Vie Privée s’ouvre sur une promesse forte : celle d’un thriller psychologique centré sur une figure fascinante, le docteur Lilian Steiner, psychiatre froide et brillante, interprétée par une Jodie Foster impériale. Dès les premières minutes, le film installe un climat troublant : ses patients doutent d’elle, se détachent, certains sombrent. L’un d’eux meurt dans des circonstances ambiguës. Le point de départ est captivant, presque vertigineux. Tout semble annoncer une enquête sombre, une plongée dans un labyrinthe mental inquiétant.
Très vite, cependant, le film dévie de cette trajectoire. L’intrigue s’éloigne progressivement de la mort de la patiente pour se recentrer sur les relations personnelles, professionnelles et affectives de Lilian. L’attente d’un film policier laisse place à un objet nettement plus flou, oscillant entre drame psychologique, dialogues très français et situations parfois presque absurdes. L’ensemble devient un mélange étrange, dont le spectateur ressort souvent las. Certaines scènes loufoques parviennent à faire sourire, mais le reste se dilue dans des intrigues abracadabrantesques, parfois gratuites.
Le point fort incontestable du film demeure Jodie Foster. Dans le rôle du docteur Steiner, l’actrice livre une performance d’une précision remarquable. Son français est impeccable, sa diction impressionnante, et son jeu d’une froideur parfaitement maîtrisée. Doublement oscarisée, elle n’avait plus rien à prouver, et pourtant, elle prouve encore. Grâce à elle, plusieurs moments gagnent en intensité intellectuelle, et certains passages sont portés par un humour discret mais efficace.
Le film démarre donc solidement, servi par des acteurs convaincants. Mais après une première partie intrigante, la seconde s’étire et se dilue. Le ton se fait plus léger, sans jamais atteindre la vraie satire ni la farce assumée. Le thriller, pourtant promis au départ, s’efface peu à peu.
La conclusion arrive enfin. À ce stade, l’intérêt se partage entre la curiosité de découvrir le dénouement et l’impatience de voir le film se terminer. L’intrigue se referme alors de manière plutôt fade. Là où un choc final ou une révélation marquante semblaient possibles, le résultat reste étonnamment plat. Aucun vertige, aucune véritable surprise : simplement la sensation que tout le dispositif patiemment construit mène à un aboutissement trop faible pour justifier le trajet.
Une fin qui laisse un goût d’inachevé, et surtout une profonde frustration.
En résumé, Vie Privée est un film à l’idée de départ séduisante, porté par une immense actrice, mais qui se perd en route. Dommage.
Sortie en salles en France : 26 novembre 2025
Réalisation : Rebecca Zlotowski
Durée : 107 minutes
Note de la rédaction : 2/5













