ExxonMobil a annoncé jeudi la levée de la force majeure sur son gigantesque projet gazier en mer au Mozambique, Rovuma LNG, ouvrant la voie à une reprise progressive des travaux après plusieurs années de suspension à cause d’attaques jihadistes dans la province de Cabo Delgado.
Le groupe américain avait gelé ses opérations en 2021, après une série d’assauts revendiqués par des militants affiliés à l’organisation État islamique, qui avaient déjà entraîné l’arrêt du projet voisin de TotalEnergies. Depuis, une intervention régionale et un renforcement des forces mozambicaines ont permis un relatif retour au calme, suffisamment pour que la major pétrolière estime la situation sécuritaire “stabilisée”.
La levée de la force majeure ne signifie pas un redémarrage instantané des chantiers, mais elle constitue une étape clé vers une décision finale d’investissement, attendue l’an prochain. ExxonMobil vise désormais une première production de gaz naturel liquéfié autour de 2030. Le projet, évalué à près de 30 milliards de dollars, pourrait faire du Mozambique l’un des grands exportateurs mondiaux de GNL et attirer de nouvelles infrastructures énergétiques dans la région.
Sur place, les ONG redoutent cependant que la reprise se fasse sans garanties suffisantes pour les populations locales, déjà confrontées aux déplacements forcés, aux inégalités de redistribution et à la fragilité de l’environnement côtier. Pour Maputo, l’enjeu est crucial, entre promesse de recettes colossales et nécessité d’assurer une sécurité durable dans le nord du pays. Le retour d’ExxonMobil marque un tournant économique, mais aussi un test politique pour les autorités mozambicaines.
