Les juges US bloquent la Garde Nationale

Aux États-Unis, le bras de fer entre pouvoir exécutif et justice autour du déploiement de la Garde nationale a franchi une étape décisive. Un juge fédéral a jugé illégale l’utilisation de ces troupes par Donald Trump pour sécuriser la ville de Portland, dans l’Oregon, et a ordonné que cette mesure soit bloquée de manière permanente. Une décision qui éclaire d’un jour nouveau la stratégie sécuritaire de l’ancien président dans plusieurs métropoles.

Depuis des mois, Trump fait campagne sur la promesse d’“envoyer l’armée” dans les grandes villes dirigées par les démocrates, qu’il accuse de laxisme face à la criminalité. La Garde nationale est devenue un symbole de cette posture de fermeté. Mais la loi encadre strictement son déploiement sur le territoire américain : il faut des conditions d’insurrection, de rébellion ou d’urgence grave. À Portland, comme à Memphis ou Los Angeles, les juges considèrent que ces seuils n’étaient pas atteints.

En déclarant illégale l’activation de la Garde nationale dans l’Oregon, la justice rappelle une limite fondamentale : même un président ne peut militariser l’espace public à sa guise. La décision ne vaut pas automatique interdiction pour toutes les villes du pays, mais elle crée un précédent lourd. D’autres recours, déjà déposés dans des États démocrates, s’appuieront sur ce jugement pour tenter d’obtenir, eux aussi, des blocages durables.

Sur le terrain politique, Trump se pose en victime d’une justice “militante” qui empêcherait de “protéger les honnêtes citoyens”. Ses opposants l’accusent au contraire de transformer la Garde nationale en outil de communication électorale, au mépris des lois et des libertés civiles. Entre les deux, des maires démocrates, pris en étau entre la pression sécuritaire et la crainte d’une dérive autoritaire, voient dans la décision des juges un répit.

Alors que la campagne présidentielle américaine s’intensifie, cette bataille juridique montre à quel point la question de l’ordre public est devenue un champ de confrontation institutionnelle. Les juges ne se contentent plus de commenter la Constitution. Ils fixent des lignes rouges à la tentation d’envoyer des soldats dans les rues.