La question de la taxation des très hauts patrimoines est à nouveau au cœur du débat politique en France en 2025, avec la proposition dite de “taxe Zucman”. Ce dispositif vise à instaurer un impôt plancher de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, touchant environ 1 800 foyers fiscaux.
Les défenseurs estiment que cette taxe corrigerait une inégalité flagrante : les ultra-riches paient proportionnellement moins, grâce aux optimisations fiscales, holdings, etc. Cette taxe pourrait rapporter entre 15 et 25 milliards d’euros par an à l’État.
Mais jusqu’où peut-on aller sans effets pervers ? Parmi les limites évoquées :
- Exil fiscal : certains craignent que les ultra-fortunés déplacent leur résidence ou ajustent leur patrimoine pour échapper à cette taxe.
- Valorisation des actifs non liquides : actions d’entreprise, biens professionnels, immeubles difficiles à liquider, ce qui pose un problème d’évaluation.
- Motivation économique : si la taxation décourage l’investissement ou la création d’entreprise, cela pourrait avoir un effet négatif sur l’emploi ou la croissance.
- Constitutionnalité : le Sénat a déjà rejeté la proposition en juin 2025, et les adversaires soulignent les risques juridiques.
En fin de compte, taxer les riches plus fortement semble politiquement possible, mais dans des limites de seuils, de taux acceptables, et avec des garde-fous pour éviter les fuites. Le défi est de conjuguer justice fiscale, efficacité économique, et acceptabilité sociale.
