Le Venezuela affiche une croissance de 8,71 % au troisième trimestre 2025, portée par le pétrole (+16 %) et les activités non pétrolières. Au premier trimestre, le PIB avait déjà bondi de 9,32 %, confirmant dix-huit trimestres de reprise consécutive.
Pourtant, cette embellie masque des tensions profondes. Le bolivar s’effondre : une perte de plus de 70 % face au dollar cette année, accentuant l’écart entre le change officiel (203 bolivars) et le marché noir (au-delà de 280). Le salaire minimum officiel équivaut à moins d’un dollar, même avec les primes tentant de porter un “revenu mensuel” à 160 $.
Par ailleurs, l’économie vénézuélienne reste extrêmement dépendante du pétrole : peu de diversification, fragilité face aux sanctions américaines, fuite des capitaux, opacité institutionnelle. Le gouvernement Maduro, réélu pour un troisième mandat contesté en janvier 2025, peine à restaurer la confiance des investisseurs tout en gérant une crise sociale aiguë.
Le contraste est saisissant : croissance impressionnante sur le papier, mais vie quotidienne marquée par l’hyperinflation, la précarité et les désordres structurels. Le défi : rendre cette croissance viable, équitable, et moins dépendante d’une rente pétrolière fluctuant au gré des sanctions et des marchés mondiaux.
