Meta : l’empire sous sanctions, procès et soupçons

Depuis cinq ans, Meta avance comme un colosse aux pieds juridiques fissurés. La maison-mère de Facebook accumule les sanctions, les procédures et les enquêtes, symbole d’un pouvoir numérique devenu trop massif pour se cacher derrière le vernis de l’innovation. En Europe, l’offensive réglementaire a été frontale : amendes record pour abus de position dominante, condamnations pour exploitation indue des données personnelles, et mise en cause sous le Digital Services Act pour incapacité à maîtriser la circulation de contenus illégaux. L’entreprise a été contrainte de revoir son modèle « consentir ou payer », jugé comme une pression systémique sur les utilisateurs.

De l’autre côté de l’Atlantique, le feuilleton antitrust n’est pas terminé. La Federal Trade Commission poursuit sa croisade, accusant Meta d’avoir verrouillé le marché social en rachetant plutôt qu’en rivalisant. Instagram et WhatsApp restent les pièces centrales de cette construction hégémonique ; la justice américaine veut prouver qu’elles ont servi à étouffer la concurrence, non à la stimuler.

À cela s’ajoutent les actions privées, les plaintes d’États américains, les enquêtes sur la protection des mineurs et les soupçons croissants sur le rôle de la plateforme dans la propagation de contenus toxiques. Meta, autrefois enfant prodige de la Silicon Valley, se retrouve ainsi dans une posture paradoxale : poids lourd technologique, mais institution considérée comme un risque systémique.