Shein traverse la pire crise de son histoire. Le géant chinois du fast fashion, symbole d’une consommation effrénée et d’une stratégie numérique redoutable, vacille sous les coups d’un triple choc économique, politique et moral. Les ventes ralentissent, les stocks s’accumulent, les scandales s’enchaînent. Le vampire chinois, nourri de données et de tendances volatiles, semble avoir épuisé le sang de sa proie.
Les critiques se multiplient. Conditions de travail opaques, plagiats à répétition, empreinte écologique désastreuse. Même les influenceurs qui avaient bâti leur notoriété sur ses hauls se détournent progressivement de la marque. Les jeunes consommateurs, jadis fascinés par les prix dérisoires et la vitesse de renouvellement des collections, redécouvrent les limites du modèle.
À Pékin, les autorités observent avec méfiance l’affaiblissement d’un fleuron numérique qui servait autrefois de vitrine à la puissance chinoise. Shein tente de se relocaliser, de verdir son image, de convaincre qu’elle peut changer. Mais l’ère du tout jetable touche à sa fin. Le géant vacille, et son empire, bâti sur l’illusion du toujours moins cher, pourrait bien s’effondrer dans le silence d’un clic arrêté.
