Auteur/autrice : Alya

  • Role Model électrise le Trianon

    Role Model électrise le Trianon

    Role Model a enflammé Paris le 14 novembre au Trianon avec un concert porté par une intensité rare et une communion totale avec son public. Tucker Pillsbury, l’artiste derrière ce nom désormais incontournable, s’est fait connaître grâce à sa présence en ligne, son esthétique profondément sensible et sa tournée en ouverture de Gracie Abrams qui l’a propulsé dans une nouvelle dimension. Aujourd’hui, il s’impose comme une figure majeure de la pop alternative, porté par des titres devenus cultes pour sa communauté, tels que Some Protector, Writings On The Wall ou Sally When The Wine Runs Out.

    Fort d’un passage explosif au Royaume Uni où les salles sautaient à l’unisson, il a fait vibrer Paris avec la même force. Dès les premières notes, l’énergie a traversé la salle comme une vague. Le public sautait, criait, chantait, et le sol du Trianon tremblait littéralement sous l’intensité collective. Role Model, fidèle à sa douceur habituelle, a veillé sur son audience tout en la galvanisant, s’assurant que chacun vive le concert dans une atmosphère de sécurité et d’émotion.

    Le moment le plus attendu de la soirée est arrivé avec la traditionnelle sélection de la Sally, un rituel devenu emblématique de ses concerts. Durant Sally When The Wine Runs Out, Role Model fait monter sur scène une personne du public qu’il choisit pour son énergie, sa présence et sa capacité à porter l’ambiance du moment. Parfois, la Sally est une célébrité comme Lewis Capaldi ou Niall Horan, créant des moments inattendus pour les fans.

    À Paris, la Sally était une fan remarquée par Tucker et son équipe pendant le concert grâce à son enthousiasme débordant. Une fois sur scène, la Sally ne chante pas mais devient le centre d’attention d’un morceau entier : elle danse, profite, et partage un moment de complicité qui électrise toute la salle. Elle incarne l’énergie du public, devient presque le personnage principal de la chanson le temps de quelques minutes, apportant une dimension humaine, spontanée et profondément touchante à la performance.

    La demande ayant explosé, une deuxième date a été ajoutée le 15 novembre, preuve de l’engouement massif autour de l’artiste. Deux soirs d’émotion, de puissance et d’unité qui confirment que Role Model ne fait pas que donner un concert : il crée une expérience.

    Note de la rédaction : 8,5 sur 10

    Photo ABH

  • Face aux abus des fonds étrangers, l’État sort de sa torpeur

    Face aux abus des fonds étrangers, l’État sort de sa torpeur

    L’État français engage des poursuites contre le fonds britannique Greybull : il lui reproche de
    n’avoir pas respecté les engagements pris lors de la reprise en 2024 de NovAsco, sidérurgiste
    français. Greybull s’était engagé à injecter 90 millions d’euros dans le redressement industriel
    du groupe, tandis que l’État apportait 75 millions d’euros de soutien sous forme de prêts et
    subventions. Or, un an après la reprise, seuls 1,5 million d’euros ont véritablement été versés
    par Greybull, et le groupe se trouve à nouveau en redressement judiciaire à Strasbourg,
    menaçant plusieurs centaines d’emplois sur quatre sites industriels. Les pouvoirs publics
    évoquent une « fraude au jugement » et envisagent une action judiciaire pour contraindre
    Greybull à rendre compte de son engagement. De leur côté, les syndicats estiment que
    l’opération s’apparente à une montée en capital opportuniste, sans véritable pilotage
    industriel. Face à cette situation, l’État français vise non seulement la protection des emplois,
    mais aussi la préservation d’un outil stratégique dans la sidérurgie bas-carbone. Greybull n’en
    est pas à son premier dossier bancal. Avec sa reprise de British Steel, il avait déjà œuvré.
    Souhaitons que le coup de menton du ministre de l’Industrie soit suivi d’effet.

  • Les juges US bloquent la Garde Nationale

    Les juges US bloquent la Garde Nationale

    Aux États-Unis, le bras de fer entre pouvoir exécutif et justice autour du déploiement de la Garde nationale a franchi une étape décisive. Un juge fédéral a jugé illégale l’utilisation de ces troupes par Donald Trump pour sécuriser la ville de Portland, dans l’Oregon, et a ordonné que cette mesure soit bloquée de manière permanente. Une décision qui éclaire d’un jour nouveau la stratégie sécuritaire de l’ancien président dans plusieurs métropoles.

    Depuis des mois, Trump fait campagne sur la promesse d’“envoyer l’armée” dans les grandes villes dirigées par les démocrates, qu’il accuse de laxisme face à la criminalité. La Garde nationale est devenue un symbole de cette posture de fermeté. Mais la loi encadre strictement son déploiement sur le territoire américain : il faut des conditions d’insurrection, de rébellion ou d’urgence grave. À Portland, comme à Memphis ou Los Angeles, les juges considèrent que ces seuils n’étaient pas atteints.

    En déclarant illégale l’activation de la Garde nationale dans l’Oregon, la justice rappelle une limite fondamentale : même un président ne peut militariser l’espace public à sa guise. La décision ne vaut pas automatique interdiction pour toutes les villes du pays, mais elle crée un précédent lourd. D’autres recours, déjà déposés dans des États démocrates, s’appuieront sur ce jugement pour tenter d’obtenir, eux aussi, des blocages durables.

    Sur le terrain politique, Trump se pose en victime d’une justice “militante” qui empêcherait de “protéger les honnêtes citoyens”. Ses opposants l’accusent au contraire de transformer la Garde nationale en outil de communication électorale, au mépris des lois et des libertés civiles. Entre les deux, des maires démocrates, pris en étau entre la pression sécuritaire et la crainte d’une dérive autoritaire, voient dans la décision des juges un répit.

    Alors que la campagne présidentielle américaine s’intensifie, cette bataille juridique montre à quel point la question de l’ordre public est devenue un champ de confrontation institutionnelle. Les juges ne se contentent plus de commenter la Constitution. Ils fixent des lignes rouges à la tentation d’envoyer des soldats dans les rues.

  • Wall Street habilite les cryptos

    Wall Street habilite les cryptos

    Le régulateur de Wall Street a dévoilé ses priorités d’examen pour 2026 et, fait notable, la crypto disparaît totalement de la liste. Contrairement aux années précédentes, aucune mention spécifique n’est faite aux actifs numériques ou aux prestataires crypto. L’autorité prévoit désormais de concentrer ses contrôles sur des sujets transversaux : devoirs fiduciaires, protection des investisseurs, cybersécurité et gestion des données sensibles.

    Cette évolution marque un changement de climat : la crypto n’est plus considérée comme un secteur prioritaire à surveiller de près. Le régulateur rappelle toutefois que l’absence de mention ne signifie pas absence de contrôle : des vérifications ciblées restent possibles si des risques émergent.

    Pour l’industrie, ce retrait du « spotlight » est un signal d’apaisement. Pour les marchés, c’est surtout l’indice d’un cadre plus stable, susceptible de favoriser un retour de l’investissement institutionnel.

  • Où sont passés les havanes ?

    Où sont passés les havanes ?

    La disparition des havanes en France est un fait une pénurie qui s’explique. Depuis quelques
    années, les amateurs français constatent une rareté grandissante des cigares cubains dans les
    civettes. Ce qui se trouvait aisément il y a encore cinq ou six ans, et à des tarifs
    raisonnables, est devenu difficile à dénicher et souvent hors de prix. La cause n’est pas
    unique, mais résulte d’un enchaînement de facteurs qui frappe l’ensemble de la filière.
    D’abord, Cuba traverse une crise de production sans précédent. Les ouragans ont dévasté les
    plantations de Pinar del Río, les pénuries d’engrais paralysent les récoltes, et l’économie
    locale peine à assurer les conditions nécessaires à un tabac de qualité. Moins de feuilles,
    moins de roulage : l’offre s’est brutalement contractée.

    Parallèlement, la demande mondiale a explosé, portée notamment par l’Asie, prête à payer
    très cher pour les marques iconiques. En 2022, Habanos SA a choisi d’aligner ses prix sur
    ceux de Hong Kong, entraînant des hausses spectaculaires : jusqu’à +300 % pour certains
    Cohiba. La stratégie assumée consiste désormais à positionner ces cigares comme des
    produits de luxe mondiaux.

    Pour la France, l’effet est immédiat : allocations en baisse, fiscalité lourde, et civettes peu
    enclines à immobiliser des stocks devenus onéreux et incertains. Entre pénurie et spéculation,
    les havanes disparaissent peu à peu des étagères, laissant place aux productions
    nicaraguayennes ou dominicaines, désormais plus stables et plus accessibles.

  • La papeterie italienne Legami passe les Alpes

    La papeterie italienne Legami passe les Alpes

    La marque italienne Legami fait une entrée remarquée en France avec l’ouverture de sa première boutique physique à Serris, au centre commercial Val d’Europe.  Cet espace de 80 m² n’est pas un simple « corner » : il incarne une immersion complète dans l’univers joyeux et coloré de la marque, entre papeterie, accessoires ludiques et objets du quotidien.

    Legami, connue pour ses designs décalés, ses carnets rigolos, ses stylos originaux et ses accessoires tendance, vise un public urbain, créatif et connecté. L’ouverture d’un point de vente propre en France est une étape stratégique forte dans sa feuille de route internationale, lui permettant de tisser un lien direct avec ses clients.

    Ce magasin physique ouvre aussi la voie à une expérience plus tactile, où les clients peuvent feuilleter, tester et acheter des produits qui, en ligne, restent souvent abstraits. L’enseigne mise sur cette interaction directe pour renforcer sa fidélité et offrir un espace qui va au-delà du simple achat : un lieu d’inspiration.

    Avec cette expansion, Legami démontre sa vision d’une papeterie moderne, qui allie imagination, utilité et interaction. Ce pas en avant pourrait ouvrir la voie à d’autres boutiques en France, si la première réussite confirme le potentiel du marché local. Pour Legami, l’objectif est clair : faire de la France non seulement un marché de distribution, mais un véritable terrain d’expérience pour sa marque pop et singulière.

  • Les prénoms passe-partout dominent

    Les prénoms passe-partout dominent

    En France, Louise et Gabriel restent les prénoms les plus donnés, portés par un goût national
    pour les valeurs sûres : des sonorités douces, classiques, faciles à transmettre à toutes les
    générations. Jadis très variées, les tendances se recentrent aujourd’hui sur des prénoms courts,
    internationaux et peu marqués socialement.

    Cette logique se retrouve chez nos voisins. En Italie, Sofia et Leonardo caracolent en tête :
    une fidélité à la tradition latine, mais avec une envie de simplicité et d’élégance.
    En Espagne, Hugo et Lucia dominent, reflet d’une génération attirée par des prénoms
    universels, rapides à écrire, faciles à prononcer dans plusieurs langues, un héritage de
    décennies d’ouverture culturelle.

    En Angleterre, Olivia et Noah conservent leur avance : des prénoms globalisés, portés par les
    séries, la pop culture et une influence mondiale de la culture anglo-saxonne. Pourquoi cette convergence ? Parce que les familles cherchent aujourd’hui des prénoms «passe-partout » : faciles à porter à l’étranger, immédiatement identifiables, et suffisamment intemporels pour accompagner un enfant toute sa vie. À l’heure des mobilités, de l’exposition médiatique permanente et du travail international, un prénom devient presque un petit passeport culturel.

    Ainsi, de Paris à Londres, de Milan à Madrid, l’Europe semble s’unifier autour de la même
    recette : des prénoms courts, doux, modernes… mais profondément enracinés dans une
    mémoire collective qui rassure autant qu’elle inspire.

  • Sabrina Carpenter modernise Alice

    Sabrina Carpenter modernise Alice

    Sabrina Carpenter va incarner Alice dans une nouvelle adaptation musicale du récit emblématique Alice aux Pays des Merveilles. Ce rôle marque une étape importante dans sa trajectoire : non seulement elle joue l’héroïne, mais elle est aussi productrice du film aux côtés de Marc Platt, déjà connu pour ses productions ambitieuses.

    La mise en scène sera assurée par Lorene Scafaria, qui a déjà fait ses preuves avec des œuvres comme Hustlers et des épisodes de Succession, promettant une relecture moderne, audacieuse et musicale du classique de Lewis Carroll. Le projet allie le charme onirique du conte et une dimension contemporaine, portée par la créativité et l’énergie de Carpenter.

    Pour la jeune artiste, cette expérience est doublement significative : elle peut exprimer sa fibre musicale tout en explorant le cinéma d’une manière plus engagée, en participant à la production. Le film pourrait aussi redéfinir la figure d’Alice, la rendant plus proche des nouvelles générations, sans trahir la magie intemporelle du récit original.

    Cette adaptation très attendue suscite déjà l’enthousiasme parmi les fans, qui voient en Carpenter une Alice à la fois rêveuse et déterminée. Le projet s’annonce comme un pont entre conte classique et pop culture, une promesse d’émotion, de chansons et d’imaginaire revisité.

  • Shein sème la zizanie des marques au BHV

    Shein sème la zizanie des marques au BHV

    Le BHV Marais se retrouve au cœur d’une crise sans précédent alors que l’arrivée de Shein dans ses rayons provoque un exode massif de marques françaises. Dès l’annonce, des enseignes comme Odaje, Figaret Paris, Le Slip Français, Maison Lejaby ou Maison Pechavy ont décidé de rompre leur collaboration, dénonçant un clash éthique entre leurs valeurs responsables et le modèle ultra fast-fashion de Shein.

    Pour ces marques, se retrouver aux côtés d’un géant qui accélère la surproduction mondiale, utilise des circuits à faible coût et présente un lourd bilan écologique est impensable. La fondatrice de Pechavy affirme qu’elle « refuse d’apparaître en rayon à ses côtés » tant la dissonance est forte.  Parallèlement, plusieurs fournisseurs accusent le BHV de retards de paiement considérables, évoquant des pratiques qui fragilisent financièrement les petites marques.

    Le propriétaire du BHV, la SGM, défend le partenariat avec Shein comme une stratégie de revitalisation du magasin : selon ses dirigeants, l’ultra fast-fashion pourra attirer un flux massif de visiteurs et dynamiser un lieu historique.  Dès la première semaine, le magasin a enregistré un afflux impressionnant : d’après des chiffres relayés, 50 000 visiteurs sont venus juste pour le corner Shein.

    Mais la tension ne faiblit pas : les marques quittent les rayons beauté (Aime, Skin&Out)  , les enseignes luxe (Dior, Guerlain, Sandro, Maje) ont fermé leurs concessions récemment  , et certains dénoncent un « signal négatif » adressé au secteur de la mode responsable.

    Au-delà d’un simple scandale, c’est une fracture profonde dans le commerce parisien qui se joue : une partie de l’industrie refuse de sacrifier ses principes pour des retombées économiques, et le BHV, en persistant avec Shein, prend le pari risqué d’un modèle qui pourrait diviser durablement son image et sa clientèle.

  • La BD se rebelle à Angoulême

    La BD se rebelle à Angoulême

    Le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême traverse une tempête historique. En 2025, près de 400 auteurs ont signé une tribune dénonçant le manque de transparence, l’opacité financière et une gouvernance jugée conforme à des intérêts privés, centrés sur la société 9e Art+ qui organise le salon.  Parmi les signataires : des grands noms tels que Riad Sattouf, Lewis Trondheim, Art Spiegelman ou Catherine Meurisse.

    Leur revendication est simple : tourner la page de 9e Art+ et remettre le festival aux mains d’une organisation plus collective, plus transparente et surtout plus respectueuse de l’âme de la BD.  Ce malaise profond trouve un écho majeur dans toute la profession, jusqu’aux éditeurs, qui expriment une défiance croissante face à une structure jugée trop opaque et trop mercantile.

    En réponse à la pression grandissante, l’association propriétaire du festival, le FIBD, a décidé d’annuler les résultats de son dernier appel d’offres et de lancer un nouveau processus de sélection.  9e Art+ ne sera pas reconduit au-delà de 2027, selon les annonces : un tournant majeur pour un événement qui risque de perdre certains de ses piliers artistiques s’il ne se réforme pas.

    Le mot-dièse #NOFIBD2026 circule massivement dans la communauté BD sur les réseaux sociaux.  Certains auteurs refusent déjà de participer à l’édition 2026, estimant que sans remise en question profonde, le festival pourrait se vider de son sens.

    Au-delà du simple clash entre organisateurs et auteurs, c’est un véritable débat sur l’identité du FIBD qui se joue : festival historique de la bande dessinée, il est aujourd’hui appelé à se réinventer pour retrouver une légitimité collective, loin des tensions commerciales et des conflits de gouvernance.