Étiquette : à la une

  • Les nouveaux barons : comment la Tech a pris le pouvoir d’État

    Les nouveaux barons : comment la Tech a pris le pouvoir d’État

    Ils avaient promis d’ouvrir le monde. Ils ont fini par l’absorber.

    De la Maison-Blanche aux studios d’Hollywood, des algorithmes de l’opinion aux câbles du Pentagone, les géants de la Tech ne sont plus des entreprises : ce sont des centres de gravité politique.

    Jeff Bezos a racheté The Washington Post avant de mettre la main sur MGM Studios, la fabrique même du récit américain. Ce n’est pas une diversification, c’est une mainmise narrative : maîtriser à la fois l’information et la fiction, c’est contrôler les deux hémisphères du cerveau collectif.

    Elon Musk, lui, a privatisé le ciel avec Starlink et l’arène numérique avec X. Il influence les guerres, les élections, les marchés, et parfois tout cela en un seul tweet.

    Mark Zuckerberg a créé le premier empire d’ingénierie sociale à l’échelle planétaire, pendant que Peter Thiel infiltrait la défense, la justice et la cryptographie d’État à travers Palantir et ses réseaux idéologiques.

    La Maison-Blanche, aujourd’hui, ne gouverne plus seule : elle compose avec ces nouveaux seigneurs. Les campagnes électorales se jouent sur leurs plateformes, les décisions militaires s’appuient sur leurs infrastructures cloud, et la diplomatie s’écrit dans leurs laboratoires d’intelligence artificielle.

    Le pouvoir politique, jadis incarné par des institutions, s’est externalisé vers des entités qui n’ont ni frontières ni comptes à rendre.

    Cette hybridation entre puissance privée et souveraineté publique dessine une nouvelle féodalité numérique : les présidents passent, les plateformes demeurent. Bezos, Musk, Thiel, Zuckerberg, chacun contrôle un pan du réel : la distribution, le récit, le ciel, la donnée.

    La question n’est plus de savoir s’ils gouvernent, mais jusqu’où ils iront avant qu’on ose les appeler par leur vrai nom : les maîtres du monde post-étatique.

  • La tokenisation des actions séduit, mais…inquiète

    La tokenisation des actions séduit, mais…inquiète

    La course à la tokenisation des actions publiques via la blockchain a explosé, avec environ 412 millions $ d’encours pour les tokens “actionnariat numérique” destinés aux investisseurs de détail à fin septembre 2025.  Parmi les acteurs qui proposent ces instruments, on retrouve Robinhood Markets, Gemini Trust et Kraken en Europe, tandis que d’autres visent l’agrément aux États-Unis. Ces tokens sont présentés comme permettant un accès 24 h/24 aux marchés, règlement instantané et fractionnement des titres. Mais les régulateurs mettent en garde : la plupart de ces produits n’offrent pas les mêmes droits que les actions traditionnelles (vote, dividende, propriété directe) et ressemblent davantage à des dérivés.  Pour les marchés traditionnels, cela soulève une problématique de liquidité, de transparence et de protection des investisseurs. L’intersection entre crypto et actions risque de redéfinir les contours du marché boursier tel qu’on le connaissait. Les corollaires sont clairs : innovation rapide, mais réglementation à rattraper. Les investisseurs sont donc invités à la vigilance.

  • Le Royaume-Uni sous perfusion budgétaire : croissance en berne, impôts en hausse

    Le Royaume-Uni sous perfusion budgétaire : croissance en berne, impôts en hausse

    Le cabinet de prévision économique EY Item Club anticipe une croissance britannique inférieure à 1 % pour l’année prochaine, dans un contexte marqué par de fortes hausses d’impôts et un recul de l’investissement des entreprises.  Les perspectives sont assombries par une stagnation durable de la productivité, une inflation qui reste élevée, et une dette publique déjà significative. Le gouvernement se retrouve ainsi face à un dilemme : stimuler la croissance ou équilibrer les finances publiques ? Les ménages devront absorber un alourdissement fiscal tandis que les entreprises sont confrontées à un environnement incertain. Ce scénario sans euphorie place la Grande-Bretagne dans une position délicate sur la scène européenne, avec un besoin urgent de relancer l’investissement privé, moderniser les infrastructures et réduire les obstacles à la croissance.

  • La main invisible du shutdown américain : fonctionnaires sans salaire, économie sous tension

    La main invisible du shutdown américain : fonctionnaires sans salaire, économie sous tension

    Le ­2025 United States federal government shutdown, qui dure depuis début octobre, continue de peser sur l’économie américaine : près de 900 000 fonctionnaires ont été mis à pied, et environ 2 millions travaillent sans salaire.

    Alors que les recettes fiscales fléchissent et que l’insécurité des salariés augmente, les effets indirects se font sentir : consommation fragile, projets d’investissement gelés, incertitudes accrues pour les ménages. Le manque de visibilité pèse aussi sur les entreprises qui dépendent des contrats gouvernementaux.

    Sur les marchés, cette situation crée une pression complémentaire aux hausses de taux : l’économie pourrait ralentir davantage que prévu, et la Fed pourrait se trouver dans une position délicate entre soutenir la croissance et maîtriser l’inflation.

    La question centrale : combien de temps encore avant que la paralysie gouvernementale ne déteigne sur les agrégats macroéconomiques ? Les analystes surveillent attentivement des indicateurs tels que les dépôts dans les banques, la consommation des ménages et l’engagement des entreprises.

  • Amérique-Corée du Sud : 103 Boeing, 150 milliards $ et un tournant industriel

    Amérique-Corée du Sud : 103 Boeing, 150 milliards $ et un tournant industriel

    Lors d’un sommet à Washington, les États-Unis et la Corée du Sud ont annoncé un ensemble d’accords stratégiques majeurs : une commande de 103 appareils Boeing pour 36,2 milliards $ par Korean Air, accompagnée d’un pacte de coopération en construction navale pour environ 150 milliards $ d’investissements sud-coréens aux États-Unis.  Ce type de deal met en lumière une redéfinition importante des chaînes de valeur : l’aviation, les navires, l’énergie jouent désormais dans un même grand jeu géo-économique. Pour les marchés financiers européens à l’affût, la question est : ce “plan Marshall” technologique va-t-il redessiner les rapports entre constructeurs, états et compétitivité industrielle ? Et, au-delà des montants, cela symbolise aussi une montée en puissance de la Corée comme hub manufacturier global. Le tabou est celui de la dépendance croissante entre États et industries stratégiques — les marchés l’observent, mais peu osent la question de l’équilibre souverain.

  • Icône pop devient… icône de générosité

    Icône pop devient… icône de générosité

    Taylor Swift, pop star mondialement connue, a déclenché un mouvement de solidarité inattendu : en arborant un t-shirt vintage représentant une loutre lors de la promotion de son film, elle a inspiré ses fans à contribuer massivement à la protection des loutres marines. Le résultat : plus de 2 millions d’euros récoltés en un temps record.

    Au-delà du montant, l’événement illustre le pouvoir des célébrités à mobiliser, via un symbole minimal, une communauté globale pour une cause environnementale. Mais cette dynamique invite aussi à s’interroger : quelle suite pour cet élan ? Quelle structure pour transformer l’émotion en action durable ?

    Le geste est simple, l’effet est vaste. Et dans un monde saturé d’appels à la cause, cette réussite démontre que la culture pop peut devenir un levier concret pour la conservation.

  • Retard stratégique de l’UE face aux États-Unis et à la Chine : le déclin par l’indécision

    Retard stratégique de l’UE face aux États-Unis et à la Chine : le déclin par l’indécision

    L’Union européenne observe avec une inquiétude croissante le rythme imposé par les États-Unis et la Chine dans les technologies clés, la défense ou les chaînes d’approvisionnement. Alors que ces puissances avancent massivement, l’UE hésite, marquée par des compromis et des retards. Par exemple, sur la 5G, l’IA ou encore la microélectronique, elle n’a pas encore trouvé sa cadence. Ce « déclin par l’indécision » ne signifie pas inéluctabilité : il indique qu’en l’absence d’un cap clair et d’un effort coordonné, le terrain stratégique se rétrécit. L’Europe doit passer de l’alerte à l’action, refonder ses priorités et accepter de jouer des coudes. Sans cela, elle risque de voir sa marge de manœuvre réduite, son rôle diminué, et son avenir économique et géopolitique relégué.