Adapté du roman d’Ariana Harwicz, Die My Love avait tout pour devenir un grand film sur la violence sourde de la maternité et la folie ordinaire. Sur le papier, le duo Robert Pattinson et Jennifer Lawrence suffit à créer l’événement. En salle, le résultat ressemble plutôt à un long cours magistral où le film semble persuadé qu’il doit absolument tout expliquer à son public.
Le problème majeur vient de cette obsession à marteler son propos. Chaque geste, chaque silence, chaque crise est aussitôt surlignée par une réplique explicative ou un flashback trop appuyé. Le long-métrage ne laisse pas le temps d’interpréter, de douter, de combler les vides. La mise en scène, au lieu d’ouvrir des failles, les colmate aussitôt.
Le scénario souffre d’une exposition lourde, notamment autour du passé familial de Grace, l’héroïne interprétée par Jennifer Lawrence. Les révélations sur ses parents tombent comme des fiches de personnage récitées, sans véritable incarnation. La galerie de personnages secondaires, presque tous antipathiques, ne bénéficie d’aucune nuance. L’enjeu n’est pas de les rendre aimables, mais au moins compréhensibles. Ici, la froideur de l’écriture empêche toute empathie.
Formellement, le film étouffe. La musique envahit presque chaque scène, appuie le moindre frémissement et finit par asphyxier les dialogues. Quelques idées de mise en scène affleurent, mais sont sabotées par des choix discutables, notamment un feu en CGI vraiment raté qui brise la tension.Reste les acteurs. Lawrence et Pattinson livrent des performances habitées, trop belles pour un film qui tourne en boucle sur cinq variations de la même scène de crise. Die My Love voulait être un voyage au cœur de l’animalité de la maternité, il se contente d’une démonstration laborieuse.
Sortie en salle en France le 4 mars 2026.
Réalisé par : Lynne Ramsay
Note de la rédaction : 2/5
Crédit photo : Mubi
Die My Love passe lourdement à coté de son sujet
