A Johannesburg, un G20 orienté au sud

Le G20 qui s’est tenu hier à Johannesburg, en Afrique du Sud, marque un tournant politique majeur. Pour la première fois, le sommet des vingt plus grandes économies se déroule sur le continent africain, les 22 et 23 novembre 2025, sous le thème officiel « Solidarity, Equality, Sustainability ».

L’Afrique du Sud, qui assure la présidence du G20 depuis le 1ᵉʳ décembre 2024, a voulu faire de ce rendez-vous une vitrine des priorités du Sud global : lutte contre la dette, justice climatique, réforme de la gouvernance mondiale. Les dirigeants présents ont adopté une déclaration en 122 points mettant l’accent sur la sécurité alimentaire, le soulagement de la dette pour les pays les plus pauvres, le financement de la transition énergétique et une meilleure représentation des pays en développement dans les institutions comme le FMI et la Banque mondiale.

Le sommet est cependant marqué par une absence spectaculaire : les États-Unis boycottent totalement l’événement sous la présidence de Donald Trump. Aucun représentant de haut niveau américain ne participe aux sessions, ce qui perturbe même la traditionnelle cérémonie de passation de la présidence du G20 à Washington pour 2026. L’Argentine de Javier Milei se tient à l’écart de la déclaration finale, sans toutefois la bloquer, tandis que d’autres grandes puissances, dont la Chine, ne sont pas représentées par leur chef d’État, mais par des ministres ou des vice-présidents.

Malgré ces tensions, le président sud-africain Cyril Ramaphosa présente le sommet comme une victoire du multilatéralisme et de la voix africaine dans la gouvernance mondiale. Le texte final insiste sur un renforcement du soutien financier aux pays vulnérables face au climat, sur des mécanismes de restructuration de la dette et sur le développement de chaînes de valeur industrielles en Afrique, notamment dans les minerais critiques.

Ce G20 de Johannesburg laisse une image contrastée : démonstration de force diplomatique du Sud global, mais aussi signal inquiétant sur la fragmentation du système international, avec un forum théoriquement central… privé de l’une de ses principales puissances.