain pour incarner l’innocence tragique du mythe.
Trente ans plus tard, Jacob Elordi, sous la direction de Guillermo del Toro, renverse le prisme. Son Frankenstein n’est plus un corps recousu de rage, mais une âme égarée dans la chair. Au Grand Rex, la salle retenait son souffle : derrière les prothèses, les cicatrices, on distingue un regard, celui d’un être qui apprend à exister. Là où De Niro imposait la force, Elordi choisit la fragilité. Il fait de la monstruosité une prière : le besoin d’être vu, reconnu, aimé.
Del Toro filme son corps comme un poème de couture et de douleur. Chaque plan respire la mélancolie romantique chère à Mary Shelley, loin de la grandiloquence gothique de Branagh. Ici, le monstre n’est plus effrayant, il est émouvant ; il ne tue pas, il cherche à comprendre.
Quand De Niro jouait Frankenstein, on parlait de performance.
Quand Elordi le joue, on parle d’incarnation.
C’est toute la différence entre faire le monstre et être le monstre.
Sortie sur Netflix le 7 novembre.
Par Guillermo Del Torro (150 minutes)
