Tunnel Maroc-Espagne : le rêve d’un lien ferroviaire relancé

Le tunnel ferroviaire sous-marin entre le Maroc et l’Espagne, projet âgé de plus d’un siècle, regagne en vigueur. Une étude menée par le groupe allemand Herrenknecht, spécialiste mondial des tunneliers, a conclu à la faisabilité technique du passage sous le détroit de Gibraltar.

Estimation : 8,5 milliards d’euros et un tracé d’environ 40 km à 65 km, dont près de 40 km sous l’eau. Le scénario prévoit un tunnel exploratoire d’ici 2027, décision finale avant 2030. L’idée remonte à la fin du XIXᵉ siècle et à un accord formel signé en 1979 entre Rabat et Madrid. Malgré cette longue histoire, aucun chantier n’avait encore franchi les étapes techniques majeures jusqu’à cette étude récente.

Les enjeux sont multiples. D’abord économiques : faciliter le transport de personnes et marchandises entre l’Afrique et l’Europe, stimuler le commerce et le tourisme. Ensuite stratégiques : interconnecter les réseaux ferroviaires, énergétiques et numériques entre les deux continents. Enfin symboliques : un lien matériel qui redessine la géographie euro-africaine.

Mais les défis restent colossaux : la crête de Camarinal, zone géologique complexe, exige des techniques de forage avancées et des engagements financiers lourds.

Pour l’Espagne et le Maroc, ce projet marque un tournant. Il représente une opportunité d’influence et de coopération renouvelée. Si les échéances sont respectées, coup d’envoi pourrait être donné dans cette décennie. Mais entre ambition et exécution, la route, ou plutôt le tunnel, reste longue.