Meta condamné en Espagne

Meta aime se présenter en champion de la connectivité, du « rapprochement des gens » et des petites entreprises. Mais derrière le storytelling léché, la justice espagnole vient de rappeler une réalité beaucoup moins vertueuse : le groupe de Mark Zuckerberg a été condamné à verser 479 millions d’euros à 87 médias numériques pour concurrence déloyale.

Au cœur de l’affaire, un mécanisme bien connu : Meta aurait profité de la publicité ciblée sur Facebook et Instagram en violant le RGPD, engrangeant un avantage massif sur des médias qui, eux, respectent les règles. En clair : quand les éditeurs peinent à monétiser leurs contenus, Meta prospère en exploitant des données personnelles qu’il n’était pas censé utiliser de cette manière.

Cette condamnation n’est pas un simple accroc d’image. Elle s’ajoute à une longue liste de sanctions et enquêtes dans le monde entier pour atteintes à la vie privée, abus de position dominante ou manque de transparence algorithmique. Meta paye des amendes à répétition, tout en continuant de générer des milliards de bénéfices grâce à la publicité.

La décision espagnole pourrait faire école. Si d’autres pays ou groupes de médias s’en inspirent, la note pourrait grimper, et l’argument de la « plateforme neutre » deviendrait encore plus difficile à soutenir. Car derrière les promesses de Metaverses et d’innovation, une question persiste : peut-on encore parler d’entreprise « vertueuse » quand le modèle économique repose sur la collecte massive de données et sur une position ultra-dominante, au détriment des acteurs de l’information ?

Pour l’instant, Meta paie… et continue de tourner. Mais chaque nouvelle condamnation fragilise un peu plus le récit d’une tech bienveillante qui ne ferait que « connecter le monde ».