Catégorie : Éco

  • PLFSS 2026, le Sénat en première ligne

    PLFSS 2026, le Sénat en première ligne

    Ce mardi 25 novembre 2025, le Sénat poursuit l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, texte hautement sensible dans un climat politique déjà électrique. Transmis au Palais du Luxembourg après l’échec de son examen complet à l’Assemblée nationale, le PLFSS cristallise les tensions entre maîtrise des dépenses et défense du modèle social.

    Depuis le 19 novembre, les sénateurs enchaînent les séances publiques pour décortiquer les articles, notamment sur l’hôpital, la médecine de ville, les retraites et le médicament. La commission des affaires sociales, sous l’égide de sa rapporteure générale Élisabeth Doineau, a déjà largement remanié le texte, en ciblant certains articles jugés trop brutaux pour les professionnels de santé. Ainsi, le Sénat a refusé d’accorder à l’Assurance maladie un pouvoir de baisse unilatérale des tarifs, un dispositif pensé pour lutter contre les rentes jugées excessives dans certains secteurs mais vécu comme une menace par les médecins et cliniques.

    En toile de fond, la question du déficit structurel de la sécurité sociale, aggravé par le vieillissement de la population et la progression des dépenses de santé. Le gouvernement plaide pour des économies ciblées et une meilleure régulation des prescriptions et des actes. La majorité sénatoriale, dominée par la droite et le centre, entend quant à elle défendre les territoires, les hôpitaux de proximité et les professionnels libéraux, tout en affichant sa rigueur budgétaire.

    Cette séquence parlementaire se déroule sur fond d’incertitude plus large autour du budget 2026, avec un exécutif qui appelle à ne pas transformer ce débat en répétition générale de la présidentielle de 2027. Pourtant, chaque amendement sur le PLFSS prend des allures de test politique, révélant les lignes de fracture entre partisans d’une protection sociale recentrée et défenseurs d’un État social robuste.

  • Belgique à l’arrêt

    Belgique à l’arrêt

    La Belgique vit un début de semaine sous haute tension sociale. Les principaux syndicats du pays ont lancé une grève nationale de trois jours, jusqu’à mercredi, pour protester contre les mesures d’austérité du gouvernement et la réforme des retraites qui prévoit de faire passer l’âge légal de départ à 67 ans. Les transports publics sont lourdement perturbés, de nombreux services publics tournent au ralenti et certaines entreprises privées fonctionnent au minimum.

    Au cœur de la colère syndicale : un plan budgétaire jugé injuste, qui demande selon eux un effort disproportionné aux travailleurs, aux chômeurs et aux retraités. Hausse progressive de l’âge de la retraite, durcissement des conditions d’accès aux allocations, flexibilisation du temps de travail… Autant de mesures perçues comme un démantèlement social plutôt qu’une modernisation.

    Le gouvernement défend, lui, la nécessité de « sauver le système » face au vieillissement de la population et aux contraintes européennes sur les déficits. Les économistes rappellent que la Belgique fait partie des pays les plus endettés de la zone euro, et que la facture des retraites ne cesse d’augmenter. Mais sur le terrain, la pédagogie budgétaire se heurte à la réalité du pouvoir d’achat : prix de l’énergie, logement, alimentation, tout grimpe plus vite que les salaires.

    Au-delà des chiffres, cette grève est un test politique. Si la mobilisation reste forte jusqu’à mercredi, les syndicats sortiront renforcés et pourront réclamer des concessions, voire un rééquilibrage complet du plan de réformes. Si elle s’essouffle, l’exécutif y verra au contraire un feu vert pour aller au bout de son agenda. Dans un pays habitué au compromis, l’affrontement actuel donne le ton d’un hiver social qui pourrait dépasser les frontières belges.

  • UK rail : un gel historique des tarifs pour soulager les usagers

    UK rail : un gel historique des tarifs pour soulager les usagers

    Le gouvernement britannique annonce un gel des tarifs ferroviaires en Angleterre, une première depuis 30 ans. La mesure, portée par la Chancelière de l’Échiquier Rachel Reeves et détaillée par le Trésor britannique, concerne les “regulated fares” : abonnements, billets en heure de pointe et hors pointe entre grandes villes.

    Ce gel des prix vise clairement le coût de la vie. En évitant une hausse indexée sur l’inflation, les autorités estiment que certains navetteurs pourraient économiser plus de 300 livres par an sur les trajets les plus chers. Politiquement, la mesure arrive dans un contexte de tensions budgétaires et de promesses électorales sur le pouvoir d’achat. Le gouvernement prépare parallèlement un budget marqué par des hausses d’impôts ciblées, mais cherche avec ce gel symbolique à montrer qu’il “remet de l’argent dans la poche des gens”.

    Ce choix intervient après des années de fortes augmentations des tarifs, souvent supérieures à l’inflation, qui ont alimenté la colère des usagers et des syndicats. Les associations de voyageurs saluent une décision “attendue depuis longtemps”, tout en rappelant que la question de la qualité du service, des retards et des annulations reste entière.

    Sur le plan macroéconomique, le gel des tarifs s’inscrit dans une stratégie plus large de maîtrise de l’inflation et de soutien à la consommation dans les centres urbains. Des trajets plus abordables peuvent encourager les déplacements domicile-travail, les sorties et les dépenses dans les commerces locaux. Reste une inconnue majeure : le financement. Sans hausse de revenus tarifaires, l’État devra arbitrer entre subventions supplémentaires au réseau, économies ailleurs dans le budget ou investissements reportés.

    Ce gel se présente donc comme un geste fort en faveur des passagers, mais aussi comme un test de crédibilité pour un gouvernement qui promet à la fois rigueur budgétaire et soutien au pouvoir d’achat.

    En France, c’est l’inverse : les tarifs augmentent sans cesse, le train devient un luxe.

  • L’Assemblée rejette massivement le budget

    L’Assemblée rejette massivement le budget

    Le projet de loi de finances 2026 a subi une humiliation historique à l’Assemblée nationale. Dans la nuit de vendredi à samedi, la première partie du budget, portant sur les recettes, a été rejetée par 404 voix contre… 1 seule pour, le reste des députés préférant l’abstention.  Du jamais-vu sous la Ve République, qui illustre à la fois la fragmentation politique extrême et le rejet transversal de la trajectoire budgétaire proposée par l’exécutif.

    Le texte est désormais transmis au Sénat, qui doit s’en saisir en urgence. Mais ce vote écrasant fragilise le calendrier et fait peser un doute réel sur l’adoption d’un budget complet avant la fin de l’année.  En toile de fond, les critiques portent autant sur le niveau du déficit que sur la répartition de l’effort : opposition de gauche et de droite dénoncent tour à tour une politique d’austérité déguisée ou une absence de cap crédible pour redresser les comptes.

    Ce rejet intervient alors que les institutions européennes et les agences de notation mettent déjà la pression sur la France, qui affiche un déficit supérieur à 5 % du PIB et une dette élevée.    L’épisode complique la stratégie gouvernementale consistant à promettre un redressement progressif sans casser la croissance.

    Politiquement, la scène envoie un signal lourd : une Assemblée fragmentée peut, ponctuellement, se coaliser contre l’exécutif. À court terme, le gouvernement doit éviter le scénario d’un blocage institutionnel prolongé, tout en rassurant marchés et partenaires européens sur sa capacité à “tenir la barre”.

    À moyen terme, cet échec budgétaire ravive la question d’une recomposition politique ou d’un recours accru au Sénat pour réécrire, amender, voire sauver un budget 2026 déjà perçu comme mort-né à l’Assemblée.

  • Colis à 2 € : l’arme anti-dumping française

    Colis à 2 € : l’arme anti-dumping française

    La bataille économique entre la France et les géants chinois du e-commerce entre dans une nouvelle phase avec la proposition d’une taxe forfaitaire de 2 € par colis sur les petits envois venant de pays hors Union européenne. Présentée début novembre 2025, la mesure vise directement des plateformes comme Shein ou Temu, qui inondent le marché français de produits à très bas prix expédiés depuis l’Asie.

    L’objectif affiché par le gouvernement repose sur trois piliers : rétablir une forme d’équité fiscale avec les commerçants et enseignes installés en France, limiter le “fast fashion” ultra bon marché au coût social et environnemental très élevé, et sécuriser des recettes supplémentaires dans un contexte de tensions budgétaires. En pratique, chaque article importé de l’extérieur de l’UE serait frappé d’un prélèvement de 2 €, quel que soit son prix, rompant avec la franchise de TVA longtemps accordée aux petits colis.

    Les acteurs du commerce physique, déjà touchés par la baisse de fréquentation des centres-villes, saluent une avancée qu’ils jugent tardive. Les produits à quelques euros expédiés directement depuis des entrepôts chinois échappaient jusqu’ici à une grande partie des charges supportées par les détaillants français : loyers, salaires, cotisations, fiscalité locale. Les fédérations du secteur voient dans cette taxe un premier pas vers une concurrence moins déséquilibrée.

    La proposition ne fait cependant pas l’unanimité. Les défenseurs du pouvoir d’achat dénoncent une mesure qui frappera d’abord les consommateurs les plus modestes, très présents parmi les clients de Shein et des plateformes similaires. Des experts du commerce international s’interrogent aussi sur la compatibilité du dispositif avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce et redoutent d’éventuelles représailles commerciales.

  • A Johannesburg, un G20 orienté au sud

    A Johannesburg, un G20 orienté au sud

    Le G20 qui s’est tenu hier à Johannesburg, en Afrique du Sud, marque un tournant politique majeur. Pour la première fois, le sommet des vingt plus grandes économies se déroule sur le continent africain, les 22 et 23 novembre 2025, sous le thème officiel « Solidarity, Equality, Sustainability ».

    L’Afrique du Sud, qui assure la présidence du G20 depuis le 1ᵉʳ décembre 2024, a voulu faire de ce rendez-vous une vitrine des priorités du Sud global : lutte contre la dette, justice climatique, réforme de la gouvernance mondiale. Les dirigeants présents ont adopté une déclaration en 122 points mettant l’accent sur la sécurité alimentaire, le soulagement de la dette pour les pays les plus pauvres, le financement de la transition énergétique et une meilleure représentation des pays en développement dans les institutions comme le FMI et la Banque mondiale.

    Le sommet est cependant marqué par une absence spectaculaire : les États-Unis boycottent totalement l’événement sous la présidence de Donald Trump. Aucun représentant de haut niveau américain ne participe aux sessions, ce qui perturbe même la traditionnelle cérémonie de passation de la présidence du G20 à Washington pour 2026. L’Argentine de Javier Milei se tient à l’écart de la déclaration finale, sans toutefois la bloquer, tandis que d’autres grandes puissances, dont la Chine, ne sont pas représentées par leur chef d’État, mais par des ministres ou des vice-présidents.

    Malgré ces tensions, le président sud-africain Cyril Ramaphosa présente le sommet comme une victoire du multilatéralisme et de la voix africaine dans la gouvernance mondiale. Le texte final insiste sur un renforcement du soutien financier aux pays vulnérables face au climat, sur des mécanismes de restructuration de la dette et sur le développement de chaînes de valeur industrielles en Afrique, notamment dans les minerais critiques.

    Ce G20 de Johannesburg laisse une image contrastée : démonstration de force diplomatique du Sud global, mais aussi signal inquiétant sur la fragmentation du système international, avec un forum théoriquement central… privé de l’une de ses principales puissances.

  • Décathlon quitte Saint-Denis après 25 ans de déficit

    Décathlon quitte Saint-Denis après 25 ans de déficit

    Décathlon annonce la fermeture de son magasin du Stade de France à Saint-Denis, ouvert en 1998. Après un quart de siècle de déficit, le site doit cesser son activité fin juin 2026.

    Malgré son emplacement stratégique à côté du Stade de France et sa notoriété, le magasin n’a jamais réussi à atteindre la rentabilité attendue. Cette fermeture marque la fin d’une longue histoire pour les sportifs et les habitants de Saint-Denis, qui ont fait de ce magasin un passage incontournable pour leurs équipements.

    Pour Décathlon, cette décision s’inscrit dans une stratégie de recentrage sur des magasins plus performants et des formats adaptés aux nouvelles habitudes de consommation, avec un développement important du digital. Les salariés concernés bénéficieront d’un accompagnement pour faciliter leur transition professionnelle.

    Pour la ville et ses clients fidèles, la fermeture du magasin symbolise un chapitre qui se termine, rappelant les difficultés du commerce physique face à l’évolution rapide des habitudes d’achat.

    Le magasin restera ouvert jusqu’à la fin du mois de juin 2026, offrant aux clients l’occasion de profiter une dernière fois de ses offres et services.

  • Mozambique : ExxonMobil relance son projet en mer

    Mozambique : ExxonMobil relance son projet en mer

    ExxonMobil a annoncé jeudi la levée de la force majeure sur son gigantesque projet gazier en mer au Mozambique, Rovuma LNG, ouvrant la voie à une reprise progressive des travaux après plusieurs années de suspension à cause d’attaques jihadistes dans la province de Cabo Delgado.

    Le groupe américain avait gelé ses opérations en 2021, après une série d’assauts revendiqués par des militants affiliés à l’organisation État islamique, qui avaient déjà entraîné l’arrêt du projet voisin de TotalEnergies. Depuis, une intervention régionale et un renforcement des forces mozambicaines ont permis un relatif retour au calme, suffisamment pour que la major pétrolière estime la situation sécuritaire “stabilisée”.

    La levée de la force majeure ne signifie pas un redémarrage instantané des chantiers, mais elle constitue une étape clé vers une décision finale d’investissement, attendue l’an prochain. ExxonMobil vise désormais une première production de gaz naturel liquéfié autour de 2030. Le projet, évalué à près de 30 milliards de dollars, pourrait faire du Mozambique l’un des grands exportateurs mondiaux de GNL et attirer de nouvelles infrastructures énergétiques dans la région.

    Sur place, les ONG redoutent cependant que la reprise se fasse sans garanties suffisantes pour les populations locales, déjà confrontées aux déplacements forcés, aux inégalités de redistribution et à la fragilité de l’environnement côtier. Pour Maputo, l’enjeu est crucial, entre promesse de recettes colossales et nécessité d’assurer une sécurité durable dans le nord du pays. Le retour d’ExxonMobil marque un tournant économique, mais aussi un test politique pour les autorités mozambicaines.

  • Bond Street ou quand le mètre carré devient un produit de luxe

    Bond Street ou quand le mètre carré devient un produit de luxe

    20 000 euros le mètre carré par an. C’est le tarif désormais atteint sur New Bond Street à Londres, devenue la rue commerçante la plus chère du monde, selon une étude de Cushman & Wakefield.   Les loyers y grimpent à 2 231 dollars par “square foot” et par an, soit un record mondial. Autrement dit, chaque vitrine est un actif financier plus qu’un espace de vente.

    Comme le rappelle L’Envers du Globe, cette inflation immobilière place la rue londonienne devant des géants historiques comme la 5ᵉ Avenue à New York ou la Via Monte Napoleone à Milan. Les Champs-Élysées restent l’artère parisienne la plus convoitée, mais à environ 12 000 euros le mètre carré, ils paraîtraient presque « abordables » en comparaison.

    Ce classement révèle une chose : les grandes artères commerciales ne sont plus seulement des lieux de shopping, mais des vitrines mondialisées pour les marques de luxe. Louer quelques dizaines de mètres carrés sur Bond Street, c’est surtout acheter du prestige, de la visibilité et une place dans l’imaginaire global du luxe.

    En parallèle, ces niveaux de loyers actent l’exclusion quasi totale des commerces indépendants. À ce prix, seuls les groupes internationaux peuvent suivre, contribuant à l’uniformisation des centres-villes : mêmes enseignes, mêmes façades, mêmes expériences aseptisées.

    Si Bond Street devient le symbole de cette surenchère, la tendance est globale. Les grandes métropoles transforment leurs rues les plus emblématiques en actifs financiers, décorrélés de l’économie réelle et du pouvoir d’achat des habitants. Le commerce de proximité, lui, est relégué dans les rues secondaires, loin des flux et des touristes, mais aussi loin des rendements à deux chiffres qui excitent les investisseurs.

    Luxe pour les uns, vitrine inaccessible pour les autres : le mètre carré n’a jamais été aussi stratégique.

  • Křetínský investit chez TotalEnergies et Casino : les milliardaires se muent en fonds souverains

    Křetínský investit chez TotalEnergies et Casino : les milliardaires se muent en fonds souverains

    Le milliardaire tchèque Daniel Křetínský entre au capital de TotalEnergies et de Casino, illustrant une tendance croissante : les grandes fortunes se comportent désormais comme des fonds souverains. Selon Le Figaro, Křetínský vise à sécuriser des positions stratégiques dans des acteurs majeurs de l’énergie et de la grande distribution, pour exercer un contrôle à long terme. Cette stratégie s’apparente à celle des véhicules d’investissement publics : injection de capitaux, influence décisionnelle, orientation stratégique.
    Chez TotalEnergies, l’entrée de Křetínský pourrait relancer un repositionnement autour des énergies renouvelables et du gaz, tandis que chez Casino, elle nourrit les spéculations sur une nouvelle ère de private-equity “vert”. Pour les marchés, cette évolution pose question : cette “privatisation des géants stratégiques” annonce-t-elle un changement de paradigme dans les mécanismes d’investissement à grande échelle ?