Catégorie : Actu

  • Le rendez-vous climatique de novembre placé sous haute surveillance

    Le rendez-vous climatique de novembre placé sous haute surveillance

    À quelques jours du sommet COP30 qui se tiendra à Belém au Brésil, des ONG et centres de recherche appellent les dirigeants mondiaux à un « choc d’adaptation ».  L’adaptation au changement climatique reste chroniquement sous-financée alors que le diagnostic des scientifiques s’alourdit. Le Global Center on Adaptation rappelle que moins de quinze centimes de chaque dollar alloué au climat est consacré à l’adaptation. Le Brésil met en lumière ce déficit structurel à travers la récente opération policière meurtrière dans une favela tandis que les impacts des ouragans et des cyclones s’accentuent.  Ce sommet est donc perçu non seulement comme un forum politique mais comme un test de leadership global. 

    Les engagements pris à Belém pourraient inaugurer une phase de montée en puissance des financements d’adaptation mais l’ambition devra se traduire rapidement par des plans nationaux, des investissements concrets et un suivi rigoureux. Le monde attend que la parole soit suivie d’actes.

  • L’Afrique renforce sa santé publique avec une alliance stratégique

    L’Afrique renforce sa santé publique avec une alliance stratégique

    L’Union africaine (UA) et le Global Fund to Fight AIDS, Tuberculosis and Malaria ont signé un protocole d’accord majeur pour renforcer les systèmes de santé en Afrique.  Cette coopération vise à mobiliser les ressources domestiques, à stimuler l’innovation numérique en santé et à bâtir des systèmes résilients capables de répondre non seulement aux maladies infectieuses mais aussi à des menaces émergentes comme celles liées au climat.

    Cette stratégie s’inscrit dans l’agenda continental « Afrique 2063 » et la stratégie santé 2016-2030. L’accord marque une volonté partagée de passer d’une dépendance aux financements externes à une autosuffisance progressive en matière de santé publique. Pour les pays africains cela représente une opportunité de transformation systémique mais aussi un défi majeur en termes de gouvernance, de financement et de capacité opérationnelle.

    L’impact réel se mesurera dans les années à venir par la réduction des décès évitables, l’amélioration de l’accès aux soins et la résilience face aux crises sanitaires.

  • L’élection de Mamdani ouvre un bras de fer direct avec Trump

    L’élection de Mamdani ouvre un bras de fer direct avec Trump

    L’élection de Zohran Mamdani à la mairie de New York constitue un tournant politique majeur, tant par le profil du nouvel édile que par la réaction immédiate de Donald Trump. Pour la première fois, la plus grande ville des États-Unis est dirigée par un élu ouvertement issu de la gauche progressiste urbaine, né hors du pays et affichant des positions en rupture avec l’establishment démocrate. Et pour la première fois, un président américain menace publiquement de sanctionner une ville en raison du choix de ses électeurs.

    Né en 1991 à Kampala, en Ouganda, Mamdani est le fils de Mahmood Mamdani, intellectuel et universitaire de renom, et de la cinéaste indo-américaine Mira Nair. Musulman, d’origine indienne par ses parents expulsés d’Ouganda sous Idi Amin, il a grandi entre l’Afrique, l’Inde et les États-Unis avant de s’installer à New York. Sa trajectoire personnelle, transnationale et multiculturelle, tranche avec le profil traditionnel des dirigeants municipaux américains.

    Sa victoire ne constitue pas seulement un signal sociologique. Elle intervient alors que Donald Trump a ouvertement averti que New York pourrait perdre des financements fédéraux si Mamdani l’emportait. Ce positionnement, inédit par sa frontalité, marque l’entrée dans une phase où le pouvoir exécutif fédéral n’hésite plus à utiliser l’arme budgétaire pour influencer le choix politique local.

    En s’installant à la tête de New York, Mamdani porte une nouvelle génération politique et teste les limites institutionnelles du pays. En face, Trump répond par la logique du rapport de force. L’épisode ouvre une séquence où la relation entre pouvoir municipal et pouvoir fédéral devient l’un des points de tension majeurs de la vie politique américaine.

  • Starbucks cède 60 % de sa filiale chinoise pour 4 milliards de dollars

    Starbucks cède 60 % de sa filiale chinoise pour 4 milliards de dollars

    Le géant américain du café Starbucks va céder 60 % du capital de sa filiale chinoise à l’investisseur hongkongais Boyu Capital pour un montant d’environ 4 milliards de dollars. L’opération se matérialise par la création d’une coentreprise dans laquelle Starbucks conservera 40 % des parts et la propriété de sa marque sur le marché chinois. 

    Présente en Chine depuis 1999, Starbucks compte environ 8 000 établissements dans l’Empire du Milieu, ce qui en fait son deuxième marché mondial derrière les États-Unis.  Malgré cette taille, la marque a connu un recul significatif : ses ventes en Chine ont baissé de 14 % en 2024 à périmètre comparable. Cette contre-performance s’explique par une conjoncture économique morose et une concurrence accrue, notamment avec la chaîne locale Luckin Coffee, qui affiche déjà plus de 22 000 points de vente. 

    Selon le communiqué officiel, Boyu Capital, actif dans l’investissement chinois et déjà présent dans Alibaba ou CATL, va s’associer à Starbucks pour exploiter le potentiel de croissance du pays, notamment dans les villes de second rang. Le PDG de Starbucks, Brian Niccol, a déclaré que « la connaissance du marché local et l’expertise de Boyu vont nous aider à accélérer notre croissance en Chine ». 

    L’opération illustre un repositionnement stratégique : Starbucks recherche un partenaire local pour relancer sa dynamique en Chine, tout en déléguant une gestion majoritaire. Pour le groupe, cette réorientation pourrait permettre de stabiliser ses résultats dans un marché clé et complexe, tout en préservant sa présence et son image à long terme.

  • Tunnel Maroc-Espagne : le rêve d’un lien ferroviaire relancé

    Tunnel Maroc-Espagne : le rêve d’un lien ferroviaire relancé

    Le tunnel ferroviaire sous-marin entre le Maroc et l’Espagne, projet âgé de plus d’un siècle, regagne en vigueur. Une étude menée par le groupe allemand Herrenknecht, spécialiste mondial des tunneliers, a conclu à la faisabilité technique du passage sous le détroit de Gibraltar.

    Estimation : 8,5 milliards d’euros et un tracé d’environ 40 km à 65 km, dont près de 40 km sous l’eau. Le scénario prévoit un tunnel exploratoire d’ici 2027, décision finale avant 2030. L’idée remonte à la fin du XIXᵉ siècle et à un accord formel signé en 1979 entre Rabat et Madrid. Malgré cette longue histoire, aucun chantier n’avait encore franchi les étapes techniques majeures jusqu’à cette étude récente.

    Les enjeux sont multiples. D’abord économiques : faciliter le transport de personnes et marchandises entre l’Afrique et l’Europe, stimuler le commerce et le tourisme. Ensuite stratégiques : interconnecter les réseaux ferroviaires, énergétiques et numériques entre les deux continents. Enfin symboliques : un lien matériel qui redessine la géographie euro-africaine.

    Mais les défis restent colossaux : la crête de Camarinal, zone géologique complexe, exige des techniques de forage avancées et des engagements financiers lourds.

    Pour l’Espagne et le Maroc, ce projet marque un tournant. Il représente une opportunité d’influence et de coopération renouvelée. Si les échéances sont respectées, coup d’envoi pourrait être donné dans cette décennie. Mais entre ambition et exécution, la route, ou plutôt le tunnel, reste longue.

  • Tension sur les marchés tech et crainte d’une bulle liée à l’IA

    Tension sur les marchés tech et crainte d’une bulle liée à l’IA

    Un mouvement de repli a touché les places boursières après des prises de bénéfices sur les valeurs liées à l’intelligence artificielle. Les débats sur la durabilité des valorisations et la concentration des gains entre quelques champions ont ravivé l’intérêt pour une correction nécessaire. Les indices asiatiques et européens ont affiché des replis, les fabricants de puces et certains éditeurs logiciels figurant parmi les plus affectés. Cette dynamique met en évidence un basculement d’appétit pour le risque vers un pragmatisme renouvelé où la qualité des résultats et la visibilité des marges priment sur la simple perspective de disruption technologique. Les autorités de régulation surveillent les excès tandis que les investisseurs réévaluent la soutenabilité des multiples de valorisation en place. Les secousses récentes rappeleront l’importance d’une diversification prudente.

  • Victoire et soulagement avec la libération de deux ressortissants

    Victoire et soulagement avec la libération de deux ressortissants

    La libération récente de deux citoyens français détenus à l’étranger a apporté un puissant soulagement aux familles et au Quai d’Orsay. Après des années de détention et de longues démarches diplomatiques, l’annonce officielle met fin à une période de grande incertitude. Les services consulaires ont été mobilisés en continu pour assurer la sécurité et le rapatriement des ressortissants dès que les autorités partenaires ont pris la décision. Ce type d’opération illustre la complexité des canaux diplomatiques nécessaires pour obtenir des résultats dans des dossiers sensibles qui mêlent enjeux politiques et humanitaires. 

    En coulisse, l’action coordonnée entre ministères et ambassades permet de transformer une pression médiatique et politique en instruments de négociation efficaces, parfois au prix de concessions discrètes ou d’échanges d’information délicats. La reprise des contacts familiaux et l’accompagnement sanitaire et psychologique sont désormais la priorité pour réparer les dommages d’années d’incarcération.

  • Macron et la transition politique annoncée vers l’après mandat

    Macron et la transition politique annoncée vers l’après mandat

    Le président Emmanuel Macron a commencé à esquisser publiquement la préparation d’une transition politique soigneusement orchestrée en vue de la période qui suivra la fin de son mandat. Les signaux envoyés ces derniers jours traduisent un double souci de conserver la maîtrise du calendrier et de préparer l’opinion publique à un passage de témoin ordonné. Les déclarations s’inscrivent dans un contexte de popularité en recul et d’une assemblée fracturée où les majorités se négocient au jour le jour.

    Sur le plan opérationnel, la présidence travaille à la mise en place d’un dispositif de relais qui permettra d’assurer la stabilité des dossiers économiques et diplomatiques sensibles tout en ménageant des marges de manœuvre pour le futur. Cette stratégie vise à limiter les risques de turbulence financière et politique qui pourraient émerger en cas de déroute soudaine et non coordonnée. Les observateurs notent que le temps politique est désormais géré comme un horizon de gouvernement autant que comme une temporalité personnelle.

  • Shein l’empire qui s’effondre sous son propre poids

    Shein l’empire qui s’effondre sous son propre poids

    Shein traverse la pire crise de son histoire. Le géant chinois du fast fashion, symbole d’une consommation effrénée et d’une stratégie numérique redoutable, vacille sous les coups d’un triple choc économique, politique et moral. Les ventes ralentissent, les stocks s’accumulent, les scandales s’enchaînent. Le vampire chinois, nourri de données et de tendances volatiles, semble avoir épuisé le sang de sa proie.

    Les critiques se multiplient. Conditions de travail opaques, plagiats à répétition, empreinte écologique désastreuse. Même les influenceurs qui avaient bâti leur notoriété sur ses hauls se détournent progressivement de la marque. Les jeunes consommateurs, jadis fascinés par les prix dérisoires et la vitesse de renouvellement des collections, redécouvrent les limites du modèle.

    À Pékin, les autorités observent avec méfiance l’affaiblissement d’un fleuron numérique qui servait autrefois de vitrine à la puissance chinoise. Shein tente de se relocaliser, de verdir son image, de convaincre qu’elle peut changer. Mais l’ère du tout jetable touche à sa fin. Le géant vacille, et son empire, bâti sur l’illusion du toujours moins cher, pourrait bien s’effondrer dans le silence d’un clic arrêté.

  • Âge minimum 16 ans pour les réseaux sociaux : l’Europe impose un nouveau standard numérique

    Âge minimum 16 ans pour les réseaux sociaux : l’Europe impose un nouveau standard numérique

    Le comité du Parlement européen optionne pour qu’un âge minimum de 16 ans soit requis pour l’accès à certains réseaux sociaux, plateformes vidéo et “compagnons IA”, sans accord parental. Ces mesures visent à renforcer la protection des adolescents contre les contenus manipulatoires, l’addiction et les algorithmes peu transparents. (source institutionnelle). Le projet fixe l’âge légal d’accès libre à 13 ans pour les services “standards”, mais élève à 16 ans la barre pour ceux considérés à risque. Cette réforme place l’Europe à l’avant-garde de la régulation numérique, imposant aux grandes plateformes une vérification d’âge plus stricte, une plus grande transparence des algorithmes et un contrôle renforcé des contenus. Le paysage en ligne des jeunes est ainsi en pleine mutation : l’ère du « tout accessible » sans garde-fous numériques semble s’achever, au profit d’un Internet où les droits et la sécurité tiennent une place centrale.