Shein sème la zizanie des marques au BHV

Le BHV Marais se retrouve au cœur d’une crise sans précédent alors que l’arrivée de Shein dans ses rayons provoque un exode massif de marques françaises. Dès l’annonce, des enseignes comme Odaje, Figaret Paris, Le Slip Français, Maison Lejaby ou Maison Pechavy ont décidé de rompre leur collaboration, dénonçant un clash éthique entre leurs valeurs responsables et le modèle ultra fast-fashion de Shein.

Pour ces marques, se retrouver aux côtés d’un géant qui accélère la surproduction mondiale, utilise des circuits à faible coût et présente un lourd bilan écologique est impensable. La fondatrice de Pechavy affirme qu’elle « refuse d’apparaître en rayon à ses côtés » tant la dissonance est forte.  Parallèlement, plusieurs fournisseurs accusent le BHV de retards de paiement considérables, évoquant des pratiques qui fragilisent financièrement les petites marques.

Le propriétaire du BHV, la SGM, défend le partenariat avec Shein comme une stratégie de revitalisation du magasin : selon ses dirigeants, l’ultra fast-fashion pourra attirer un flux massif de visiteurs et dynamiser un lieu historique.  Dès la première semaine, le magasin a enregistré un afflux impressionnant : d’après des chiffres relayés, 50 000 visiteurs sont venus juste pour le corner Shein.

Mais la tension ne faiblit pas : les marques quittent les rayons beauté (Aime, Skin&Out)  , les enseignes luxe (Dior, Guerlain, Sandro, Maje) ont fermé leurs concessions récemment  , et certains dénoncent un « signal négatif » adressé au secteur de la mode responsable.

Au-delà d’un simple scandale, c’est une fracture profonde dans le commerce parisien qui se joue : une partie de l’industrie refuse de sacrifier ses principes pour des retombées économiques, et le BHV, en persistant avec Shein, prend le pari risqué d’un modèle qui pourrait diviser durablement son image et sa clientèle.