Auteur/autrice : Alya

  • Complot texan pour réduire une île en esclavage

    Complot texan pour réduire une île en esclavage

    Deux jeunes Texans de 20 et 21 ans ont été mis en examen aux États-Unis pour un projet glaçant : envahir l’île haïtienne de La Gonâve, massacrer les hommes et réduire femmes et enfants en esclavage. Selon l’acte d’accusation rendu public par la justice fédérale, ils avaient imaginé une opération quasi militaire, avec achat d’un voilier, d’armes, de munitions et recrutement de sans-abri à Washington comme « mercenaires ».

     Leur objectif assumé était d’instaurer un régime de terreur pour assouvir leurs fantasmes de violences sexuelles. Les enquêteurs ont retrouvé messages chiffrés, plans détaillés et même l’apprentissage du créole haïtien pour préparer la prise de contrôle de l’île. Le complot a été déjoué avant tout passage à l’acte, mais l’affaire révèle la radicalisation violente de certains profils isolés, nourris d’idéologies extrémistes en ligne. Les deux hommes encourent de très lourdes peines pour conspiration en vue de meurtres, enlèvements et production de pornographie infantile.

  • Pression salariale chez Groupama

    Pression salariale chez Groupama

    Chez Groupama, l’heure est à la tension sociale. Dans un contexte d’inflation persistante et de résultats jugés solides, les organisations syndicales estiment que les propositions de la direction en matière de salaires restent insuffisantes. Le groupe d’assurance aurait mis sur la table une hausse générale d’environ 1 %, assortie de quelques mesures complémentaires, loin des revendications portées par les représentants du personnel.

    Ces derniers dénoncent un décrochage du pouvoir d’achat par rapport à d’autres acteurs du secteur financier, qui ont consenti des augmentations plus significatives ces deux dernières années. La direction met en avant la nécessité de préserver la compétitivité du groupe et le coût global de la masse salariale. Les discussions se poursuivent mais la menace de mobilisations, voire de grèves, plane si aucun compromis n’est trouvé rapidement.

    L’issue de ce bras de fer sera scrutée de près dans tout le secteur des assurances, où la question des salaires est redevenue centrale.

  • Le Japon zen face au choc des taux

    Le Japon zen face au choc des taux

    La hausse historique des taux de la dette japonaise agite les marchés mais le gouvernement de Tokyo affiche une sérénité calculée. Alors que les rendements des obligations souveraines grimpent à des niveaux inédits depuis des décennies, les autorités japonaises maintiennent un discours de maîtrise et de continuité.

    Cette hausse des taux s’inscrit dans un contexte de normalisation monétaire progressive après des années de politique ultra accommodante. La Banque du Japon doit composer avec une inflation plus durable, des pressions sur le yen et une surveillance accrue des marchés internationaux. Chaque mouvement de taux est scruté, tant il peut influencer les flux de capitaux mondiaux et les stratégies de portage de nombreuses institutions.

    Malgré cette tension, Tokyo joue la carte de la patience. Le gouvernement insiste sur la solidité de l’économie japonaise, la capacité du système financier à absorber des taux plus élevés et la volonté de préserver la soutenabilité de la dette sur le long terme. Les responsables soulignent aussi la spécificité du modèle japonais, fondé sur une épargne abondante et un fort ancrage domestique de la dette publique, ce qui limite la dépendance aux marchés étrangers.

    Cette sérénité affichée ne dissipera pas toutes les inquiétudes. La remontée des taux renchérit le coût du service de la dette et pourrait peser sur les marges budgétaires futures. Elle interpelle également les autres grandes banques centrales, qui observent avec attention les conséquences d’une sortie progressive de politiques ultra accommodantes.

    Pour les investisseurs, le cas japonais sert de laboratoire à ciel ouvert. Il illustre les tensions entre inflation, croissance, crédibilité monétaire et soutenabilité budgétaire, dans un pays qui affronte le vieillissement démographique le plus avancé au monde. Reste à voir si la zen attitude de Tokyo tiendra en cas de nouvelle secousse sur les marchés mondiaux.

  • Taxe foncière, coup de frein surprise

    Taxe foncière, coup de frein surprise

    Coup de théâtre dans le dossier explosif de la taxe foncière. Selon le ministère du Logement, le gouvernement envisage désormais de suspendre l’augmentation prévue pour 2026, une hausse qui devait toucher plus de 7,4 millions de logements. Cette marche arrière intervient alors que la grogne montait du côté des propriétaires comme des élus locaux, inquiets de l’effet cumulatif de la pression fiscale et de la flambée des coûts de l’énergie.

    Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a laissé entendre que l’exécutif ne pouvait pas ignorer la fatigue fiscale des ménages, déjà éprouvés par l’inflation et l’augmentation des charges de copropriété. La perspective d’une nouvelle hausse de taxe foncière faisait craindre un décrochage encore plus marqué du marché locatif, avec des bailleurs tentés de se retirer ou d’augmenter fortement les loyers pour compenser.

    La suspension de cette hausse ne signifie pas pour autant un abandon définitif. Elle s’inscrit dans un contexte budgétaire extrêmement tendu, où chaque décision fiscale est scrutée à l’aune des déficits publics et des engagements européens. Le gouvernement cherche un équilibre délicat entre la nécessité de financer les collectivités locales et la protection du pouvoir d’achat des ménages.

    Cette annonce redessine aussi les rapports avec les maires, qui comptent sur la taxe foncière pour boucler leurs budgets. Beaucoup dénoncent un jeu de yoyo fiscal qui complique la planification des investissements, notamment en matière de rénovation énergétique et de logement social.

    Cette inflexion illustre la fragilité de la majorité face à une opinion excédée par la hausse des impôts locaux. À l’approche de nouvelles échéances électorales, l’exécutif tente d’envoyer un signal d’apaisement. Reste à savoir si ce geste symbolique suffira à calmer la colère des contribuables, alors que d’autres hausses, plus discrètes, continuent de s’empiler sur leurs avis d’imposition.

  • PLFSS 2026, le Sénat en première ligne

    PLFSS 2026, le Sénat en première ligne

    Ce mardi 25 novembre 2025, le Sénat poursuit l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, texte hautement sensible dans un climat politique déjà électrique. Transmis au Palais du Luxembourg après l’échec de son examen complet à l’Assemblée nationale, le PLFSS cristallise les tensions entre maîtrise des dépenses et défense du modèle social.

    Depuis le 19 novembre, les sénateurs enchaînent les séances publiques pour décortiquer les articles, notamment sur l’hôpital, la médecine de ville, les retraites et le médicament. La commission des affaires sociales, sous l’égide de sa rapporteure générale Élisabeth Doineau, a déjà largement remanié le texte, en ciblant certains articles jugés trop brutaux pour les professionnels de santé. Ainsi, le Sénat a refusé d’accorder à l’Assurance maladie un pouvoir de baisse unilatérale des tarifs, un dispositif pensé pour lutter contre les rentes jugées excessives dans certains secteurs mais vécu comme une menace par les médecins et cliniques.

    En toile de fond, la question du déficit structurel de la sécurité sociale, aggravé par le vieillissement de la population et la progression des dépenses de santé. Le gouvernement plaide pour des économies ciblées et une meilleure régulation des prescriptions et des actes. La majorité sénatoriale, dominée par la droite et le centre, entend quant à elle défendre les territoires, les hôpitaux de proximité et les professionnels libéraux, tout en affichant sa rigueur budgétaire.

    Cette séquence parlementaire se déroule sur fond d’incertitude plus large autour du budget 2026, avec un exécutif qui appelle à ne pas transformer ce débat en répétition générale de la présidentielle de 2027. Pourtant, chaque amendement sur le PLFSS prend des allures de test politique, révélant les lignes de fracture entre partisans d’une protection sociale recentrée et défenseurs d’un État social robuste.

  • Hayli Gubbi, le réveil d’un volcan oublié

    Hayli Gubbi, le réveil d’un volcan oublié

    En Éthiopie, le Hayli Gubbi vient de sortir de son sommeil après environ 12 000 ans d’inactivité, offrant au monde un spectacle spectaculaire autant qu’inquiétant. Situé dans la région de l’Afar, ce volcan longtemps considéré comme éteint a brusquement rejeté cendres et lave, projetant un immense panache dans l’atmosphère. Les images satellites montrent un nuage de particules dérivant au-dessus de la mer Rouge, perturbant le trafic aérien et obligeant plusieurs compagnies à détourner ou annuler des vols.

    Sur le terrain, les autorités éthiopiennes ont mis en place des mesures d’évacuation ciblées pour les populations les plus exposées aux retombées de cendres et aux coulées potentielles. Aucun décès n’a été signalé à ce stade, mais les habitants décrivent une détonation soudaine et une obscurité partielle au moment de l’éruption, comme si une bombe avait explosé à proximité.

    L’épisode relance le débat sur l’impact climatique des volcans. Le Hayli Gubbi émet d’importantes quantités de gaz, dont du dioxyde de soufre et du dioxyde de carbone. À court terme, le panache peut perturber la qualité de l’air et les conditions de vol. À plus long terme, les spécialistes rappellent que certaines grandes éruptions ont pu influencer le climat mondial, même si l’effet dépend de la durée, de l’intensité et de la composition précise des émissions.

    Cette éruption rappelle aussi la vulnérabilité des infrastructures modernes face à ces phénomènes naturels. Les couloirs aériens de la région sont cruciaux pour le trafic entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Les autorités de l’aviation civile surveillent de près l’évolution de la situation pour adapter en temps réel les plans de vol.

    Le réveil du Hayli Gubbi illustre enfin la nécessité d’un suivi scientifique renforcé des zones volcaniques, même lorsque l’activité semble nulle depuis des millénaires. Dans un monde obsédé par les émissions anthropiques, cette respiration brutale de la planète rappelle que la Terre garde sa propre dynamique, parfois spectaculaire, souvent imprévisible.

    Image générée via IA

  • La ruée silencieuse sur les indices boursiers

    La ruée silencieuse sur les indices boursiers

    Dans l’ombre des grandes stars de la cote, un autre business continue de prospérer sur les marchés financiers, celui des fournisseurs d’indices. Portés par l’essor ininterrompu des ETF, ces géants de la donnée et de la méthodologie boursière surfent sur une vague qui ne faiblit pas. Les Échos rappellent à quel point la multiplication des fonds indiciels thématiques, sectoriels ou géographiques renforce leur pouvoir et leur rentabilité.

    Chaque nouvel ETF qui voit le jour repose sur un indice, souvent conçu sur mesure. Derrière un simple code se cache un travail sophistiqué de sélection de titres, de pondération et de rééquilibrage. Les émetteurs de fonds paient des licences pour utiliser ces indices, générant des revenus récurrents pour des acteurs devenus incontournables. Dans un environnement où les frais de gestion sont en forte pression, la bataille pour proposer l’indice le plus pertinent et le plus vendeur fait rage.

    L’actualité récente montre une montée en puissance des indices liés à des thématiques comme la transition énergétique, l’intelligence artificielle ou encore les valeurs de dividendes. Les fournisseurs rivalisent de créativité pour capter l’appétit des investisseurs particuliers et institutionnels, en quête de produits simples, liquides et peu coûteux. Cette innovation permanente alimente à son tour la croissance des ETF, créant un cercle vertueux pour le secteur.

    Ce pouvoir croissant soulève toutefois des enjeux de régulation. La façon dont un indice est construit influence directement les flux d’investissement et donc la valorisation de certaines entreprises. Les autorités de marché s’interrogent sur la transparence des méthodologies, le risque de concentration et l’éventuelle dépendance excessive de la gestion d’actifs à quelques grands fournisseurs.

    Dans un monde où une grande partie de l’épargne mondiale est désormais gérée de façon indicielle, ces architectes de la cote se retrouvent au cœur du système financier. Leur influence, longtemps méconnue du grand public, devient un sujet stratégique pour les régulateurs, les gérants et les entreprises cotées elles-mêmes, qui voient leur destin boursier se jouer parfois dans les coulisses d’un simple changement d’indice.

  • Le service public de l’audiovisuel en question

    Le service public de l’audiovisuel en question

    Le service public de l’audiovisuel va passer sur le grill de l’Assemblée nationale. Les députés veulent comprendre comment seront dépensés les 4 milliards d’euros alloués aux chaînes publiques en 2026. Sur fond de guerre des médias — droite contre gauche, public contre privé — ils auditionneront les dirigeants de ces antennes à qui l’on demande de rendre des comptes sur leur mission.

    Les Français l’ignorent souvent, mais l’État finance des chaînes de télévision, de radio et des sites d’information avec leurs impôts. France 2, France 3, France 4, France 5, Franceinfo TV, TV5, France 24, France Inter, France Culture, France Musique, ICI, Outre-mer La Première en Guyane, Martinique, Guadeloupe, etc. Sans oublier l’AFP, qui bénéficie elle aussi de généreux subsides publics. Toutes ces antennes disposent, en prime, de leurs sites Internet.

    Difficile d’échapper à ce vaste ensemble « de service public ». Il couvre pratiquement toute la planète, traite de tous les sujets et concurrence directement les chaînes et médias privés. Même Info-Mag.

    En face, il y a le privé. Lui se finance seul : ventes, abonnements, publicité. Aucune autre source n’a encore été trouvée pour payer la facture. Certes, certains journaux portés bénéficient d’aides ciblées et d’une TVA réduite, mais cela reste marginal.

    Économiquement, il est discutable que des chaînes et médias financés par l’impôt viennent concurrencer des acteurs privés. Ils leur prennent une audience que ces derniers pourraient monétiser. Une idée très libérale, qui passerait outre-Atlantique, mais beaucoup moins en France.

    Politiquement, le service public penche à gauche par réflexe culturel, et il ne parvient pas à se résoudre à une stricte neutralité. Il faudrait, peut-être, l’assumer. Dire que le privé serait forcément « de droite » ne tient pas : Libé, L’Obs ou Médiapart ne sont pas précisément des bastions conservateurs, et le dernier prospère très bien avec son modèle et ses scoops.

    Philosophiquement, tout peut se défendre… et son exact contraire.

    Mais dans un pays surtaxé, le contribuable a-t-il vraiment besoin de cette profusion de chaînes, de radios et de sites qui parlent, bien souvent, d’une seule et même voix ? Avons-nous besoin de tant de médias publics écrits, sonores et télévisuels ? Il existe peut-être une autre voie : celle d’un juste équilibre, et d’un retour à deux ou trois chaînes publiques par type de média.

    ORTF, réveille-toi : ils sont devenus fous.

  • The Running Man, feu d’artifice dystopique

    The Running Man, feu d’artifice dystopique

    Adapté du roman de Stephen King, The Running Man version Edgar Wright embrasse pleinement son concept de télé-réalité meurtrière dans une Amérique ultra-capitaliste à la dérive. Le film ne révolutionne pas le genre, mais il s’y jette avec une telle énergie qu’on se laisse embarquer sans résistance. On pense forcément à Hunger Games ou à la satire à la Verhoeven comme Robocop, mais Wright signe ici son blockbuster le plus frontal, à mi-chemin entre l’action survitaminée et la critique des écrans omniprésents.

    Le vrai moteur du film, c’est Glen Powell. Charismatique, sûr de lui sans jamais être insupportable, il occupe chaque plan comme un véritable movie star, donnant au héros désespéré une désinvolture presque rock. Face à lui, Colman Domingo s’amuse en maître de cérémonie carnassier, figure parfaite d’un système médiatique qui sourit en direct pendant qu’il broie des vies. Michael Cera, Daniel Ezra et le reste du casting complètent ce jeu macabre avec une galerie de personnages secondaires plus nuancés qu’on pourrait le croire dans un pur film d’action.

    La mise en scène est nerveuse, inventive, toujours en mouvement, mais le rythme connaît quelques ratés : certaines séquences s’étirent inutilement quand d’autres enjeux politiques ou émotionnels sont expédiés à toute vitesse. Le commentaire sur la téléréalité, la manipulation des images et la fascination pour la violence n’a rien de subtil, mais il reste étrangement satisfaisant, tant le film assume son côté gros spectacle tout en laissant filtrer une vraie colère contre un capitalisme devenu jeu sanglant.

    On ressort de la salle sonné, amusé, vaguement mal à l’aise, mais surtout convaincu que Powell vient de gagner un niveau dans la hiérarchie des leading men d’Hollywood.

    Sortie en salle en France depuis le 19 novembre 2025

    Réalisé par Edgar Wright

    Durée du film : 133 minutes

    Note de la rédaction : 4/5

    Crédit photo : Paramount Pictures

  • Les slovènes refusent l’aident à mourir

    Les slovènes refusent l’aident à mourir

    En Slovénie, les électeurs viennent de trancher sur une question éminemment intime et politique : faut-il autoriser l’aide à mourir pour les patients en phase terminale ? À l’issue d’un référendum très suivi, une majorité de votants a rejeté la loi qui devait encadrer l’assistance au décès pour les personnes souffrant de douleurs insupportables et sans espoir de guérison. Résultat : le texte, adopté quelques mois plus tôt par le Parlement, est suspendu.

    La loi prévoyait un cadre strict : seuls des patients mentalement aptes, en fin de vie et après avis concordant de plusieurs médecins, auraient pu recevoir un médicament létal qu’ils auraient eux-mêmes administré. Elle excluait notamment les personnes atteintes de troubles psychiatriques. Pour ses défenseurs, il s’agissait d’offrir une mort digne, choisie, dans la continuité des droits des patients et des évolutions observées dans plusieurs pays européens.

    Face à eux, une coalition de groupes conservateurs, d’associations médicales et d’organisations religieuses a mené une campagne intense contre ce qu’ils considèrent comme une « culture de la mort ». Ils plaident pour un renforcement massif des soins palliatifs, jugés insuffisants, et pour la protection de la vie jusqu’à son terme naturel. Le référendum, au-delà du score serré, montre combien la société slovène reste divisée sur la manière d’accompagner la fin de vie.

    Pour le gouvernement, la défaite est un revers, mais pas la fin du débat. Le Premier ministre a déjà indiqué que la question de la dignité des patients en fin de vie resterait à l’agenda. D’ici là, la Slovénie revient à un statu quo juridique qui, pour beaucoup de familles confrontées à la maladie, laisse subsister un grand vide entre acharnement thérapeutique et accompagnement choisi.