En Slovénie, les électeurs viennent de trancher sur une question éminemment intime et politique : faut-il autoriser l’aide à mourir pour les patients en phase terminale ? À l’issue d’un référendum très suivi, une majorité de votants a rejeté la loi qui devait encadrer l’assistance au décès pour les personnes souffrant de douleurs insupportables et sans espoir de guérison. Résultat : le texte, adopté quelques mois plus tôt par le Parlement, est suspendu.
La loi prévoyait un cadre strict : seuls des patients mentalement aptes, en fin de vie et après avis concordant de plusieurs médecins, auraient pu recevoir un médicament létal qu’ils auraient eux-mêmes administré. Elle excluait notamment les personnes atteintes de troubles psychiatriques. Pour ses défenseurs, il s’agissait d’offrir une mort digne, choisie, dans la continuité des droits des patients et des évolutions observées dans plusieurs pays européens.
Face à eux, une coalition de groupes conservateurs, d’associations médicales et d’organisations religieuses a mené une campagne intense contre ce qu’ils considèrent comme une « culture de la mort ». Ils plaident pour un renforcement massif des soins palliatifs, jugés insuffisants, et pour la protection de la vie jusqu’à son terme naturel. Le référendum, au-delà du score serré, montre combien la société slovène reste divisée sur la manière d’accompagner la fin de vie.
Pour le gouvernement, la défaite est un revers, mais pas la fin du débat. Le Premier ministre a déjà indiqué que la question de la dignité des patients en fin de vie resterait à l’agenda. D’ici là, la Slovénie revient à un statu quo juridique qui, pour beaucoup de familles confrontées à la maladie, laisse subsister un grand vide entre acharnement thérapeutique et accompagnement choisi.
