Aux États-Unis, le nom d’Epstein hante la vie politique depuis des années. Avec l’Epstein Files Transparency Act, désormais signé par Donald Trump, le Congrès impose au ministère de la Justice de publier l’ensemble des documents non classifiés liés à Jeffrey Epstein et à son réseau, dans un délai d’environ 30 jours.
Cette loi, adoptée presque à l’unanimité à la Chambre (427 voix contre 1) puis au Sénat, impose la divulgation de milliers de pages : enquêtes, communications internes, documents du FBI et des procureurs. Objectif officiel : faire toute la lumière sur les crimes d’Epstein, les circonstances de sa mort en prison en 2019 et le rôle de ses complices, dont Ghislaine Maxwell déjà condamnée.
Le texte prévoit des protections pour les victimes et pour les enquêtes en cours, mais interdit de censurer des informations pour des raisons « politiques » ou de simple embarras. Une disposition explosive, alors que les rumeurs de « liste de clients » impliquant personnalités politiques, économiques et médiatiques prospèrent depuis des années.
Politiquement, le virage est spectaculaire. Trump et une partie des républicains avaient longtemps freiné la transparence au nom de la sécurité nationale et du secret des enquêtes, avant de céder sous la pression de l’opinion et d’élus des deux camps. La signature de la loi est présentée comme un geste de transparence, mais elle pourrait aussi ouvrir une séquence de révélations incontrôlables.
Reste une inconnue : jusqu’où ira réellement la publication ? Entre documents techniquement « déclassifiés » mais illisibles, pages noircies et bataille judiciaire annoncée, la promesse de vérité totale sera mise à l’épreuve. Une chose est sûre : dans l’Amérique de 2025, les dossiers Epstein vont revenir au centre du jeu politique, et certains cercles de pouvoir ont toutes les raisons de s’en inquiéter.
