Service volontaire, nouvelle donne

La France s’apprête à tourner une page de plus dans son histoire militaire. Paris veut réintroduire un service militaire volontaire, destiné aux jeunes de 18 ans, dans un contexte de tensions croissantes aux frontières de l’Europe et de guerre aux portes de l’Union. L’idée : proposer un engagement de dix mois, rémunéré, au sein des forces armées, avec l’objectif de renforcer les réserves et de retisser le lien entre armée et société.

Ce projet marque un tournant par rapport à la conscription obligatoire, suspendue en 1997. Il ne s’agit plus de forcer une génération entière à porter l’uniforme, mais d’attirer des volontaires motivés par une expérience intense, à la fois citoyenne, militaire et professionnelle. À la clé : une indemnisation mensuelle, des compétences reconnues dans le monde du travail, et potentiellement des équivalences académiques inspirées des modèles existant déjà dans certains pays européens.

Le signal est clair : la France se prépare à un environnement sécuritaire plus dur, où l’hypothèse d’un conflit majeur ne relève plus de la fiction. Les responsables militaires alertent depuis des mois sur le manque de préparation du pays, tant matérielle que mentale. Ce service volontaire vise à recréer une culture de défense partagée, sans aller jusqu’au retour du service obligatoire, largement rejeté par l’opinion.

Les critiques dénoncent toutefois un « gap year sous treillis » réservé à ceux qui peuvent se permettre de mettre leurs études ou leur carrière entre parenthèses. D’autres s’interrogent sur la capacité de l’armée à encadrer des milliers de jeunes supplémentaires dans de bonnes conditions. Reste que, dans une Europe qui réarme, cette nouvelle formule pourrait devenir un laboratoire observé de près par les voisins de la France.