Étiquette : à la une

  • Le bitcoin ébranle le marché

    Le bitcoin ébranle le marché

    La séance du jour confirme un net essoufflement : la capitalisation totale glisse vers 3,16 billions de dollars, seuil dont la rupture ouvrirait mécaniquement la voie à une extension baissière en direction des 3,09 billions. Bitcoin, pivot du marché, oscille autour de 93 000 $, niveau d’équilibre fragile où chaque cassure intrajournalière entraîne un stress immédiat sur les altcoins.

    Ces derniers absorbent la majorité du choc : volatilité exacerbée, baisses à deux chiffres sur plusieurs mid-caps et décrochage brutal de certains projets comme SOON, en repli de plus de 20 % sur 24 h. La structure globale reste défensive : acheteurs et vendeurs s’équilibrent encore, mais la marge d’erreur est quasiment nulle. Une accélération sous les supports actuels déclencherait une phase de capitulation classique, tandis qu’un maintien au-dessus des niveaux clés permettrait au marché de temporiser avant une éventuelle reprise.
  • Role Model électrise le Trianon

    Role Model électrise le Trianon

    Role Model a enflammé Paris le 14 novembre au Trianon avec un concert porté par une intensité rare et une communion totale avec son public. Tucker Pillsbury, l’artiste derrière ce nom désormais incontournable, s’est fait connaître grâce à sa présence en ligne, son esthétique profondément sensible et sa tournée en ouverture de Gracie Abrams qui l’a propulsé dans une nouvelle dimension. Aujourd’hui, il s’impose comme une figure majeure de la pop alternative, porté par des titres devenus cultes pour sa communauté, tels que Some Protector, Writings On The Wall ou Sally When The Wine Runs Out.

    Fort d’un passage explosif au Royaume Uni où les salles sautaient à l’unisson, il a fait vibrer Paris avec la même force. Dès les premières notes, l’énergie a traversé la salle comme une vague. Le public sautait, criait, chantait, et le sol du Trianon tremblait littéralement sous l’intensité collective. Role Model, fidèle à sa douceur habituelle, a veillé sur son audience tout en la galvanisant, s’assurant que chacun vive le concert dans une atmosphère de sécurité et d’émotion.

    Le moment le plus attendu de la soirée est arrivé avec la traditionnelle sélection de la Sally, un rituel devenu emblématique de ses concerts. Durant Sally When The Wine Runs Out, Role Model fait monter sur scène une personne du public qu’il choisit pour son énergie, sa présence et sa capacité à porter l’ambiance du moment. Parfois, la Sally est une célébrité comme Lewis Capaldi ou Niall Horan, créant des moments inattendus pour les fans.

    À Paris, la Sally était une fan remarquée par Tucker et son équipe pendant le concert grâce à son enthousiasme débordant. Une fois sur scène, la Sally ne chante pas mais devient le centre d’attention d’un morceau entier : elle danse, profite, et partage un moment de complicité qui électrise toute la salle. Elle incarne l’énergie du public, devient presque le personnage principal de la chanson le temps de quelques minutes, apportant une dimension humaine, spontanée et profondément touchante à la performance.

    La demande ayant explosé, une deuxième date a été ajoutée le 15 novembre, preuve de l’engouement massif autour de l’artiste. Deux soirs d’émotion, de puissance et d’unité qui confirment que Role Model ne fait pas que donner un concert : il crée une expérience.

    Note de la rédaction : 8,5 sur 10

    Photo ABH

  • Face aux abus des fonds étrangers, l’État sort de sa torpeur

    Face aux abus des fonds étrangers, l’État sort de sa torpeur

    L’État français engage des poursuites contre le fonds britannique Greybull : il lui reproche de
    n’avoir pas respecté les engagements pris lors de la reprise en 2024 de NovAsco, sidérurgiste
    français. Greybull s’était engagé à injecter 90 millions d’euros dans le redressement industriel
    du groupe, tandis que l’État apportait 75 millions d’euros de soutien sous forme de prêts et
    subventions. Or, un an après la reprise, seuls 1,5 million d’euros ont véritablement été versés
    par Greybull, et le groupe se trouve à nouveau en redressement judiciaire à Strasbourg,
    menaçant plusieurs centaines d’emplois sur quatre sites industriels. Les pouvoirs publics
    évoquent une « fraude au jugement » et envisagent une action judiciaire pour contraindre
    Greybull à rendre compte de son engagement. De leur côté, les syndicats estiment que
    l’opération s’apparente à une montée en capital opportuniste, sans véritable pilotage
    industriel. Face à cette situation, l’État français vise non seulement la protection des emplois,
    mais aussi la préservation d’un outil stratégique dans la sidérurgie bas-carbone. Greybull n’en
    est pas à son premier dossier bancal. Avec sa reprise de British Steel, il avait déjà œuvré.
    Souhaitons que le coup de menton du ministre de l’Industrie soit suivi d’effet.

  • Les juges US bloquent la Garde Nationale

    Les juges US bloquent la Garde Nationale

    Aux États-Unis, le bras de fer entre pouvoir exécutif et justice autour du déploiement de la Garde nationale a franchi une étape décisive. Un juge fédéral a jugé illégale l’utilisation de ces troupes par Donald Trump pour sécuriser la ville de Portland, dans l’Oregon, et a ordonné que cette mesure soit bloquée de manière permanente. Une décision qui éclaire d’un jour nouveau la stratégie sécuritaire de l’ancien président dans plusieurs métropoles.

    Depuis des mois, Trump fait campagne sur la promesse d’“envoyer l’armée” dans les grandes villes dirigées par les démocrates, qu’il accuse de laxisme face à la criminalité. La Garde nationale est devenue un symbole de cette posture de fermeté. Mais la loi encadre strictement son déploiement sur le territoire américain : il faut des conditions d’insurrection, de rébellion ou d’urgence grave. À Portland, comme à Memphis ou Los Angeles, les juges considèrent que ces seuils n’étaient pas atteints.

    En déclarant illégale l’activation de la Garde nationale dans l’Oregon, la justice rappelle une limite fondamentale : même un président ne peut militariser l’espace public à sa guise. La décision ne vaut pas automatique interdiction pour toutes les villes du pays, mais elle crée un précédent lourd. D’autres recours, déjà déposés dans des États démocrates, s’appuieront sur ce jugement pour tenter d’obtenir, eux aussi, des blocages durables.

    Sur le terrain politique, Trump se pose en victime d’une justice “militante” qui empêcherait de “protéger les honnêtes citoyens”. Ses opposants l’accusent au contraire de transformer la Garde nationale en outil de communication électorale, au mépris des lois et des libertés civiles. Entre les deux, des maires démocrates, pris en étau entre la pression sécuritaire et la crainte d’une dérive autoritaire, voient dans la décision des juges un répit.

    Alors que la campagne présidentielle américaine s’intensifie, cette bataille juridique montre à quel point la question de l’ordre public est devenue un champ de confrontation institutionnelle. Les juges ne se contentent plus de commenter la Constitution. Ils fixent des lignes rouges à la tentation d’envoyer des soldats dans les rues.

  • Où sont passés les havanes ?

    Où sont passés les havanes ?

    La disparition des havanes en France est un fait une pénurie qui s’explique. Depuis quelques
    années, les amateurs français constatent une rareté grandissante des cigares cubains dans les
    civettes. Ce qui se trouvait aisément il y a encore cinq ou six ans, et à des tarifs
    raisonnables, est devenu difficile à dénicher et souvent hors de prix. La cause n’est pas
    unique, mais résulte d’un enchaînement de facteurs qui frappe l’ensemble de la filière.
    D’abord, Cuba traverse une crise de production sans précédent. Les ouragans ont dévasté les
    plantations de Pinar del Río, les pénuries d’engrais paralysent les récoltes, et l’économie
    locale peine à assurer les conditions nécessaires à un tabac de qualité. Moins de feuilles,
    moins de roulage : l’offre s’est brutalement contractée.

    Parallèlement, la demande mondiale a explosé, portée notamment par l’Asie, prête à payer
    très cher pour les marques iconiques. En 2022, Habanos SA a choisi d’aligner ses prix sur
    ceux de Hong Kong, entraînant des hausses spectaculaires : jusqu’à +300 % pour certains
    Cohiba. La stratégie assumée consiste désormais à positionner ces cigares comme des
    produits de luxe mondiaux.

    Pour la France, l’effet est immédiat : allocations en baisse, fiscalité lourde, et civettes peu
    enclines à immobiliser des stocks devenus onéreux et incertains. Entre pénurie et spéculation,
    les havanes disparaissent peu à peu des étagères, laissant place aux productions
    nicaraguayennes ou dominicaines, désormais plus stables et plus accessibles.

  • Les prénoms passe-partout dominent

    Les prénoms passe-partout dominent

    En France, Louise et Gabriel restent les prénoms les plus donnés, portés par un goût national
    pour les valeurs sûres : des sonorités douces, classiques, faciles à transmettre à toutes les
    générations. Jadis très variées, les tendances se recentrent aujourd’hui sur des prénoms courts,
    internationaux et peu marqués socialement.

    Cette logique se retrouve chez nos voisins. En Italie, Sofia et Leonardo caracolent en tête :
    une fidélité à la tradition latine, mais avec une envie de simplicité et d’élégance.
    En Espagne, Hugo et Lucia dominent, reflet d’une génération attirée par des prénoms
    universels, rapides à écrire, faciles à prononcer dans plusieurs langues, un héritage de
    décennies d’ouverture culturelle.

    En Angleterre, Olivia et Noah conservent leur avance : des prénoms globalisés, portés par les
    séries, la pop culture et une influence mondiale de la culture anglo-saxonne. Pourquoi cette convergence ? Parce que les familles cherchent aujourd’hui des prénoms «passe-partout » : faciles à porter à l’étranger, immédiatement identifiables, et suffisamment intemporels pour accompagner un enfant toute sa vie. À l’heure des mobilités, de l’exposition médiatique permanente et du travail international, un prénom devient presque un petit passeport culturel.

    Ainsi, de Paris à Londres, de Milan à Madrid, l’Europe semble s’unifier autour de la même
    recette : des prénoms courts, doux, modernes… mais profondément enracinés dans une
    mémoire collective qui rassure autant qu’elle inspire.

  • La BD se rebelle à Angoulême

    La BD se rebelle à Angoulême

    Le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême traverse une tempête historique. En 2025, près de 400 auteurs ont signé une tribune dénonçant le manque de transparence, l’opacité financière et une gouvernance jugée conforme à des intérêts privés, centrés sur la société 9e Art+ qui organise le salon.  Parmi les signataires : des grands noms tels que Riad Sattouf, Lewis Trondheim, Art Spiegelman ou Catherine Meurisse.

    Leur revendication est simple : tourner la page de 9e Art+ et remettre le festival aux mains d’une organisation plus collective, plus transparente et surtout plus respectueuse de l’âme de la BD.  Ce malaise profond trouve un écho majeur dans toute la profession, jusqu’aux éditeurs, qui expriment une défiance croissante face à une structure jugée trop opaque et trop mercantile.

    En réponse à la pression grandissante, l’association propriétaire du festival, le FIBD, a décidé d’annuler les résultats de son dernier appel d’offres et de lancer un nouveau processus de sélection.  9e Art+ ne sera pas reconduit au-delà de 2027, selon les annonces : un tournant majeur pour un événement qui risque de perdre certains de ses piliers artistiques s’il ne se réforme pas.

    Le mot-dièse #NOFIBD2026 circule massivement dans la communauté BD sur les réseaux sociaux.  Certains auteurs refusent déjà de participer à l’édition 2026, estimant que sans remise en question profonde, le festival pourrait se vider de son sens.

    Au-delà du simple clash entre organisateurs et auteurs, c’est un véritable débat sur l’identité du FIBD qui se joue : festival historique de la bande dessinée, il est aujourd’hui appelé à se réinventer pour retrouver une légitimité collective, loin des tensions commerciales et des conflits de gouvernance.

  • Le St. Regis Saadiyat : cinq étoiles, et quelques échafaudages en plus

    Le St. Regis Saadiyat : cinq étoiles, et quelques échafaudages en plus

    Il y a deux St. Regis à Abu Dhabi, la capitale des Émirats Arabe Unis. Nous sommes
    descendus au plus accueillant des deux hôtels de luxe du groupe Mariott, le Saadiyat. Si les
    prix sont indécents, comme il se doit pour un hôtel de luxe, les chambres sont spécieuses et
    confortables. Service impeccable. La plage est belle. Vue sur les travaux à droit et à gauche,
    c’est le revers de la médaille dorée de ces pays qui construisent à tour de bras.
    On regrettera d’autres travaux, au beau milieu de l’hôtel. Sans prévenir qui que ce soit bien
    sûr, on monte un échafaudage à un jet de pierre de la piscine adulte qui devrait être la plus
    tranquille. Le SPA n’est pas accessible comme ça sur simple envie de faire un jacuzzi, il faut
    soit aller à la salle de sport, en face, soit payer. Les gentilles hôtesses nous feront entrer
    gracieusement.

    On se restaure correctement. Les vins sont hors de prix et mauvais. Le superbe bar fumoir ne
    propose que des cigares de qualité moyenne. Pas de Havane en cave. Regrets.
    Notre conseil : réserver tôt pour un bon prix. N’y allez pas pour le silence. Essayez le Hyatt à
    500 mètres qui offre des chambres aussi grandes, de meilleurs tarifs et probablement plus
    de calme pour une architecture similaire.

     

  • Olivia Rodrigo : quand la pop s’érige contre la propagande d’État

    Olivia Rodrigo : quand la pop s’érige contre la propagande d’État

    Le 8 novembre 2025, Olivia Rodrigo a pris la parole avec une force inattendue, provoquant un véritable séisme politique et culturel. La chanteuse américaine de 22 ans, icône d’une génération entière, a découvert que sa chanson All-American Bitch avait été utilisée sans son accord dans une vidéo officielle publiée sur le compte du Department of Homeland Security et relayée par la Maison-Blanche de Donald Trump. Le clip, destiné à promouvoir une campagne de “self-deportation” pour les immigrés sans papiers, montrait des images de l’ICE accompagnées du slogan glaçant : “Leave now using the CBP Home app. If you don’t, you will face the consequences.”

    Face à ce détournement, Olivia Rodrigo n’a pas mâché ses mots :

    “Don’t ever use my songs to promote your racist, hateful propaganda.”

    En quelques minutes, son commentaire a envahi les réseaux sociaux, devenant un symbole de résistance culturelle face à l’instrumentalisation politique de l’art. La Maison-Blanche a rapidement retiré la musique du clip, remplacée par un simple message : “This song is currently unavailable.”

    Ce geste d’Olivia prend une dimension d’autant plus forte qu’elle reste une artiste jeune, encore récente dans l’industrie, mais déjà capable d’affronter publiquement un gouvernement. À seulement 22 ans, elle s’impose non seulement comme une autrice-compositrice talentueuse, mais aussi comme une voix de conscience dans une Amérique divisée.

    Depuis ses débuts avec Drivers License, Olivia Rodrigo a toujours mêlé émotion brute et lucidité sociale. Mais avec cet épisode, elle franchit un cap : elle prouve qu’elle n’est pas seulement une pop star, mais une artiste engagée, consciente du poids de ses mots et de sa musique. Dans un pays où la culture devient parfois un outil de manipulation politique, Olivia rappelle qu’elle appartient d’abord à ceux qui l’écoutent, pas à ceux qui gouvernent.

  • Qui sont les chômeurs ? Une étude qui balaie les clichés

    Qui sont les chômeurs ? Une étude qui balaie les clichés

    Une étude récemment publiée examine en profondeur la réalité des demandeurs d’emploi en France, et ébranle plusieurs idées reçues. Contrairement au stéréotype selon lequel le chômage toucherait principalement des personnes peu motivées ou peu qualifiées, les résultats dévoilent un profil bien plus hétérogène et souvent actif dans la recherche. 

    Les chercheurs montrent que de nombreux chômeurs se décrivent comme persévérants, déterminés à retrouver une activité, et souvent dotés de compétences valorisables.  L’étude révèle également que la perception des autres, mais aussi l’auto-perception, tendent à être biaisées par des représentations sociales faussées : beaucoup de demandeurs d’emploi estiment que leur entourage les considère comme « en pause » ou « non-employables », alors même qu’ils mènent activement des démarches.

    Parmi les facteurs structurels mis en lumière : la durée d’inactivité croît avec l’âge et la perte d’emploi, mais ce n’est pas un manque d’ambition qui en est la cause première. L’étude suggère enfin que la stigmatisation socio-professionnelle et l’absence de reconnaissance des compétences acquises hors emploi constituent des freins plus décisifs que la simple « volonté » de travailler. En conclusion, ce travail invite à repenser tant les politiques d’accompagnement que le discours public autour du chômage.