La Belgique vit un début de semaine sous haute tension sociale. Les principaux syndicats du pays ont lancé une grève nationale de trois jours, jusqu’à mercredi, pour protester contre les mesures d’austérité du gouvernement et la réforme des retraites qui prévoit de faire passer l’âge légal de départ à 67 ans. Les transports publics sont lourdement perturbés, de nombreux services publics tournent au ralenti et certaines entreprises privées fonctionnent au minimum.
Au cœur de la colère syndicale : un plan budgétaire jugé injuste, qui demande selon eux un effort disproportionné aux travailleurs, aux chômeurs et aux retraités. Hausse progressive de l’âge de la retraite, durcissement des conditions d’accès aux allocations, flexibilisation du temps de travail… Autant de mesures perçues comme un démantèlement social plutôt qu’une modernisation.
Le gouvernement défend, lui, la nécessité de « sauver le système » face au vieillissement de la population et aux contraintes européennes sur les déficits. Les économistes rappellent que la Belgique fait partie des pays les plus endettés de la zone euro, et que la facture des retraites ne cesse d’augmenter. Mais sur le terrain, la pédagogie budgétaire se heurte à la réalité du pouvoir d’achat : prix de l’énergie, logement, alimentation, tout grimpe plus vite que les salaires.
Au-delà des chiffres, cette grève est un test politique. Si la mobilisation reste forte jusqu’à mercredi, les syndicats sortiront renforcés et pourront réclamer des concessions, voire un rééquilibrage complet du plan de réformes. Si elle s’essouffle, l’exécutif y verra au contraire un feu vert pour aller au bout de son agenda. Dans un pays habitué au compromis, l’affrontement actuel donne le ton d’un hiver social qui pourrait dépasser les frontières belges.
