Le Parlement européen vient d’adopter des réformes majeures qui allègent les obligations pour les entreprises en matière d’impact social et environnemental. Dans son nouveau texte, les députés réduisent le nombre d’entreprises soumises au reporting de durabilité et simplifient les exigences de diligence. Concrètement, seuls les groupes de plus de 1 000 employés et un chiffre d’affaires net annuel au-delà d’un certain seuil seront désormais concernés.
Cette réforme s’inscrit dans un agenda de “simplification” porté par l’UE, destinée à alléger la charge administrative jugée trop lourde par certaines entreprises, notamment les PME. Le mécanisme “stop-the-clock” adopté par le Conseil de l’UE reporte l’entrée en vigueur de certaines obligations, donnant ainsi plus de marge de manœuvre aux entreprises pour s’adapter.
Les partisans de ce vote soulignent que l’initiative renforce la compétitivité européenne, en diminuant les coûts liés à la conformité tout en conservant un cadre minimal de responsabilité. Pour eux, ces ajustements sont un signal clair : l’UE veut encourager les entreprises à croître sans les submerger sous des contraintes trop lourdes.
Mais les critiques ne manquent pas. Certains MEPs et acteurs engagés mettent en garde : en assouplissant les règles, l’UE pourrait affaiblir les ambitions climatiques et sociales à long terme. Ils craignent que ce vote n’ouvre la voie à des dérives, au détriment des victimes de violations des droits humains et de l’environnement.
Ce tournant législatif marque donc un dilemme majeur pour l’Europe : comment concilier compétitivité économique et responsabilité sociale ? Le débat désormais se joue pleinement entre pragmatisme et ambition.
