Face aux abus des fonds étrangers, l’État sort de sa torpeur

L’État français engage des poursuites contre le fonds britannique Greybull : il lui reproche de
n’avoir pas respecté les engagements pris lors de la reprise en 2024 de NovAsco, sidérurgiste
français. Greybull s’était engagé à injecter 90 millions d’euros dans le redressement industriel
du groupe, tandis que l’État apportait 75 millions d’euros de soutien sous forme de prêts et
subventions. Or, un an après la reprise, seuls 1,5 million d’euros ont véritablement été versés
par Greybull, et le groupe se trouve à nouveau en redressement judiciaire à Strasbourg,
menaçant plusieurs centaines d’emplois sur quatre sites industriels. Les pouvoirs publics
évoquent une « fraude au jugement » et envisagent une action judiciaire pour contraindre
Greybull à rendre compte de son engagement. De leur côté, les syndicats estiment que
l’opération s’apparente à une montée en capital opportuniste, sans véritable pilotage
industriel. Face à cette situation, l’État français vise non seulement la protection des emplois,
mais aussi la préservation d’un outil stratégique dans la sidérurgie bas-carbone. Greybull n’en
est pas à son premier dossier bancal. Avec sa reprise de British Steel, il avait déjà œuvré.
Souhaitons que le coup de menton du ministre de l’Industrie soit suivi d’effet.