À l’Accor Arena, le Mayhem Ball de Lady Gaga ne se contente pas d’être un concert. Le 18 novembre 2025, c’est une pièce de théâtre géante qui s’empare de Bercy, découpée en actes, peuplée de personnages et de symboles, avec décors mouvants et costumes délirants. Après le succès de son album Mayhem et une tournée lancée à Las Vegas, Gaga transforme Paris en théâtre gothique où la pop devient opéra moderne.
Le show est construit comme une tragédie en plusieurs actes, dans la lignée de ce qui a été présenté à Las Vegas et sur les autres dates de la tournée. La scène reprend l’idée d’un vieux théâtre italien en ruine, colonisé par le chaos et les néons. Acte I, “Velvet and Vice”, installe la tension avec Bloody Mary, Abracadabra et un défilé de silhouettes corsetées. Acte II plonge dans le cauchemar gothique avec Paparazzi, LoveGame et Alejandro, entre vitraux brisés et escaliers mouvants.
Le cœur du show reste l’équilibre parfait entre les nouveaux morceaux et les bons morceaux des années. Die With a Smile et Abracadabra côtoient Bad Romance, Just Dance ou Paparazzi, dans une setlist pensée comme une ligne du temps émotionnelle, où chaque chanson raconte une étape de la métamorphose du personnage Gaga. Les fans retrouvent les refrains qui les ont fait grandir, mais enveloppés dans une imagerie plus sombre, presque shakespearienne.
Entre chaque acte, de longs interludes visuels et sonores prennent le relais. Danseurs en armures baroques, projections d’orage, voix off qui murmurent des fragments de texte : l’histoire d’une héroïne monstrueuse, brisée puis couronnée, se dessine peu à peu. Les changements de costumes sont vertigineux, passant d’une robe-crinoline de sept mètres à une armure miroir, puis à un simple tailleur noir pour un moment piano voix, presque intime, sur Shallow.
Le Mayhem Ball dure en moyenne autour de deux heures quinze, avec près de trente titres. À Paris, Gaga joue quatre soirs, les 17, 18, 20 et 22 novembre 2025, tous sold out depuis des mois, preuve de l’attente démesurée autour de ce retour en salle plus “intime”.
Note de la rédaction : 8/10 pour un show spectaculaire, théâtral et généreux, parfois un peu saturé, mais impossible à oublier.
