Trois ans après son arrivée à la présidence du Conseil, Giorgia Meloni s’est solidement installée dans le paysage politique italien. À la tête du parti Fratelli d’Italia, elle a su consolider une base électorale fidèle, notamment grâce à un discours identitaire et sécuritaire clair. Mais derrière cette stabilité apparente, son bilan divise profondément.
Sur le plan économique, Meloni revendique une baisse du chômage et une meilleure attractivité pour les entreprises, mais la croissance reste fragile et les inégalités persistent. Ses réformes fiscales profitent surtout aux classes moyennes et supérieures, tandis que les travailleurs précaires et le sud du pays continuent de souffrir d’un manque de soutien structurel.
Côté immigration, sa politique de fermeté a séduit une partie de l’électorat, mais suscité de vives critiques d’ONG et d’institutions européennes, dénonçant des atteintes aux droits fondamentaux. En politique étrangère, Meloni a maintenu un cap pro-européen pragmatique, malgré une rhétorique souverainiste souvent ambiguë.
Son gouvernement, marqué par une communication maîtrisée et une forte personnalisation du pouvoir, reste sous tension : certains alliés populistes s’impatientent, tandis que l’opposition dénonce une dérive autoritaire et une instrumentalisation des médias publics.
À trois ans de mandat, Meloni n’est plus une outsider. Elle est devenue le visage d’une Italie conservatrice, mais aussi le symbole d’un pays divisé entre stabilité politique et inquiétude démocratique.
