Adapté du roman de Stephen King, The Running Man version Edgar Wright embrasse pleinement son concept de télé-réalité meurtrière dans une Amérique ultra-capitaliste à la dérive. Le film ne révolutionne pas le genre, mais il s’y jette avec une telle énergie qu’on se laisse embarquer sans résistance. On pense forcément à Hunger Games ou à la satire à la Verhoeven comme Robocop, mais Wright signe ici son blockbuster le plus frontal, à mi-chemin entre l’action survitaminée et la critique des écrans omniprésents.
Le vrai moteur du film, c’est Glen Powell. Charismatique, sûr de lui sans jamais être insupportable, il occupe chaque plan comme un véritable movie star, donnant au héros désespéré une désinvolture presque rock. Face à lui, Colman Domingo s’amuse en maître de cérémonie carnassier, figure parfaite d’un système médiatique qui sourit en direct pendant qu’il broie des vies. Michael Cera, Daniel Ezra et le reste du casting complètent ce jeu macabre avec une galerie de personnages secondaires plus nuancés qu’on pourrait le croire dans un pur film d’action.
La mise en scène est nerveuse, inventive, toujours en mouvement, mais le rythme connaît quelques ratés : certaines séquences s’étirent inutilement quand d’autres enjeux politiques ou émotionnels sont expédiés à toute vitesse. Le commentaire sur la téléréalité, la manipulation des images et la fascination pour la violence n’a rien de subtil, mais il reste étrangement satisfaisant, tant le film assume son côté gros spectacle tout en laissant filtrer une vraie colère contre un capitalisme devenu jeu sanglant.
On ressort de la salle sonné, amusé, vaguement mal à l’aise, mais surtout convaincu que Powell vient de gagner un niveau dans la hiérarchie des leading men d’Hollywood.
Sortie en salle en France depuis le 19 novembre 2025
Réalisé par Edgar Wright
Durée du film : 133 minutes
Note de la rédaction : 4/5
Crédit photo : Paramount Pictures
