Le service public de l’audiovisuel va passer sur le grill de l’Assemblée nationale. Les députés veulent comprendre comment seront dépensés les 4 milliards d’euros alloués aux chaînes publiques en 2026. Sur fond de guerre des médias — droite contre gauche, public contre privé — ils auditionneront les dirigeants de ces antennes à qui l’on demande de rendre des comptes sur leur mission.
Les Français l’ignorent souvent, mais l’État finance des chaînes de télévision, de radio et des sites d’information avec leurs impôts. France 2, France 3, France 4, France 5, Franceinfo TV, TV5, France 24, France Inter, France Culture, France Musique, ICI, Outre-mer La Première en Guyane, Martinique, Guadeloupe, etc. Sans oublier l’AFP, qui bénéficie elle aussi de généreux subsides publics. Toutes ces antennes disposent, en prime, de leurs sites Internet.
Difficile d’échapper à ce vaste ensemble « de service public ». Il couvre pratiquement toute la planète, traite de tous les sujets et concurrence directement les chaînes et médias privés. Même Info-Mag.
En face, il y a le privé. Lui se finance seul : ventes, abonnements, publicité. Aucune autre source n’a encore été trouvée pour payer la facture. Certes, certains journaux portés bénéficient d’aides ciblées et d’une TVA réduite, mais cela reste marginal.
Économiquement, il est discutable que des chaînes et médias financés par l’impôt viennent concurrencer des acteurs privés. Ils leur prennent une audience que ces derniers pourraient monétiser. Une idée très libérale, qui passerait outre-Atlantique, mais beaucoup moins en France.
Politiquement, le service public penche à gauche par réflexe culturel, et il ne parvient pas à se résoudre à une stricte neutralité. Il faudrait, peut-être, l’assumer. Dire que le privé serait forcément « de droite » ne tient pas : Libé, L’Obs ou Médiapart ne sont pas précisément des bastions conservateurs, et le dernier prospère très bien avec son modèle et ses scoops.
Philosophiquement, tout peut se défendre… et son exact contraire.
Mais dans un pays surtaxé, le contribuable a-t-il vraiment besoin de cette profusion de chaînes, de radios et de sites qui parlent, bien souvent, d’une seule et même voix ? Avons-nous besoin de tant de médias publics écrits, sonores et télévisuels ? Il existe peut-être une autre voie : celle d’un juste équilibre, et d’un retour à deux ou trois chaînes publiques par type de média.
ORTF, réveille-toi : ils sont devenus fous.