Le cabinet de prévision économique EY Item Club anticipe une croissance britannique inférieure à 1 % pour l’année prochaine, dans un contexte marqué par de fortes hausses d’impôts et un recul de l’investissement des entreprises. Les perspectives sont assombries par une stagnation durable de la productivité, une inflation qui reste élevée, et une dette publique déjà significative. Le gouvernement se retrouve ainsi face à un dilemme : stimuler la croissance ou équilibrer les finances publiques ? Les ménages devront absorber un alourdissement fiscal tandis que les entreprises sont confrontées à un environnement incertain. Ce scénario sans euphorie place la Grande-Bretagne dans une position délicate sur la scène européenne, avec un besoin urgent de relancer l’investissement privé, moderniser les infrastructures et réduire les obstacles à la croissance.
Auteur/autrice : INFO MAG
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Quand les tribunaux croient au père Noël
La faillite d’ACI Groupe illustre une fois de plus une dérive inquiétante : celle d’un système où l’espoir et la naïveté tiennent parfois lieu de stratégie économique. Pendant des mois, ce repreneur s’est présenté comme un sauveur d’entreprises en difficulté, multipliant les promesses et les effets d’annonce. Il a remporté des dossiers à la barre, séduit des tribunaux de commerce désireux de croire à une relance, et embarqué avec lui salariés, élus et créanciers dans une fiction industrielle.
La réalité, elle, s’impose aujourd’hui dans toute sa brutalité : ACI Groupe s’effondre, laissant derrière lui des sites sinistrés et des salariés une nouvelle fois trahis.Ce scénario n’est pas isolé. Il rappelle, à bien des égards, celui de Michel Ohayon : même storytelling de la renaissance, même vernis de respectabilité, même désillusion finale. Et toujours la même question : comment des juridictions composées d’entrepreneurs aguerris peuvent-elles encore se laisser abuser ?
Le tribunal de commerce n’est pas une chambre d’espérance ; il devrait être un rempart contre les illusions. Être juge consulaire, c’est juger, non rêver. Sélectionner un repreneur devrait relever d’un devoir de vigilance, pas d’un pari sur la bonne volonté. Car derrière chaque entreprise cédée à un illusionniste, ce sont des emplois, des territoires, et la confiance même dans la justice économique qui s’effondrent.
Il est temps que la responsabilité suive la robe. Les tribunaux de commerce doivent répondre de leurs choix. Croire au père Noël ne peut plus être une excuse quand c’est l’économie réelle qui en paie le prix.
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UK : les obligations connaîtraient leur meilleur mois depuis deux ans
Le marché britannique des obligations (gilts) connaît un regain d’intérêt de la part des investisseurs internationaux selon Bloomberg : les anticipations d’augmentation d’impôts combinées à des coupes budgétaires sont en train de créer un environnement favorable.
Les acteurs estiment que la dette britannique pourrait devenir plus attrayante dans un contexte de réajustement macroéconomique : rendements plus élevés, moins de frottements liés à l’inflation, et peut-être un repositionnement mondial vers des actifs “valeurs refuges” européennes. Pour le Royaume-Uni, c’est aussi un signe que le pays peut rester compétitif sur les marchés financiers malgré les incertitudes post-Brexit.
Cependant, certains observateurs mettent en garde : un regain de croissance ou un retour de l’inflation pourrait reprendre le dessus, ruiner l’attrait de la dette souveraine et déclencher une fuite vers les actifs plus risqués.
Pour les investisseurs, le message est clair : surveiller scrupuleusement la trajectoire de l’économie britannique, les annonces budgétaires, et les signaux de la Bank of England.
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La main invisible du shutdown américain : fonctionnaires sans salaire, économie sous tension
Le 2025 United States federal government shutdown, qui dure depuis début octobre, continue de peser sur l’économie américaine : près de 900 000 fonctionnaires ont été mis à pied, et environ 2 millions travaillent sans salaire.
Alors que les recettes fiscales fléchissent et que l’insécurité des salariés augmente, les effets indirects se font sentir : consommation fragile, projets d’investissement gelés, incertitudes accrues pour les ménages. Le manque de visibilité pèse aussi sur les entreprises qui dépendent des contrats gouvernementaux.
Sur les marchés, cette situation crée une pression complémentaire aux hausses de taux : l’économie pourrait ralentir davantage que prévu, et la Fed pourrait se trouver dans une position délicate entre soutenir la croissance et maîtriser l’inflation.
La question centrale : combien de temps encore avant que la paralysie gouvernementale ne déteigne sur les agrégats macroéconomiques ? Les analystes surveillent attentivement des indicateurs tels que les dépôts dans les banques, la consommation des ménages et l’engagement des entreprises.
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Shutdown à Washington : la politique piège l’économie américaine
Aux États-Unis, le spectre d’un arrêt partiel de l’administration fédérale pèse lourdement. Donald Trump appelle le Sénat à supprimer le filibuster pour forcer l’adoption d’un budget d’urgence, tandis que les allocations alimentaires (SNAP) s’apprêtent à expirer ce weekend. Les marchés observent : un shutdown prolongé pourrait ralentir la consommation, retarder les statistiques clés de l’emploi et fragiliser un peu plus l’économie américaine déjà sous tension. Le dilemme pour les démocrates et républicains : maintenir les engagements sociaux tout en évitant une crise politique majeure. Au-delà des frontières, l’incertitude états-unienne se répercute sur les marchés internationaux, qui craignent un effet domino sur la croissance globale.
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Onde de choc sur les places : tech et Fed pèsent sur les indices
Les indices américains ont fléchi ce matin sous l’effet d’une combinaison toxique : des prévisions d’investissements massifs dans l’intelligence artificielle chez plusieurs géants technologiques et le ton prudent du patron de la Fed après la dernière réunion. Meta et Microsoft ont pesé fortement sur le Nasdaq et le S&P, Meta affichant une révision d’estimation qui a entraîné une chute marquée du titre. Le marché digère aussi la décision de la Fed de réduire légèrement son taux directeur tout en signalant que de nouveaux abaissements ne sont pas assurés, entraînant des rotations sectorielles et de la volatilité. Les investisseurs réévaluent les valorisations des valeurs à forte intensité d’investissements et cherchent des actifs refuges.
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Amérique-Corée du Sud : 103 Boeing, 150 milliards $ et un tournant industriel
Lors d’un sommet à Washington, les États-Unis et la Corée du Sud ont annoncé un ensemble d’accords stratégiques majeurs : une commande de 103 appareils Boeing pour 36,2 milliards $ par Korean Air, accompagnée d’un pacte de coopération en construction navale pour environ 150 milliards $ d’investissements sud-coréens aux États-Unis. Ce type de deal met en lumière une redéfinition importante des chaînes de valeur : l’aviation, les navires, l’énergie jouent désormais dans un même grand jeu géo-économique. Pour les marchés financiers européens à l’affût, la question est : ce “plan Marshall” technologique va-t-il redessiner les rapports entre constructeurs, états et compétitivité industrielle ? Et, au-delà des montants, cela symbolise aussi une montée en puissance de la Corée comme hub manufacturier global. Le tabou est celui de la dépendance croissante entre États et industries stratégiques — les marchés l’observent, mais peu osent la question de l’équilibre souverain.
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La révolution numérique monte à l’assaut des bastions de la finance traditionnelle
Les tours vitrées de la finance tremblent. Non pas sous la pression des taux ou des marchés, mais sous celle d’un nouveau pouvoir : celui du code, de l’IA et de la donnée. Derrière les discours policés des grands groupes, un combat plus profond s’engage, celui entre l’ancien monde, hiérarchisé et lent, et la génération numérique, horizontale et fulgurante.
La transformation digitale n’est plus un “chantier”, c’est une insurrection silencieuse. Les fintechs dévorent les marges, les cryptos redéfinissent la souveraineté monétaire, les API brisent les monopoles de la banque universelle. Et pendant que les directions de la finance “classique” accumulent les comités et les PowerPoint, les nouveaux acteurs, eux, livrent, vite, simple, global.
L’étude évoquée par Les Échos révèle une fracture culturelle plus qu’un retard technologique : le cœur de la finance n’a pas encore intégré le rythme du numérique. Le digital ne se greffe pas, il renverse. Il impose la transparence, la vitesse, la personnalisation. Et dans ce nouvel ordre, les institutions qui refusent de muter ne seront pas disruptées : elles seront fossilisées.
La finance croit se transformer ; elle est en train d’être absorbée. Le code est le nouveau capital, la donnée la nouvelle monnaie, et la confiance, jadis garantie par les tours, se déplace vers les réseaux. L’assaut a commencé, et il ne s’arrêtera pas aux portes des banques.
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Marchés européens au sommet : euphorie ou signal d’alarme ?
Les marchés actions européens ont atteint des plus-hauts historiques pour la troisième séance consécutive, alors que les tensions commerciales sino-américaines semblent s’atténuer et que les investisseurs parient sur un futur assouplissement monétaire. Le STOXX Europe 600 a terminé en légère hausse de 0,2 % le 27 octobre. Cette dynamique est alimentée notamment par les secteurs bancaires et technologiques (+1,2 %), tandis que les valeurs santé reculent légèrement. Dans le même temps, la France enregistre un nouveau record de valorisation sur ses titres boursiers : luxe, aéronautique, et services tirent les indices.
Mais derrière la montée des cours se posent plusieurs questions cruciales : cette progression reflète-t-elle une amélioration réelle des fondamentaux ou simplement une “chasse aux rendements” dans un environnement ultra-liquide ? Le contexte de taux élevés, de croissance molle en zone euro et d’incertitudes géopolitiques suggère prudence : un faux pas (inflation, conflit, taux) pourrait facilement inverser la tendance.
En outre, la hausse européenne pourrait cacher une polarisation accrue des marchés : peu de valeurs profitent vraiment de cet élan, laissant une grande part d’actions moyennes en marge. Le tabou reste celui-ci : peut-on encore parler de “marché haussier” quand il repose sur des anticipations plus que des résultats ? Les investisseurs se demandent s’ils ne sont pas déjà en avance… sur la réalité.
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Un Simple Accident : un final qui sauve tout
Avec Un Simple Accident, on entre dans un thriller psychologique qui capte l’attention dès les premières minutes… avant de légèrement se diluer. Si l’intrigue est prenante, certains passages s’étirent un peu trop, comme si le film cherchait son rythme. Les personnages, eux, auraient mérité davantage de profondeur pour renforcer l’attachement émotionnel du spectateur. Mais voilà : les vingt dernières minutes renversent tout. La tension monte, la mise en scène s’affine, et la scène finale réussit à nous clouer, haletants, jusqu’au générique. Le réalisateur a déclaré : « Le plus important dans un film, c’est le début et la fin ; au milieu, on peut se permettre de respirer. » Pari tenu : l’ouverture accroche, la conclusion marque les esprits, et malgré quelques longueurs, l’ensemble reste percutant. On quitte la salle secoué — et ça, c’est déjà une victoire.
Actuellement en salle.
Par Jafar Panahi (104 minutes)
Credit photo : Jafar Panahi
