Catégorie : Éco

  • Allemagne en pause : le moteur européen cale au troisième trimestre

    Allemagne en pause : le moteur européen cale au troisième trimestre

    L’économie allemande a stagné au troisième trimestre 2025, mettant fin à toute euphorie post-pandémique et posant un nouveau test pour la zone euro. Les exportations, pilier traditionnel de la croissance allemande, ont reculé face à une demande mondiale affaiblie et à des perturbations dans les chaînes logistiques, quand la consommation intérieure reste tiède malgré des mesures fiscales ciblées du gouvernement. Le marché de l’emploi n’affiche qu’une légère amélioration, insuffisante pour compenser la contraction industrielle. Les décideurs doivent désormais arbitrer entre soutien budgétaire pour relancer l’investissement et prudence afin de ne pas relancer l’inflation. Le ralentissement outre-Rhin alourdit les perspectives pour l’ensemble de la zone euro et renforce l’attention sur la trajectoire de la demande mondiale.

  • L’économie de la zone euro affiche des signaux de stabilisation mais la croissance reste faible

    L’économie de la zone euro affiche des signaux de stabilisation mais la croissance reste faible

    Selon les dernières données de European Central Bank (ECB), l’épargne nette des ménages dans la zone euro s’élève désormais à 861 milliards €, soit 7 % du revenu disponible net sur les quatre derniers trimestres.  Parallèlement, l’endettement des entreprises non-financières régresse à 66,3 % du PIB (contre 67,9 % un an plus tôt). Cette amélioration des ratios financiers masque toutefois une réalité plus mitigée : la croissance reste anémique (prévisions autour de 1 % pour 2025) et l’investissement ne décolle pas suffisamment.  Les entreprises interrogées par l’ECB se déclarent optimistes, mais leurs profits continuent de baisser, ce qui incite à la prudence. L’inflation sur le court terme est sous contrôle (autour de l’objectif 2 %), mais l’architecture économique européenne demeure fragile. La leçon pour les marchés est claire : sans rebond de la consommation et de l’investissement, la zone euro pourrait stagner durablement. Et pour les investisseurs, cela signifie que les rendements pourraient être limités malgré des valorisations qui restent élevées.

  • Retard stratégique de l’UE face aux États-Unis et à la Chine : le déclin par l’indécision

    Retard stratégique de l’UE face aux États-Unis et à la Chine : le déclin par l’indécision

    L’Union européenne observe avec une inquiétude croissante le rythme imposé par les États-Unis et la Chine dans les technologies clés, la défense ou les chaînes d’approvisionnement. Alors que ces puissances avancent massivement, l’UE hésite, marquée par des compromis et des retards. Par exemple, sur la 5G, l’IA ou encore la microélectronique, elle n’a pas encore trouvé sa cadence. Ce « déclin par l’indécision » ne signifie pas inéluctabilité : il indique qu’en l’absence d’un cap clair et d’un effort coordonné, le terrain stratégique se rétrécit. L’Europe doit passer de l’alerte à l’action, refonder ses priorités et accepter de jouer des coudes. Sans cela, elle risque de voir sa marge de manœuvre réduite, son rôle diminué, et son avenir économique et géopolitique relégué.

  • Épidémie bovine, fondations rurales fragiles : quand la crise gagne les prairies

    Épidémie bovine, fondations rurales fragiles : quand la crise gagne les prairies

    L’apparition de la Lumpy Skin Disease (maladie de la peau bosselée) parmi les troupeaux européens révèle des failles profondes : elles ne sont plus seulement agricoles mais structurelles. Bien que la France n’ait pas (ou pas encore) été frappée de plein fouet, le phénomène rappelle que la vulnérabilité sanitaire s’inscrit dans un contexte de fragilité rurale : élevages dépendants, réseaux logistiques tendus, services vétérinaires sous pression. La crise bovine devient symbole : quand les fondations rurales vacillent, l’économie nationale peut être ébranlée. Il faut y voir un avertissement : la souveraineté alimentaire et productive, si elle veut être réelle, suppose des défenses solides contre les chocs externes (« épizooties », géopolitique, climat). L’épidémie, au-delà de son impact immédiat, met en valeur la nécessité de renforcer les maillons faibles d’un pays qui veut rester producteur, pas uniquement consommateur.

  • Budget 2026 : la France en crise de gouvernabilité financière

    Budget 2026 : la France en crise de gouvernabilité financière

    Le projet de budget pour 2026 présenté par le gouvernement affiche l’objectif de ramener le déficit à 4,7 % du PIB, puis sous les 3 % d’ici 2029.  Mais derrière ces objectifs s’exprime une véritable crise de gouvernabilité : comment appliquer des économies et recettes nouvelles quand l’exécutif dépend de maigres soutiens parlementaires ? Le récent vote de confiance serré souligne l’instabilité.  De plus, les collectivités locales sont mises à contribution, à hauteur de 4,6 à 8 milliards d’euros, selon les estimations, fragilisant les maillons territoriaux de l’économie.  En l’absence d’un consensus politique solide, l’équation budgétaire se transforme en pari, et risque de se heurter à la réalité économique : croissance tiède, pression sociale, attentes fortes. La gouvernabilité financière de la France devient ainsi le vrai défi, au-delà des chiffres annoncés.

  • Quand la France se fait dégrader : la politique devient le talon d’Achille économique

    Quand la France se fait dégrader : la politique devient le talon d’Achille économique

    L’annonce récente par S&P Global Ratings de l’abaissement de la note souveraine de la France fait sensation : l’agence pointe non tant une détérioration brutale des comptes publics que l’instabilité politique persistante.  Dans un contexte où le gouvernement peine à dégager une majorité stable, chaque réforme en souffrance fragilise la crédibilité budgétaire : face à une dette qui dépasse 110 % du PIB, le message est clair : sans gouvernance claire, les marchés se détournent. Ainsi, la politique, d’ordinaire moteur de relance ou d’ajustement, se transforme en risque systémique.

    Pour les investisseurs, la question n’est plus seulement « quelle est la charge de la dette ? », mais « qui gouverne ? ». Le talon d’Achille économique français est donc situé non seulement dans les chiffres mais dans les institutions et les équilibres politiques. À l’aune de cette alerte de S&P, la France doit prouver qu’elle restaure cohérence et pilotage pour retrouver confiance et marge de manœuvre.

  • Venezuela : croissance spectaculaire, défis immenses

    Venezuela : croissance spectaculaire, défis immenses

    Le Venezuela affiche une croissance de 8,71 % au troisième trimestre 2025, portée par le pétrole (+16 %) et les activités non pétrolières.  Au premier trimestre, le PIB avait déjà bondi de 9,32 %, confirmant dix-huit trimestres de reprise consécutive.

    Pourtant, cette embellie masque des tensions profondes. Le bolivar s’effondre : une perte de plus de 70 % face au dollar cette année, accentuant l’écart entre le change officiel (203 bolivars) et le marché noir (au-delà de 280).  Le salaire minimum officiel équivaut à moins d’un dollar, même avec les primes tentant de porter un “revenu mensuel” à 160 $.

    Par ailleurs, l’économie vénézuélienne reste extrêmement dépendante du pétrole : peu de diversification, fragilité face aux sanctions américaines, fuite des capitaux, opacité institutionnelle.  Le gouvernement Maduro, réélu pour un troisième mandat contesté en janvier 2025, peine à restaurer la confiance des investisseurs tout en gérant une crise sociale aiguë.

    Le contraste est saisissant : croissance impressionnante sur le papier, mais vie quotidienne marquée par l’hyperinflation, la précarité et les désordres structurels. Le défi : rendre cette croissance viable, équitable, et moins dépendante d’une rente pétrolière fluctuant au gré des sanctions et des marchés mondiaux.

  • Le Prix Nobel d’Économie… qui n’en est pas un !

    Le Prix Nobel d’Économie… qui n’en est pas un !

    Contrairement à une idée répandue, le Prix Nobel d’économie n’est pas un Nobel au sens strict. Il n’a pas été créé par Alfred Nobel, mais par la Banque centrale de Suède (Sveriges Riksbank) en 1968, soit plus de 60 ans après la mort de l’inventeur. Son nom officiel est d’ailleurs : “Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel”.

    S’il est décerné par la même Académie royale des sciences de Suède que les Nobels de physique ou de chimie, il ne provient pas du fonds Nobel originel, financé par le testament d’Alfred Nobel lui-même.

    Cette distinction, souvent méconnue, explique pourquoi certains puristes refusent de le considérer comme un “vrai Nobel”. Pourtant, son prestige reste immense : les lauréats, comme Esther Duflo ou Paul Krugman, voient leur nom gravé aux côtés des plus grands chercheurs.

    En somme, un “faux Nobel” devenu plus vrai que nature.

  • Taxe Zucman : justice ou fuite en avant ?

    Taxe Zucman : justice ou fuite en avant ?

    La question de la taxation des très hauts patrimoines est à nouveau au cœur du débat politique en France en 2025, avec la proposition dite de “taxe Zucman”. Ce dispositif vise à instaurer un impôt plancher de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, touchant environ 1 800 foyers fiscaux.

    Les défenseurs estiment que cette taxe corrigerait une inégalité flagrante : les ultra-riches paient proportionnellement moins, grâce aux optimisations fiscales, holdings, etc. Cette taxe pourrait rapporter entre 15 et 25 milliards d’euros par an à l’État.

    Mais jusqu’où peut-on aller sans effets pervers ? Parmi les limites évoquées :

    • Exil fiscal : certains craignent que les ultra-fortunés déplacent leur résidence ou ajustent leur patrimoine pour échapper à cette taxe.
    • Valorisation des actifs non liquides : actions d’entreprise, biens professionnels, immeubles difficiles à liquider, ce qui pose un problème d’évaluation.
    • Motivation économique : si la taxation décourage l’investissement ou la création d’entreprise, cela pourrait avoir un effet négatif sur l’emploi ou la croissance.
    • Constitutionnalité : le Sénat a déjà rejeté la proposition en juin 2025, et les adversaires soulignent les risques juridiques.

    En fin de compte, taxer les riches plus fortement semble politiquement possible, mais dans des limites de seuils, de taux acceptables, et avec des garde-fous pour éviter les fuites. Le défi est de conjuguer justice fiscale, efficacité économique, et acceptabilité sociale.

  • Armes de l’innovation : les nouveaux fonds qui financent la défense

    Armes de l’innovation : les nouveaux fonds qui financent la défense

    En France, l’investissement stratégique s’élargit : Bpifrance lance un fonds “Défense” accessible aux particuliers à partir de 500 euros. 

    Ce véhicule permet d’investir, indirectement ou directement, dans les PME et ETI du secteur de la souveraineté et de la défense. 

    Ce fonds s’ajoute aux dispositifs existants comme le Fonds Innovation Défense, déjà en action via l’Agence de l’Innovation de la Défense, qui avait récemment participé à une levée de 57 millions d’euros pour financer des technologies de rupture. 

    Pour les épargnants, le rendement visé avoisinerait 4,5 %, mais avec risque : l’investissement est bloqué et non garanti. 

    Au-delà d’un simple placement, ce mouvement traduit une volonté d’impliquer les citoyens dans le financement de la souveraineté nationale, alors que les défis géopolitiques pressent l’Europe à renforcer sa base industrielle de défense.