Le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême traverse une tempête historique. En 2025, près de 400 auteurs ont signé une tribune dénonçant le manque de transparence, l’opacité financière et une gouvernance jugée conforme à des intérêts privés, centrés sur la société 9e Art+ qui organise le salon. Parmi les signataires : des grands noms tels que Riad Sattouf, Lewis Trondheim, Art Spiegelman ou Catherine Meurisse.
Leur revendication est simple : tourner la page de 9e Art+ et remettre le festival aux mains d’une organisation plus collective, plus transparente et surtout plus respectueuse de l’âme de la BD. Ce malaise profond trouve un écho majeur dans toute la profession, jusqu’aux éditeurs, qui expriment une défiance croissante face à une structure jugée trop opaque et trop mercantile.
En réponse à la pression grandissante, l’association propriétaire du festival, le FIBD, a décidé d’annuler les résultats de son dernier appel d’offres et de lancer un nouveau processus de sélection. 9e Art+ ne sera pas reconduit au-delà de 2027, selon les annonces : un tournant majeur pour un événement qui risque de perdre certains de ses piliers artistiques s’il ne se réforme pas.
Le mot-dièse #NOFIBD2026 circule massivement dans la communauté BD sur les réseaux sociaux. Certains auteurs refusent déjà de participer à l’édition 2026, estimant que sans remise en question profonde, le festival pourrait se vider de son sens.
Au-delà du simple clash entre organisateurs et auteurs, c’est un véritable débat sur l’identité du FIBD qui se joue : festival historique de la bande dessinée, il est aujourd’hui appelé à se réinventer pour retrouver une légitimité collective, loin des tensions commerciales et des conflits de gouvernance.
