Depuis mercredi, Hong Kong vit l’une des pires tragédies de son histoire récente. Un gigantesque incendie a ravagé le complexe résidentiel Wang Fuk Court, dans le district de Tai Po, au nord de la ville. La propagation fulgurante des flammes à travers plusieurs tours d’habitation a transformé, en quelques heures, un quartier ordinaire en scène de catastrophe. Le dernier bilan fait état d’au moins plusieurs dizaines de morts et de centaines de disparus, alors que les secours fouillent encore les étages noircis par la fumée.
Le feu serait parti d’une zone en travaux, où des échafaudages en bambou entouraient les façades. Ce matériau, symbole du génie artisanal hongkongais, se retrouve aujourd’hui au cœur des interrogations sur la sécurité des chantiers. Les bâches plastiques, l’isolant inflammable et les vents de saison auraient agi comme un accélérateur, faisant grimper les flammes de tour en tour à une vitesse qui a surpris même les pompiers les plus expérimentés.
Plus de sept cents pompiers et des dizaines de camions ont été mobilisés, certains intervenants ayant été blessés, l’un ayant perdu la vie en service. Les autorités ont ouvert des centres d’accueil d’urgence pour les milliers d’habitants évacués, souvent sortis en tenue de nuit, laissant derrière eux souvenirs, papiers et vies entières réduites en cendres.
Dans une ville où la pression immobilière pousse à rénover à marche forcée, ce drame ravive les peurs liées à la densité extrême, aux matériaux bon marché et aux inégalités qui exposent les plus modestes aux risques les plus lourds.
Dans les rues de Hong Kong, les bougies s’alignent au pied des immeubles noircis. Le deuil se mêle à la colère et à une certitude partagée par de nombreux habitants. Au-delà de la fatalité, cette nuit de mercredi ressemble à un avertissement, un rappel brutal du prix à payer lorsque la sécurité devient variable d’ajustement dans une ville qui ne dort jamais.
