Catégorie : Actu

  • Les slovènes refusent l’aident à mourir

    Les slovènes refusent l’aident à mourir

    En Slovénie, les électeurs viennent de trancher sur une question éminemment intime et politique : faut-il autoriser l’aide à mourir pour les patients en phase terminale ? À l’issue d’un référendum très suivi, une majorité de votants a rejeté la loi qui devait encadrer l’assistance au décès pour les personnes souffrant de douleurs insupportables et sans espoir de guérison. Résultat : le texte, adopté quelques mois plus tôt par le Parlement, est suspendu.

    La loi prévoyait un cadre strict : seuls des patients mentalement aptes, en fin de vie et après avis concordant de plusieurs médecins, auraient pu recevoir un médicament létal qu’ils auraient eux-mêmes administré. Elle excluait notamment les personnes atteintes de troubles psychiatriques. Pour ses défenseurs, il s’agissait d’offrir une mort digne, choisie, dans la continuité des droits des patients et des évolutions observées dans plusieurs pays européens.

    Face à eux, une coalition de groupes conservateurs, d’associations médicales et d’organisations religieuses a mené une campagne intense contre ce qu’ils considèrent comme une « culture de la mort ». Ils plaident pour un renforcement massif des soins palliatifs, jugés insuffisants, et pour la protection de la vie jusqu’à son terme naturel. Le référendum, au-delà du score serré, montre combien la société slovène reste divisée sur la manière d’accompagner la fin de vie.

    Pour le gouvernement, la défaite est un revers, mais pas la fin du débat. Le Premier ministre a déjà indiqué que la question de la dignité des patients en fin de vie resterait à l’agenda. D’ici là, la Slovénie revient à un statu quo juridique qui, pour beaucoup de familles confrontées à la maladie, laisse subsister un grand vide entre acharnement thérapeutique et accompagnement choisi.

  • Service volontaire, nouvelle donne

    Service volontaire, nouvelle donne

    La France s’apprête à tourner une page de plus dans son histoire militaire. Paris veut réintroduire un service militaire volontaire, destiné aux jeunes de 18 ans, dans un contexte de tensions croissantes aux frontières de l’Europe et de guerre aux portes de l’Union. L’idée : proposer un engagement de dix mois, rémunéré, au sein des forces armées, avec l’objectif de renforcer les réserves et de retisser le lien entre armée et société.

    Ce projet marque un tournant par rapport à la conscription obligatoire, suspendue en 1997. Il ne s’agit plus de forcer une génération entière à porter l’uniforme, mais d’attirer des volontaires motivés par une expérience intense, à la fois citoyenne, militaire et professionnelle. À la clé : une indemnisation mensuelle, des compétences reconnues dans le monde du travail, et potentiellement des équivalences académiques inspirées des modèles existant déjà dans certains pays européens.

    Le signal est clair : la France se prépare à un environnement sécuritaire plus dur, où l’hypothèse d’un conflit majeur ne relève plus de la fiction. Les responsables militaires alertent depuis des mois sur le manque de préparation du pays, tant matérielle que mentale. Ce service volontaire vise à recréer une culture de défense partagée, sans aller jusqu’au retour du service obligatoire, largement rejeté par l’opinion.

    Les critiques dénoncent toutefois un « gap year sous treillis » réservé à ceux qui peuvent se permettre de mettre leurs études ou leur carrière entre parenthèses. D’autres s’interrogent sur la capacité de l’armée à encadrer des milliers de jeunes supplémentaires dans de bonnes conditions. Reste que, dans une Europe qui réarme, cette nouvelle formule pourrait devenir un laboratoire observé de près par les voisins de la France.

  • L’UE redessine la paix ukrainienne

    L’UE redessine la paix ukrainienne

    Sur le dossier ukrainien, la bataille ne se joue plus seulement sur le terrain, mais aussi dans le vocabulaire de la diplomatie. Une « contreproposition » européenne au plan de paix américain se précise, portée notamment par le format dit « Europe Today », qui rassemble plusieurs capitales désireuses de peser davantage sur l’architecture de sécurité du continent. Objectif : proposer une feuille de route qui combine soutien à Kiev, garanties pour la sécurité européenne et mécanismes de désescalade avec Moscou.

    L’initiative répond à un double malaise. D’une part, certains États membres craignent d’être cantonnés au rôle de simples exécutants des décisions prises à Washington. D’autre part, la prolongation du conflit et l’usure des opinions publiques poussent les Européens à définir eux-mêmes ce qu’ils jugent acceptable comme issue politique. Il ne s’agit pas d’abandonner l’Ukraine, mais de clarifier la séquence : aide militaire, garanties de sécurité, discussions éventuelles sur les frontières, justice pour les crimes de guerre.

    Ce projet de contreplan met aussi en lumière les divisions internes de l’UE. Entre pays de l’Est très méfiants envers toute concession à la Russie, et pays du Sud plus préoccupés par les répercussions économiques du conflit, trouver un langage commun relève de l’équilibrisme. La Commission et le Service européen d’action extérieure tentent de transformer ce patchwork en stratégie cohérente, tout en coordonnant étroitement leurs positions avec l’Otan.

    Si elle aboutit, cette démarche pourrait marquer une étape clé dans la maturité géopolitique de l’Union : passer du statut d’espace économique puissant à celui d’acteur stratégique capable de proposer, et non plus seulement d’entériner, les contours de la paix en Europe.

  • Miss Univers 2025 : Le sacre explosif de Miss Mexique

    Miss Univers 2025 : Le sacre explosif de Miss Mexique

    Bangkok a couronné une reine au milieu de la tempête. Lors de la 74ᵉ édition de Miss Univers, c’est la Mexicaine Fátima Bosch, 25 ans, qui a remporté le titre tant convoité, au terme d’une soirée électrique marquée par polémiques, chutes spectaculaires et accusations de manipulation.

    L’histoire de Bosch a tout du scénario de film. Il y a quelques semaines, la candidate menait une fronde contre un des coorganisateurs, Nawat Itsaragrisil, après avoir été publiquement humiliée et traitée de “bête” lors d’une réunion retransmise en direct. Elle quitte alors la salle, entraînant derrière elle plusieurs concurrentes, geste qui lui vaut un immense élan de soutien en ligne. L’affaire provoque l’éviction de l’organisateur mis en cause et oblige la direction du concours à s’excuser.

    Sur scène, Fátima Bosch s’impose avec un discours centré sur l’indépendance économique des femmes et la lutte contre les violences sexistes, dans la droite ligne de son engagement dans des associations pour l’enfance. Elle devance la Thaïlandaise Praveenar Singh, finaliste à domicile, tandis que les représentantes du Venezuela, des Philippines et de la Côte d’Ivoire complètent le Top 5.

    Le concours 2025 restera comme l’un des plus chaotiques de l’histoire récente, entre la démission d’un juge dénonçant un classement “préécrit”, la chute impressionnante de Miss Jamaïque lors des préliminaires et les débats politiques autour de la participation de Miss Palestine. Au milieu du tumulte, la victoire de Bosch apparaît comme un symbole d’insoumission récompensée, et offre au Mexique sa quatrième couronne Miss Univers.

  • Le journal d’un prisonnier

    Le journal d’un prisonnier

    Nicolas Sarkozy n’a pas perdu de temps. À peine un mois après sa sortie de la prison de la Santé, où il a passé trois semaines dans le cadre de sa condamnation dans l’affaire libyenne, l’ancien président annonce la parution le 10 décembre de son nouveau livre, Le journal d’un prisonnier, aux éditions Fayard.

    Sur le réseau X, Sarkozy a dévoilé la couverture et un premier extrait où il décrit la vie carcérale faite de bruit, d’ennui et de repli intérieur. L’ouvrage, 216 pages, promet un récit au jour le jour de son incarcération, entre observation du microcosme de la prison, réflexions politiques et justification personnelle. L’ancien chef de l’État y présente la détention comme une épreuve spirituelle qui renforcerait la “vie intérieure”.

    Politiquement, cette sortie littéraire ressemble à un contre récit face aux décisions de justice. Alors qu’il demeure condamné et fragilisé sur le terrain judiciaire, Sarkozy cherche à reprendre la main sur la narration, à parler directement à l’opinion en se plaçant du côté des “victimes” du système.

    Les critiques, eux, dénoncent déjà une opération de communication soigneusement orchestrée, destinée à transformer une condamnation pénale en chapitre romanesque d’une carrière mouvementée. Reste à voir si Le journal d’un prisonnier séduira au delà du cercle des convaincus ou s’il ne fera qu’alimenter un peu plus la polarisation autour de la figure de Nicolas Sarkozy.

    « En matière de communication, c’est une bonne stratégie. En matière d’execution, c’est totalement précipité. L’effet est contre productif. », explique un expert en communication.

  • Choc de star à la Maison Blanche

    Choc de star à la Maison Blanche

    La rencontre tant attendue entre Donald Trump, président et Zohran Mamdani, maire de la ville la plus connue du monde, a finalement eu lieu hier à la Maison Blanche, après des mois d’insultes croisées par médias interposés. Dans le Bureau ovale, le ton a pourtant été étonnamment cordial. Le président et le maire élu de New York se sont affichés côte à côte, souriants, promettant de “travailler ensemble” pour la ville et pour la question brûlante du logement abordable.

    Devant la presse, Trump a salué la “formidable victoire” de Mamdani à New York, lui souhaitant de “faire un travail incroyable”. L’intéressé, figure de la gauche new yorkaise qui se présentait naguère comme “le pire cauchemar de Trump”, a adopté une posture pragmatique, insistant sur la nécessité de financer les transports, les logements sociaux et la sécurité dans la métropole.

    En coulisses, les conseillers des deux camps décrivent un échange dense, marqué par des désaccords sur l’immigration et la fiscalité, mais aussi par la volonté d’éviter un clash devant les caméras. Mamdani a mis la pression sur la Maison Blanche pour débloquer des fonds fédéraux en faveur des infrastructures et d’un plan anti spéculation immobilière. Trump a insisté sur la lutte contre la criminalité et la baisse des impôts locaux pour les entreprises.

    Au sortir de la réunion, les deux hommes ont évoqué une “relation positive” à construire. Pour l’instant, l’image d’un tête à tête apaisé contraste fortement avec la virulence de leurs échanges passés. Reste à voir si cette trêve médiatique se traduira par de véritables compromis politiques ou si ce rapprochement restera un simple moment de communication soigneusement mis en scène.

  • Propagande et corruption au pays de Galles

    Propagande et corruption au pays de Galles

    Au pays de Galles, un procès très scruté met en lumière les liens troubles entre politique locale et influence étrangère. l’ancien dirigeant de Reform au Pays de Galles, Nathan Gill, a reconnu huit faits de corruption après avoir reconnu avoir touché des pots de vin pour relayer une propagande favorable à la Russie. Les procureurs l’accusent d’avoir accepté de l’argent en échange de prises de position publiques alignées sur les intérêts du Kremlin, notamment sur la guerre en Ukraine et les sanctions occidentales.

    Les enquêteurs ont retracé des flux financiers opaques transitant par des sociétés écrans et des intermédiaires installés hors du Royaume Uni. En contrepartie, le responsable politique multipliait les discours et interventions médiatiques reprenant les éléments de langage de la propagande russe, minimisant les crimes de guerre et attaquant la politique de soutien militaire à Kiev.

    Cette affaire intervient dans un climat de vigilance accrue autour de l’ingérence étrangère dans la vie politique britannique. Les services de sécurité alertent régulièrement sur les tentatives de déstabilisation informationnelle, qu’elles passent par des campagnes en ligne, des relais politiques complaisants ou des réseaux de financement occultes.

    Le verdict du 21 novembre : 10 ans et demi de prison. Cela doit envoyer un signal de fermeté contre ce type de collusion. Au delà du cas individuel, le dossier relance le débat sur la transparence des financements politiques, la régulation du lobbying et les moyens de détecter les opérations d’influence sponsorisées par des puissances étrangères. Une condamnation lourde serait interprétée comme un avertissement adressé à tous les acteurs tentés de monnayer leur voix au profit de récits hostiles aux intérêts britanniques et européens.

  • Retour à Panem : le teaser qui fascine déjà

    Retour à Panem : le teaser qui fascine déjà

    Un an avant sa sortie en salles, The Hunger Games The Sunrise on the Reaping vient de dégainer un teaser d’une précision chirurgicale qui réunit déjà plus de 109 millions de vue dans sa première journée. Moins de deux minutes qui suffisent à rappeler pourquoi cette saga est devenue culte, tout en annonçant un nouvel acte nettement plus sombre et plus intime. Centré sur les 50ᵉ Hunger Games, le film nous ramène au Second Quarter Quell et à l’origine traumatique de Haymitch Abernathy, ici incarné par Joseph Zada.

    Dès les premiers plans, la mise en scène retrouve l’ADN visuel de la franchise tout en le raffinant. La photographie joue sur des contrastes très littéraires entre la lumière crue des districts, poussiéreuse et presque sépia, et la froideur clinique du Capitole, saturée de blancs glacés et de rouges impériaux autour du nouveau Président Snow interprété par Ralph Fiennes. Les couleurs, les textures de décors et de costumes semblent directement sortis des descriptions du roman de Suzanne Collins, comme si l’image venait combler les interstices laissés par le texte.

    Le casting aligne une concentration de talents rarement vue dans un blockbuster de studio. Autour de Joseph Zada, on retrouve Whitney Peak en Lenore Dove, Mckenna Grace en Maysilee Donner, Elle Fanning en Effie Trinket, Jesse Plemons en Plutarch Heavensbee, Maya Hawke, Glenn Close, Kieran Culkin ou encore Ralph Fiennes en Snow succédant à Donald Sutherland et Tom Blyth. La distribution ressemble à un pont entre cinéma indépendant et franchise majeure, ce qui se ressent dans le jeu, déjà très incarné dans les fragments de dialogues que laisse entendre le teaser.

    Le montage refuse la sur-explication. Quelques visions du plateau des Jeux, un compte à rebours, un geste de Lenore tendant le briquet emblématique à Haymitch, la rumeur lointaine de la révolte. Le teaser joue sur la mémoire du spectateur, sur ce qu’il sait déjà du futur de Panem, pour charger chaque plan d’une mélancolie presque rétroactive. C’est un préquel qui semble assumer pleinement l’idée de tragédie annoncée.

    Reste deux grandes attentes. D’abord la bande-annonce officielle, qui devra dévoiler la mécanique émotionnelle des Jeux sans trop en sacrifier les surprises. Ensuite, la bande-son, devenue marqueur identitaire de la saga, après les contributions originales de Taylor Swift, Lorde ou Olivia Rodrigo pour les précédents films. Rien n’a encore été confirmé, mais la simple idée de voir cette nouvelle génération d’acteurs associée à une nouvelle génération musicale suffit à nourrir l’anticipation.

    À un an de sa sortie, Sunrise on the Reaping s’impose déjà comme plus qu’un simple retour de franchise iconique. Ce teaser donne le sentiment d’un monde que l’on connaît par cœur, mais filmé avec la distance lucide d’un récit historique. Si le film tient les promesses de ces premières images, Panem n’a pas fini de hanter l’imaginaire collectif.

    Lien vers le teaser : https://www.youtube.com/watch?v=MPjxijuBuSo

    Crédit photo : crédit : Murray Close/ Lionsgate

  • Meta interdit aux jeunes  australiens

    Meta interdit aux jeunes australiens

    À partir du 4 décembre, l’Australie va commencer à fermer la porte des réseaux sociaux aux plus jeunes. Sous la pression d’une nouvelle loi nationale, Meta va progressivement bloquer l’accès à Instagram, Facebook et Threads pour les utilisateurs de moins de 16 ans, avant une coupure complète prévue le 10 décembre.

    Concrètement, les adolescents de 13 à 15 ans reçoivent déjà des notifications les avertissant que leurs comptes seront désactivés. Dès le 4 décembre, les nouvelles inscriptions sous l’âge de 16 ans seront refusées et les comptes existants commenceront à être fermés par vagues. Les jeunes pourront toutefois télécharger leurs données et, en théorie, récupérer leur compte une fois la majorité numérique atteinte.

    Cette offensive s’inscrit dans un dispositif plus large : l’Australie veut interdire l’accès aux grands réseaux sociaux à tous les moins de 16 ans, citant l’impact nocif sur la santé mentale des adolescents. Les plateformes devront prouver qu’elles prennent des “mesures raisonnables” pour vérifier l’âge des utilisateurs, sous peine d’amendes colossales pouvant atteindre près de 50 millions de dollars australiens.

    Le débat reste explosif. Défenseurs de la loi y voient une protection nécessaire face au cyberharcèlement et aux contenus toxiques. D’autres alertent sur les dérives possibles de la vérification d’âge, entre surveillance biométrique, collecte excessive de données et exclusion sociale de jeunes déjà fragilisés. L’Australie devient malgré tout un laboratoire mondial, observé de près par les autres gouvernements.

  • Inde : Une punition qui tourne au drame

    Inde : Une punition qui tourne au drame

    En Inde, l’indignation monte après la mort d’une élève de 12 ans, punie pour un simple retard à l’école. La collégienne, en classe de sixième dans une école de Vasai, près de Mumbai, a été forcée par sa professeure à effectuer 100 squats avec son cartable sur le dos pour être arrivée avec quelques minutes de retard.

    Très vite, la jeune élève se plaint de douleurs intenses au dos et aux jambes. Son état se dégrade dans les jours suivants. Elle est hospitalisée à Mumbai, où elle décède une semaine plus tard. Les premières conclusions de l’autopsie évoquent une forte anémie, une fragilité préexistante qui aurait rendu son corps incapable de supporter un tel effort.

    Sa famille accuse l’école et l’enseignante d’avoir fait preuve d’une violence injustifiable. Pour eux, la punition reste au cœur du drame, quelles que soient les explications médicales. L’établissement, lui, assure qu’il ne s’agissait que d’un exercice collectif et que la professeure n’aurait pas identifié la jeune fille dans le groupe.

    L’affaire relance le débat sur les châtiments corporels à l’école, officiellement interdits, mais encore fréquents dans certaines régions. Associations et responsables politiques réclament des sanctions exemplaires et davantage de contrôles dans les établissements. Derrière les chiffres et les communiqués, reste l’image insupportable d’une enfant morte pour quelques minutes de retard et un “exemple” que des adultes ont voulu donner à une classe entière.

    Photo générée via IA