Catégorie : Éco

  • Une relance fragile de la production mondiale

    Une relance fragile de la production mondiale

    Les dernières données recueillies montrent que la production manufacturière globale poursuit à peine sa progression alors que la confiance des entreprises décline. Le PMI global s’est établi à 50,8 en octobre, contre 50,7 en septembre, ce qui traduit une amélioration très modeste.  Pourtant cette amélioration cache des difficultés profondes : les carnets de commandes se vident, les effectifs stagnent et certains grands pays industriels comme la Turquie ou le Japon affichent des baisses notables. L’Asie notamment subit une chute des exportations et un recul de l’activité manufacturière, en Chine la production a reculé pour le septième mois consécutif et en Corée du Sud les nouvelles commandes ont diminué. 

    Dans ce contexte, la reprise attendue après les perturbations liées à la pandémie et aux chaînes d’approvisionnement peine à s’imposer. Les analystes avertissent que cette situation crée une vulnérabilité accrue aux chocs externes comme des relances fiscales, des tensions géopolitiques ou des hausses de taux d’intérêt. Le monde traverse une phase où la croissance peine à s’accompagner d’embauches et de dynamisme commercial durable. Les entreprises se replient sur l’optimisation et la réduction des coûts plutôt que sur l’expansion.

  • Le budget français une course d’endurance pour le premier ministre

    Le budget français une course d’endurance pour le premier ministre

    Le dossier budgétaire s’est transformé en véritable course d’endurance pour le Premier ministre chargé de présenter un texte crédible sans majorité stable. La phase d’écriture et de négociation a mis en lumière l’extrême fragmentation de l’Assemblée et la difficulté à rassembler des voix sur les recettes comme sur les dépenses. Les marges de manœuvre sont réduites face à des engagements antérieurs et à une opinion publique sensible aux coupes et aux reports. Plutôt que de recourir à des mesures procédurales, le gouvernement a choisi d’engager une série de dialogues et de concessions ciblées pour tenter de désamorcer les blocages. Sur le plan économique, l’enjeu est double car tout retard ou incident budgétaire pourrait influencer les marchés, faire monter les taux et renchérir le poids de la dette. Concilier stabilité financière et acceptabilité politique est aujourd’hui l’objectif principal pour assurer la continuité de l’action publique et éviter une crise plus large.

  • Marché global : l’économie mondiale s’essouffle, les vents contraires se multiplient

    Marché global : l’économie mondiale s’essouffle, les vents contraires se multiplient

    Selon une analyse publiée le 2 novembre, l’économie mondiale entre en novembre 2025 fragilisée : les vents géopolitiques, la fragmentation des politiques, et la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement s’additionnent.  Malgré des records boursiers, la santé réelle de l’économie est plus terne : la confiance des entreprises se tasse, les flux commerciaux stagnent, et les mesures publiques divergent.

    Le rapport met en exergue une transition structurelle : les anciennes règles de croissance rapide semblent révolues, remplacées par une phase plus fluide et incertaine. Les investisseurs, eux, se tournent vers des thématiques IA à long terme, transition énergétique, réindustrialisation, plutôt que vers les cycles classiques “boom & bust”. L’enjeu désormais est de naviguer dans ce nouvel état économique, où la flexibilité, l’innovation et l’adaptabilité seront des atouts majeurs.

  • Le Royaume-Uni sous perfusion budgétaire : croissance en berne, impôts en hausse

    Le Royaume-Uni sous perfusion budgétaire : croissance en berne, impôts en hausse

    Le cabinet de prévision économique EY Item Club anticipe une croissance britannique inférieure à 1 % pour l’année prochaine, dans un contexte marqué par de fortes hausses d’impôts et un recul de l’investissement des entreprises.  Les perspectives sont assombries par une stagnation durable de la productivité, une inflation qui reste élevée, et une dette publique déjà significative. Le gouvernement se retrouve ainsi face à un dilemme : stimuler la croissance ou équilibrer les finances publiques ? Les ménages devront absorber un alourdissement fiscal tandis que les entreprises sont confrontées à un environnement incertain. Ce scénario sans euphorie place la Grande-Bretagne dans une position délicate sur la scène européenne, avec un besoin urgent de relancer l’investissement privé, moderniser les infrastructures et réduire les obstacles à la croissance.

  • Banques : attention à la dette privée,  le marché se prépare à une onde de choc

    Banques : attention à la dette privée, le marché se prépare à une onde de choc

    Dans le secteur de la dette privée (private credit), les banques “préparent silencieusement” une possible crise : elles exigent désormais des conditions juridiques plus strictes pour les emprunteurs à risque, selon Fortune. 

    La dette privée, des prêts accordés en dehors du système bancaire traditionnel, a explosé ces dernières années, et certains dossiers posent question : opacité, collatéraux partagés, levier élevé. Les banques centrales et les régulateurs observent la situation de près. Alors que les conditions économiques se durcissent (taux d’intérêt, inflation, ralentissement potentiel), le risque d’une “fail risk” évoquée par la ­Bank of America en octobre réapparaît. 

    Pour les investisseurs en dette et les gestionnaires d’actifs, c’est le moment de réévaluer leur exposition : diversification, transparence, stress tests sont plus que jamais d’actualité. Le réveil pourrait être brutal si plusieurs dossiers d’entreprises “zombifiées” entraient en défaut à la fois.

  • Canada : nouvelle stratégie Indo-Pacifique, fin de la dépendance américaine ?

    Canada : nouvelle stratégie Indo-Pacifique, fin de la dépendance américaine ?

    Lors de son déplacement à Gyeongju (Corée du Sud) pour le sommet APEC Economic Leaders’ Meeting 2025, le ­Mark Carney-Premier ministre canadien a annoncé un virage géostratégique : le Canada entend doubler ses exportations hors États-Unis au cours de la prochaine décennie, et renforcer ses partenariats de défense et économique dans la région Indo-Pacifique. 

    Un accord de « sécurité et défense Canada-Corée » a été signé, portant sur la cyber-défense, l’espace et les menaces hybrides. Parallèlement, Ottawa a proposé d’accueillir le sommet APEC de 2029 et lancé des négociations commerciales avec la Thaïlande. Le message est limpide : le Canada veut s’affranchir de la seule dépendance vis-à-vis de son voisin du Sud.

    Mais cette stratégie ne va pas sans défis : le marché américain reste majoritaire pour les exportations canadiennes, et diversifier signifie aussi gérer des risques nouveaux, géopolitiques, logistiques, et environnementaux. De plus, la coordination avec les alliés traditionnels (OTAN, États-Unis) devient plus complexe.

    Pour les acteurs canadiens, c’est une période charnière : investissements infrastructurels, transition vers les “minerais critiques”, intelligence artificielle et marchés asiatiques sont désormais au centre du projet. Cela pourrait ouvrir de nouvelles opportunités, mais aussi exiger des ajustements profonds.

  • « London Consensus » monte en puissance : l’ère du néolibéralisme remis en cause

    « London Consensus » monte en puissance : l’ère du néolibéralisme remis en cause

    Un débat économique majeur s’est ouvert à Londres autour d’un nouveau concept baptisé “London Consensus”, présenté comme une alternative au modèle néolibéral classique en pleine crise de légitimité. Selon The Guardian, depuis la crise financière de 2008 et la montée des populismes, les principes du “Washington Consensus” sont de plus en plus contestés, et cette nouvelle école de pensée cherche à réconcilier croissance, équité et durabilité. 

    Dans cette vision, l’État reprend un rôle actif : régulation renforcée, taxation des entreprises technologiques, investissement public dans les infrastructures et la transition écologique. Le modèle “laisser-faire” est mis à mal par les inégalités croissantes, la puissance des plateformes numériques, et les effets du changement climatique. Le livre récemment publié et cité dans l’article propose ainsi un “écran de rechange” pour le libéralisme d’après-guerre.

    Ce mouvement trouve un écho en Europe et au Royaume-Uni, où les gouvernements cherchent à sortir du carcan strictement libéral. Toutefois, les États-Unis, sous la direction de Donald Trump, restent sceptiques et attachés à une approche “America First”. À terme, ce débat pourrait redéfinir la géographie économique mondiale : qui fera le “consensus” de demain ?

  • La Fed calme les espoirs de baisse de taux : le calme avant la tempête ?

    La Fed calme les espoirs de baisse de taux : le calme avant la tempête ?

    Le ­Federal Reserve (Fed) et la ­Bank of Canada ont toutes deux laissé entendre qu’une réduction des taux d’intérêt avant la fin de l’année est désormais peu probable. Selon un article de Bloomberg, après plusieurs séances sans modifications, les investisseurs ont dû revoir à la hausse leurs attentes : les rendements obligataires ont encore augmenté, signe que le marché anticipe un maintien des coûts d’emprunt. 

    Dans ce contexte, l’optimisme lié à une “atterrissage en douceur” de l’économie américaine paraît fragilisé : l’inflation reste fermement au-dessus de l’objectif, la croissance hésitante, et les banques centrales veulent éviter d’aggraver un retournement. Pour les entreprises et les ménages, le message est clair : pas de répit à prévoir, et les marges restent sous pression. Ce durcissement du ton pourrait peser sur les valorisations boursières, et on observe déjà une rotation vers des actifs plus défensifs. Le point de bascule pourrait venir des données sur l’emploi ou l’inflation : si celles-ci se détériorent, la Fed pourrait mentionner une pause prolongée.

    Finalement, ce revirement de communication oblige les investisseurs à ajuster leurs plans pour 2026, et souligne que la “fin des hausses” ne signifie pas systématiquement “début des baisses”.

  • Chine : l’usine du monde souffle mais ne repart pas

    Chine : l’usine du monde souffle mais ne repart pas

    La Chine marque le septième mois consécutif de contraction dans son secteur manufacturier : l’indice PMI officiel passe sous la barre des 50, à 49.  Ce signe d’affaiblissement industriel s’inscrit dans un contexte de demande intérieure faible, de surplus structurels et de tensions persistantes avec les États-Unis. Pourtant, le secteur des services affiche une légère amélioration, reflétant une transition économique vers la consommation et les technologies. Si cette mutation est positive à long terme, elle crée un vide à court terme dans l’emploi et la production. Les exportations diminuent, les stocks augmentent : un défi majeur pour l’économie chinoise et pour tous ceux qui dépendent de ses chaînes d’approvisionnement.

  • Croissance : fragile remontée ou simple respiration ?

    Croissance : fragile remontée ou simple respiration ?

    Le dernier rapport du International Monetary Fund (IMF) révèle une économie mondiale dans une phase d’ajustement : la croissance prévue pour 2025 atteint environ 3,2 %, une amélioration modeste mais toujours en dessous des attentes d’avant-crise.  L’indice global des responsables des ventes (SMI) s’établit à 51,5 pour octobre, traduisant une expansion timide.  Mais les risques sont multiples : tensions commerciales, endettement élevé, ralentissement en Chine… Le monde n’est pas en récession, mais l’enthousiasme économique reste tempéré. Les gouvernements doivent agir avec finesse : stimuler l’investissement, renforcer la productivité et éviter que la lenteur ne se transforme en stagnation.