Catégorie : Culture

  • GP Abu Dhabi : Norris sacré

    GP Abu Dhabi : Norris sacré

    Le Grand Prix d’Abu Dhabi 2025 a livré un dénouement spectaculaire pour le championnat de Formule 1. Le 2025 Abu Dhabi Grand Prix s’est achevé le 7 décembre sur la victoire de Max Verstappen (Red Bull), mais c’est Lando Norris (McLaren) qui a enfin conquis le titre mondial. En terminant troisième de la course, Norris a doublé Verstappen au classement final avec 423 points contre 421, mettant fin à plusieurs saisons de domination du Néerlandais.

    Derrière Verstappen, c’est Oscar Piastri, coéquipier de Norris, qui a pris la deuxième place du podium, confirmant la belle saison de McLaren. La course elle-même s’est déroulée sans incidents majeurs : les 58 tours du circuit de Yas-Marina ont vu les 20 pilotes rallier l’arrivée, sans drapeau jaune ni safety car.

    Ce week-end a également braqué les projecteurs sur Sami “Sack” Hadjar, jeune pilote français considéré comme la future sensation du paddock. Présent sur place en tant que réserve et déjà courtisé par deux écuries pour 2026 après une saison impressionnante en F2, Hadjar incarne la relève. Sa progression fulgurante nourrit l’idée qu’un nouveau talent tricolore pourrait bientôt bousculer l’ordre établi, peut-être dès sa première saison en F1.

    Ce dénouement marque un tournant : Norris devient le premier Britannique sacré champion du monde depuis 2020 et offre à McLaren un nouveau triomphe historique. L’équilibre entre vitesse, régularité et sang-froid sous pression a payé : même si Max Verstappen a remporté la course, la constance de Norris sur la saison lui a offert le sacre.

    Un Grand Prix qui restera dans les mémoires non pour un exploit spectaculaire en piste, mais pour un scénario final riche en suspense, avec un champion couronné grâce à la maîtrise et à l’endurance, tandis que la nouvelle génération, incarnée par Hadjar, frappe déjà à la porte.

  • Voyage gustatif en Grèce chez Gaia Monaco

    Voyage gustatif en Grèce chez Gaia Monaco

    Ouverte depuis plusieurs années, cette table grecque moderne propose une cuisine authentique remise au goût du jour.

    Installée dans la galerie Charles III, à deux pas de la Place du Casino, Gaia mise sur une décoration élégante aux teintes claires. La terrasse couverte est agréable et la salle intérieure plus intimiste. Un immense comptoir prend place au centre du restaurant, proposant les plus beaux produits de la mer. Des poissons de la pêche du jour, du poulpe ainsi que les plus nobles des crustacés sont exposés.

    Situé en plein coeur de Monaco, cette table hellénique assure un service de qualité, avec un personnel prévenant et à l’écoute des attentes du client. Assiette de bienvenue composé d’olives, de différents pains et de légumes du soleil marinés à l’huile d’olive est mise à disposition à l’arrivée.

    Le menu conçu par les experts culinaires Izu Ani et le Chef Orestis revendique une fusion entre une cuisine grecque familiale et un esprit gastronomique et contemporain. Chaque plat est un hommage à la cuisine égéenne. C’est un véritable voyage gustatif où se mêlent produits venant directement de Grèce et ingrédients sourcés d’une extrême fraîcheur.

    Bien que le menu soit varié, la carte fait la part belle aux produits de la mer avec une une belle sélection de crudos. Parmi les plats emblématiques figurent la daurade entière servie avec ses différents condiments (42 euros), le carpaccio de thon fumé au foin, vinaigrette truffe noire (35 euros).

    On retrouve également les incontournables de la cuisine hellénique comme la salade grecque servie avec une excellente fêta vieillie en fût (19 euros), un caviar d’aubergine (14 euros) ou un tzatziki gourmand servi avec un pain pita sortant du four.

    Le fish market est un incontournable. La sélection de poissons et fruits de mer est impressionnante. Le client choisi sa technique de cuisson préférée; en croûte de sel, à l’harissa ou cuit à la speciota.
    Les amateurs de produits carnés se délecteront avec le cabri braisé (500g 98 euros). Coup de cœur pour les linguine au homard sauce tomate cerises, fenouil, olives de kalamata (78 euros).

    Pour finir sur une note sucrée, testez la glace au yaourt grec accompagnée de miel noix et beignets grecs (38 euros).

    Gaia est une table incontournable à Monaco réservée à une clientèle exclusive étant donné les tarifs élevés. À réserver pour une occasion particulière car la cuisine et les saveurs valent le déplacement.

    Note de la rédaction 8/10
    15 Galerie Charles III, 98000, Monaco
    On retrouve aussi Gaia à Londres, Dubai, Doha…
    Crédit photos : ABH
  • Un nouveau bar des Prés signé Lignac

    Un nouveau bar des Prés signé Lignac

    On n’arrête plus Cyril Lignac. En plusieurs années, ce Chef ultra médiatisé est devenu un incontournable de la scène gastronomique. Des pâtisseries, des chocolateries, des pop up et des restaurants.

    Son restaurant signature japonais, le Bar des Prés, déjà présent à Londres, et rive gauche à Paris a pris ses quartiers près de l’Avenue Montaigne depuis un an déjà. On retrouve un restaurant à l’Esprit lounge avec lumière tamisée, des banquettes imprimées plumes de paon et une belle moquette. La décoration a été confiée au Studio Ko, avec lequel Cyril Lignac travaille depuis ses débuts.

    Ce lieu raffiné attire une clientèle cosmopolite d’hommes d’Affaires, de journalistes, de personnalités de la mode ainsi que des adeptes d’une cuisine fusion japonaise de qualité.
    Le Bar des Prés Montaigne est une adresse intimiste de 36 couverts où Cyril Lignac revendique une gastronomie alliant technique française et influence et savoir-faire japonais.
    Comme à son habitude, la carte est courte pour ne proposer que le meilleur.

    Cuisine de partage par excellence, le menu est élaboré pour pouvoir tester différents plats pointus et classiques twistant entre Japon et France, comme les Saint Jacques mi cuites, yuzu passion noisettes (22euros) ou l’incontournable galette craquante, tourteau au curry Madras avocat (30 euros). Le yuzu et le piment rocoto apporte du pep’s au carpaccio de dorade, et le mélange saumon et thon spicy en guise de tartare est intéressant avec une touche croquante apporté par le crispy sushi.

    La proposition classique de makis et de sashimis est également excellente, digne des bars à sushis traditionnels. Poisson ultra frais, bonne proportion entre le riz et le poisson cru, une température parfaite des ingrédients pour ne pas dénaturer les saveurs, tout ça réalisé avec des produits haut de gamme.
    Il faut préciser néanmoins que le client paye le nom et la qualité, ce qui en fait une adresse aux tarifs assez conséquents. Une belle adresse à découvrir au cœur du Triangle d’Or pour un déjeuner détente sur le magnifique comptoir en marbre ou pour un dîner assis à l’ambiance chic et cosy.

    Ne pas oublier de tester un des cocktails créations d’inspirations du monde entier comme le Paloma Poppy, mélange fumé et amer composé de Mezcal, pamplemousse, sirop d’agave infusé au thym, aperol citron et sel noir (16 euros)

    Note de la rédaction 8/10 pour l’ambiance le service et la qualité de la cuisine.

    21 rue Bayard, 75008 Paris
    Crédit photos : ABH
  • Vie privée ou l’illusion du vide

    Vie privée ou l’illusion du vide

    Vie Privée s’ouvre sur une promesse forte : celle d’un thriller psychologique centré sur une figure fascinante, le docteur Lilian Steiner, psychiatre froide et brillante, interprétée par une Jodie Foster impériale. Dès les premières minutes, le film installe un climat troublant : ses patients doutent d’elle, se détachent, certains sombrent. L’un d’eux meurt dans des circonstances ambiguës. Le point de départ est captivant, presque vertigineux. Tout semble annoncer une enquête sombre, une plongée dans un labyrinthe mental inquiétant.

    Très vite, cependant, le film dévie de cette trajectoire. L’intrigue s’éloigne progressivement de la mort de la patiente pour se recentrer sur les relations personnelles, professionnelles et affectives de Lilian. L’attente d’un film policier laisse place à un objet nettement plus flou, oscillant entre drame psychologique, dialogues très français et situations parfois presque absurdes. L’ensemble devient un mélange étrange, dont le spectateur ressort souvent las. Certaines scènes loufoques parviennent à faire sourire, mais le reste se dilue dans des intrigues abracadabrantesques, parfois gratuites.

    Le point fort incontestable du film demeure Jodie Foster. Dans le rôle du docteur Steiner, l’actrice livre une performance d’une précision remarquable. Son français est impeccable, sa diction impressionnante, et son jeu d’une froideur parfaitement maîtrisée. Doublement oscarisée, elle n’avait plus rien à prouver, et pourtant, elle prouve encore. Grâce à elle, plusieurs moments gagnent en intensité intellectuelle, et certains passages sont portés par un humour discret mais efficace.

    Le film démarre donc solidement, servi par des acteurs convaincants. Mais après une première partie intrigante, la seconde s’étire et se dilue. Le ton se fait plus léger, sans jamais atteindre la vraie satire ni la farce assumée. Le thriller, pourtant promis au départ, s’efface peu à peu.

    La conclusion arrive enfin. À ce stade, l’intérêt se partage entre la curiosité de découvrir le dénouement et l’impatience de voir le film se terminer. L’intrigue se referme alors de manière plutôt fade. Là où un choc final ou une révélation marquante semblaient possibles, le résultat reste étonnamment plat. Aucun vertige, aucune véritable surprise : simplement la sensation que tout le dispositif patiemment construit mène à un aboutissement trop faible pour justifier le trajet.

    Une fin qui laisse un goût d’inachevé, et surtout une profonde frustration.

    En résumé, Vie Privée est un film à l’idée de départ séduisante, porté par une immense actrice, mais qui se perd en route. Dommage.

    Sortie en salles en France : 26 novembre 2025

    Réalisation : Rebecca Zlotowski

    Durée : 107 minutes

    Note de la rédaction : 2/5

  • Brunch asiatique chez Monsieur Nakamoto à Cannes

    Brunch asiatique chez Monsieur Nakamoto à Cannes

    L’hôtel Mondrian à Cannes propose un brunch nippon méditerranéen au restaurant Monsieur Nakamoto tous les dimanches à partir de 12 heures.

    L’accueil se fait sur la terrasse ombragée et verdoyante face à la Croisette ou dans une salle à l’esprit contemporain les jours de mauvais temps. La formule brunch est à 78 euros avec cocktail de bienvenue, buffet à volonté avec jus, boissons chaudes et froides à discrétion. Il s’agit d’un des brunchs les moins chers de Cannes avec une belle variété dans le choix des mets. Le buffet mixe des classiques de la cuisine japonaise ainsi que différents plats aux saveurs méditerranéennes, avec des stands originaux comme le bar à soupe miso à composer soi même avec différents condiments. Il y a également l’incontournable bar à œufs en show cooking avec un choix de différents pains(brioché, céréales, pain de mie japonais) pour composer des œufs benedicte, florentins ou en cocotte.

    On retrouve également une belle variété de salades et de crudités, certaines avec une touche asiatique comme la salade de soba au soja, le potiron rôti au roquefort, un ceviche de dorade ou une mozzarella sur une fricassée de champignons. Il y a un petit plateau de charcuteries et fromages ainsi qu’un assortiment de sushis et sashimis saumon ultra frais et bien réalisés. La proposition de plats chauds est assez pauvre et n’est pas très bien présentée. On retrouve quelques brochettes de volaille yakitori, des baos de poisson, des gyosas et des mini pitas au bœuf.
    À côté d’un assortiment de viennoiseries et de pains individuels, on retrouve un bar à yaourts avec plusieurs toppings à incorporer. Le côté sucré et pâtisserie n’est pas ce qu’il y a de meilleur mais on retrouve quand même un choix de gâteaux qui plairont aux enfants comme la tarte poire chocolat, des cookies, madeleines ainsi qu’un tiramisu.

    Un guitariste est présent durant tout le brunch pour mettre une ambiance chaleureuse et festive.
    Un brunch convivial, sans prétention à tester en famille surtout pour les adeptes de saveurs asiatiques.

    Note de la rédaction : 6+/10
    45 Boulevard de la Croisette, 06400, Cannes
    Crédit photos : ABH
  • Ce que le palmarès Spotify 2025 révèle de la musique

    Ce que le palmarès Spotify 2025 révèle de la musique

    Chaque année, Spotify Wrapped donne l’illusion d’un simple jeu de chiffres. Mais derrière les milliards d’écoutes s’écrit le véritable récit de l’industrie musicale contemporaine. En 2025, voir Bad Bunny reprendre la première place mondiale devant Taylor Swift, pendant que “Die With A Smile” de Lady Gaga et Bruno Mars devient le titre le plus streamé et que l’album le plus écouté est lui aussi signé d’une star latino, raconte bien plus qu’un succès commercial : c’est le reflet d’un équilibre en mutation, sans pour autant bouleverser totalement l’ordre établi.

    Car si l’international gagne en visibilité, le cœur du streaming mondial reste profondément américain. Taylor Swift, The Weeknd, Drake, Billie Eilish, Kendrick Lamar, Bruno Mars, Ariana Grande, Rihanna ou Lana Del Rey occupent l’essentiel du top 25 global. Les États-Unis continuent d’imposer leurs figures, leurs narrations, leurs modèles de carrière et leurs machines industrielles. Le streaming n’a pas supprimé cette domination : il l’a plutôt rendue plus diffuse et plus permanente.

    Ce classement illustre surtout la nouvelle nature de la longévité dans la musique. À l’ère du streaming, la réussite ne repose plus uniquement sur un tube, mais sur la capacité à transformer une discographie entière en outil de fidélisation. Taylor Swift incarne parfaitement ce modèle. Elle reste l’artiste féminine la plus écoutée au monde non grâce à un succès isolé, mais par une relation durable et presque institutionnelle avec son public. Drake, The Weeknd ou Rihanna fonctionnent selon la même logique : leurs catalogues sont devenus des espaces d’écoutes permanents.

    La place des femmes dans ce classement 2025 est à la fois emblématique et paradoxale. Taylor Swift, Billie Eilish, Ariana Grande, Lady Gaga, SZA, Sabrina Carpenter, Tate McRae y figurent avec force. Surtout, ce sont aujourd’hui les artistes féminines qui dominent l’impact culturel des albums, des tournées mondiales, des performances scéniques et de la mise en scène de la pop à l’échelle planétaire. Leurs projets sont événementiels, leurs shows redéfinissent les standards, leurs esthétiques façonnent la pop culture. Et pourtant, en volume brut de streams, le masculin reste majoritaire. Les femmes marquent l’industrie en profondeur, mais les chiffres continuent d’avantager structurellement les hommes.

    L’autre transformation majeure est géographique. Le succès de Bad Bunny, Rauw Alejandro, Peso Pluma, Fuerza Regida, Arijit Singh ou Pritam confirme que la mondialisation musicale ne se limite plus à l’export de l’anglais. Ces artistes sont d’abord portés par des bases culturelles solides, notamment les publics latino-américains ou sud-asiatiques, avant de toucher un public plus large. Le streaming permet désormais à des scènes locales de devenir visibles à l’échelle globale sans perdre leur ancrage culturel. L’international progresse donc réellement, mais sans effacer l’axe américain autour duquel il continue de graviter.

    Le marché américain, de son côté, apparaît de plus en plus autocentré. Le classement US 2025 est dominé par Taylor Swift, Drake, Morgan Wallen, Kendrick Lamar et Zach Bryan. L’Amérique consomme avant tout ses propres récits, pendant que le reste du monde diversifie progressivement ses références.

    Derrière ces dynamiques se cache une industrie profondément remodelée par l’algorithme. Le streaming a ouvert l’accès, mais il a aussi standardisé les trajectoires. Les artistes sont désormais en concurrence non seulement sur leur créativité, mais sur leur capacité à rester visibles dans les flux, à produire régulièrement, à nourrir la machine. L’album devient parfois un format stratégique plus qu’une œuvre pensée sur le temps long. Le succès devient mesurable, comparatif, chiffré.

    Le classement Spotify 2025 n’est donc pas qu’un palmarès. Il dessine les lignes de force d’une industrie plus ouverte, certes, mais toujours fortement hiérarchisée. Un monde où quelques superstars, encore majoritairement américaines, concentrent la majorité de l’attention, tandis que la diversité progresse, sans encore redistribuer totalement le pouvoir.

    Ce que ce Wrapped révèle, au fond, ce n’est pas seulement ce que nous écoutons. C’est le système qui organise, hiérarchise et conditionne désormais notre manière d’écouter le monde.

  • Five Nights at Freddy’s 2, quand le jeu devient un vrai film d’horreur

    Five Nights at Freddy’s 2, quand le jeu devient un vrai film d’horreur

    Le nouveau film Five Nights at Freddy’s 2 tient ses promesses : mélange dense d’horreur, de tension psychologique et de fidélité au jeu qui a rendu la saga culte.

    Dans ce deuxième opus, l’univers du jeu, celui de la pizzeria hantée et des animatroniques meurtriers, est exploité avec soin. Les animatroniques ont gagné en variété et en étrangeté : leurs apparitions, variées et visuellement impressionnantes, sont des mélanges de cauchemars et d’esthétique soignée. Les jumpscares sont efficaces, bien dosés, et parviennent à réellement surprendre, un net progrès par rapport au premier film.  Le film ne se contente pas d’exploiter la peur gratuite, il travaille aussi son écriture et la psychologie de ses personnages. On sent que l’équipe a écouté les critiques du premier volet : l’écriture est plus soignée, les personnages plus nuancés, et l’émotion, de la culpabilité, de la peur, du traumatisme, pèse sur l’intrigue sans jamais tourner au mélo.

    Le casting marque un vrai atout. On retrouve avec plaisir le duo historique sur grand écran : Matthew Lillard et Skeet Ulrich, réunis pour la première fois depuis leur collaboration dans le film culte des années 90, Scream. À leurs côtés, Josh Hutcherson (Mike) et Elizabeth Lail (Vanessa) offrent des interprétations solides, crédibles, contribuant à rendre l’horreur plus concrète, on s’attache aux personnages avant même d’avoir peur pour eux.

    Ce qui fonctionne particulièrement ici, c’est cette capacité à mêler respect du fan-service (référence aux jeux, animatroniques variés, univers fidèle) et ambition cinématographique plus sérieuse. On ressent la volonté de ne pas se contenter d’un simple remake horrifique, mais de creuser l’univers, d’enrichir les motivations, de donner du poids aux personnages. Et malgré le bon moment passé, il est clair que le film ne révolutionne pas le genre, mais il atteint son but : il effraie, il choque, mais surtout, il engage. On ressort du cinéma avec le sentiment d’avoir assisté à un véritable film d’horreur, pas juste à un divertissement tiré d’un jeu vidéo, créé pour attirer les fans et faire du profit dessus.

    Réalisé par : Emma Tammi
    Sortie en salles en France le 3 décembre 2025
    durée : 104 minutes
    Note de la rédaction : 3,5 / 5
    Crédit photo : Universal
  • Em Sherif, haute gastronomie libanaise à Paris

    Em Sherif, haute gastronomie libanaise à Paris

    La gastronomie libanaise s’est démocratisée depuis quelques années à Paris avec une proposition de plus en plus haut de gamme. L’institution culinaire Em Sherif déjà présente à Dubai, Londres et Monaco à ouvert ses portes à Paris il y a quelques mois, boulevard Haussmann.

    Em Sherif revendique une cuisine libanaise gastronomique et branchée. Depuis son ouverture, le restaurant affiche complet, attirant aussi bien une clientèle de parisiens huppés que des adeptes de la cuisine libanaise authentique faite dans les règles de l’art. La décoration a été imaginée par l’architecte beyrouthein Samer Bou Rjeily. Une salle raffinée, élégante qui coche toutes les cases des tables chics parisiennes, avec une ambiance salon feutré. Une lumière tamisée, de beaux miroirs et quelques livres de voyage rendent l’atmosphère cosy et conviviale faisant le lien entre Orient et Occident.

    La cuisine est exécutée avec précision dans un esprit de partage. C’est dans la diversité et l’excellence que Yasmina Hayek, fille de la fondatrice du groupe, met en scène sa cuisine. Passée chez les plus grands comme Jean François Piège, elle apporte un souffle créatif à la tradition libanaise.

    Les produits sont choisis parmi les meilleurs avec quelques ingrédients importés du Liban pour ne pas dénaturer les saveurs levantines. La cuisine d’Em Shérif revendique un art culinaire d’exception faisant la part aux mezze chauds et froids comme le hummus (13,50 euros), un des meilleurs de Paris, le muttabbal, aubergine à la flamme, tahiné, citron et grenade.

    Il y a beaucoup d’alternatives végétales comme l’Arnabit meklé (20euros) chou fleur mariné rôti, tarator et pickles. Les traditionnelles spécialités de la boulangerie sont également proposées avec différentes sortes de Man’ousheh. La carte est d’une richesse incroyable mettant en valeur tout l’art culinaire libanais. Après ces entrées de partage, place aux plats et aux grillades. Coup de coeur indéniable pour le loup entier de Méditerranée tahiné aux agrumes, riz aux oignons caramélisés (36 euros) ainsi que les lahmeh meshwiyeh, brochettes de bœuf wagyu chimichuri zaatar (44euros). En dessert, le flan au lait à la fleur d’oranger et eau de rose fruits de saison comblera ce repas méditerranéen.
    Une adresse ensoleillée dans la capitale, avec un voyage gustatif qui transporte les clients au coeur du Liban. Em Shérif fait découvrir des plats méconnus de cette cuisine avec une palette de saveurs et d’arômes qui plairont au plus exigeants.

    Une seule envie en quittant la table, celle d’y retourner.

    Note de la rédaction 8/10
    134 boulevard Haussman, 75008, Paris
    Crédit photo : ABH
  • Détour en Italie chez Casa Bini

    Détour en Italie chez Casa Bini

    Table discrète rue Grégoire de Tours dans le 6ème arrondissement de Paris, Casa Bini est une valeur sûre pour déguster une cuisine d’inspiration toscane.

    Cette table est reconnue pour ses préparations de carpaccios Terre Mer qui changent en fonction des saisons. Dès l’entrée, le dépaysement est assuré. Bienvenue dans une trattoria italienne composée de deux salles rustiques, de petites tables intimistes avec de jolies assiettes à l’esprit Dolce Vita. Les serveurs sont accueillants et souriants avec le souhait de vous faire sentir comme à la maison. La clientèle est cosmopolite avec quelques italiens et des habitués du quartier, mais aussi quelques touristes.

    On parcourt le menu en savourant de délicieuses olives vertes offertes en guise d’amuse bouche. La carte est variée, proposant des spécialités traditionnelles toscanes. La parmigiana di melanzane (16 euros) est bien exécutée, le tartare de thon rouge aux zestes de citron vert (21 euros) est quant à lui frais et rassasiant. Les casarecce au pesto de basilic (25 euros) sont classiques et sans fausse note. En pleine saison de la Truffe Blanche, Casa Bini propose un carpaccio de daurade ciboulette et son confit d’ aubergines (50 euros). Les desserts ont tous une touche italienne comme l’Affogato al caffe glace vanille maison noyée dans un café.

    Casa Bini est un restaurant sans prétention, avec des plats classiques de la cuisine italienne bien cuisinés mais sans originalité et avec un léger manque de saveur. Les plats sont relativement chers pour une trattoria de quartier.

    Note de la rédaction 6,5/10
    Crédit photo : ABH
  • Bugonia, quand croire devient une arme

    Bugonia, quand croire devient une arme

    Yorgos Lanthimos s’est imposé comme l’un des cinéastes les plus singuliers de ces dernières années, façonnant un univers où l’absurde, la violence et le rire nerveux coexistent dans un même souffle. Après le triomphe de Pauvres créatures et l’ovni narratif que fut Kind of Kindness, tous deux portés par Emma Stone et déjà marqués par la présence troublante de Jesse Plemons, la collaboration entre le réalisateur grec et ses interprètes trouve dans Bugonia une nouvelle forme, plus radicale, plus frontalement politique, sans jamais renoncer à l’étrangeté qui fait sa marque.

    Bugonia, remake du film coréen Save the Green Planet!, suit Michelle Fuller, interprétée par Emma Stone, PDG d’un puissant laboratoire pharmaceutique, enlevée par Teddy, joué par Jesse Plemons, complotiste convaincu qu’elle est une extraterrestre responsable d’un plan d’extermination de l’humanité. De ce point de départ presque grotesque naît une œuvre profondément inconfortable, où la frontière entre bourreaux et victimes se dissout. Dans ce théâtre de la paranoïa, aucun personnage n’offre de position morale confortable, chacun révélant à quel point la nature humaine demeure contradictoire et insaisissable.

    La mise en scène de Yorgos Lanthimos, soutenue par le travail de Robbie Ryan à la photographie, embrasse ce chaos avec une précision sidérante. Le film oscille entre comédie noire, thriller psychologique et fable sociale, multipliant les ruptures de ton sans jamais perdre sa cohérence interne. Les dernières trente minutes, véritable déflagration de cruauté et de grâce morbide, atteignent un niveau de dérèglement exaltant, tout en donnant le sentiment d’un aboutissement logique, presque inévitable, à ce qui précédait.

    Emma Stone compose une Michelle Fuller à la fois dure, entraînée, parfaitement aguerrie au pouvoir, mais constamment traversée par la peur, la fragilité et la confusion, refusant toute simplification du personnage. Jesse Plemons excelle dans le rôle de cet homme dont les croyances délirantes frôlent le ridicule tout en demeurant glaçantes par les actes qu’elles autorisent. Aidan Delbis, interprétant Don, cousin et complice de Teddy, ajoute une couche supplémentaire de tragédie, incarnant ces existences marginalisées qui glissent dans la violence sans jamais être privées de leur libre arbitre.

    Bugonia se révèle ainsi comme une réflexion sombre sur le complotisme, la radicalisation en ligne, l’incapacité à distinguer réalité et fantasme, et la manière dont les plus vulnérables se forgent des récits qui justifient l’impensable.

    La collaboration entre Yorgos Lanthimos, Emma Stone et Jesse Plemons semble appelée à se prolonger, au plus grand plaisir des cinéphiles, tant elle engendre un cinéma rare, capable de sonder les zones les plus troublantes de l’âme humaine tout en offrant des propositions formelles d’une audace et d’une vitalité jubilatoires.

    Sortie en salle en France le 26 novembre 2025

    Durée : 118 minutes

    Réalisé par : Yorgos Lanthimos

    note de la rédaction 4,5+/5

    Crédit Photo : Focus Features