Le Français Lucas Philippe a été élu président d’INTERPOL lors de l’Assemblée générale de l’organisation tenue à Marrakech, succédant à l’Émirati Ahmed Naser Al-Raisi, dont le mandat avait été marqué par plusieurs controverses. À 53 ans, cet ancien de la police judiciaire française prend la tête d’une institution secouée par des critiques récurrentes sur l’usage politique des notices rouges et la gouvernance interne.
Issu de la brigade criminelle de Paris, passé par Marseille puis par l’Office anti-stupéfiants, Lucas Philippe a également exercé à l’international, notamment en Libye, en Asie du Sud-Est et au sein de missions de coopération européenne. Depuis un an, il représentait l’Europe au comité exécutif d’INTERPOL, où il défendait une ligne centrée sur l’efficacité opérationnelle et la lutte contre la criminalité transnationale organisée.
Son élection intervient dans un moment clé : explosion de la cybercriminalité, recrudescence des trafics et multiplication des attaques hybrides impliquant des acteurs privés ou étatiques. Philippe promet de renforcer l’échange d’informations entre polices nationales et de recentrer l’organisation sur ses missions techniques, loin des tensions diplomatiques qui l’ont fragilisée.
Même si le rôle est largement honorifique, le pouvoir exécutif restant au secrétaire général, son mandat sera scruté de près, la crédibilité d’INTERPOL dépendant désormais de sa capacité à restaurer la confiance entre États membres.
